Monotony Fields

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Nom du groupe Shape Of Despair
Nom de l'album Monotony Fields
Type Album
Date de parution 15 Juin 2015
Enregistré à Finnvox Studios
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album41

Tracklist

1.
 Reaching the Innermost
 10:32
2.
 Monotony Fields
 10:39
3.
 Descending Inner Night
 10:04
4.
 The Distant Dream of Life
 05:53
5.
 Withdrawn
 09:58
6.
 In Longing
 07:38
7.
 The Blank Journey
 11:50
8.
 Written in My Scars
 07:51

Durée totale : 01:14:25

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Shape Of Despair


Chronique @ Icare

26 Juin 2015

Shape of Despair signe encore un très bel album mais un cran en dessous de ses réalisations précédentes

Shape of Despair est probablement l’un des groupes de funeral doom les plus mélodiques et accessibles au grand public et par là même, peut-être l’un des plus reconnus. Fondée en 1995 sous le nom de Raven, la formation finlandaise s’impose en 1998 avec la superbe démo Alone in the Mist, revisitant l’un des styles de metal initialement les plus opaques et suffocants en y apposant une empreinte plus lumineuse et onirique. Shape of Despair n’aura de cesse de peaufiner un son toujours plus atmosphérique et aérien à mille lieux des poncifs du genre, imposant ainsi définitivement sa marque de fabrique, notamment avec l’immense Angels of Distress en 2001.

Le dernier full length datant tout de même de 2004, les amateurs du combo commençaient à trouver le temps long, malgré la parution d’une compil, d’un EP et d’un split sortis respectivement en 2005, 2010 et 2011 pour faire patienter les fans. Shape of Despair sort enfin de son hiatus et nous livre donc son quatrième album, Monotony Fields, sur Season of Mist, allant toujours plus avant dans l’exploration de son propre univers sonore, toujours plus planant et mélodique.


Ces 75 minutes de symphonie doom s’ouvrent sur une nappe de clavier sombre et mystérieuse, nous enveloppant d’un voile de brume ambiant : les guitares prennent leur temps avant de tisser leur première toile, notes paresseuses et étirées qui viennent se mêler avec les mélopées du clavier, et formant progressivement ce mur de son épais avec une basse grondante et profonde, tandis que la batterie, avec sa réverbération tellurique, appuie plus que jamais les contrastes entre pesanteur pachydermique et musique aérienne. C’est un fait, le son est excellent, bien plus massif et immersif que sur Illusion’s Play, et Shape of Despair est de plus en plus ambiant, misant énormément sur les claviers, et jouant toujours plus sur la dualité lourdeur/transcendance parfaitement mise en avant par la production. Ceci dit, Reaching the Innermost est un peu long, étirant à l’envi une introduction certes agréable mais manquant de puissance, le chant ne se décidant à apparaître qu’au bout de cinq minutes. De fait, ce premier titre a le mérite de nous dévoiler d’emblée les forces et les faiblesses de ce nouvel album : une musique très soignée et portée sur les ambiances, et qui exploite parfaitement les voix (Henri Koivula n’a pas grand-chose à envier à son prédécesseur, avec un growl très profond, caverneux et expressif, et les envolées lyriques de Natalie Koskinen sont toujours aussi mystiques et habitées), mais percluse de longueurs et de passages redondants.

Car oui, si la musique de Shape of Despair est toujours aussi belle, l’auditeur n’est plus vraiment surpris, et les Finlandais n’arrivent que trop rarement à l’ébranler réellement et à le faire chavirer sous ce flot d’ivresse et d’émotions pures : certes, Monotony Fields s’écoute bien, proposant une musique de qualité propre à l’introspection et à la quiétude, mais manquant trop souvent de la magie et de la force émotionnelle irrationnelle et unique qui se dégageaient des oeuvres précédentes. Ainsi, un morceau comme le titre éponyme ou Withdrawn sonnent assez convenus (même si au milieu de ce dernier, les plaintes désolées de la Finlandaise viennent nous hanter comme un spectre glacial et frissonnant), présentant des mélodies un peu fades et des passages parfois assez peu inspirés, désagréable surprise pour un groupe qui nous avait toujours habitué à l’excellence.

Heureusement, quelques titres sortent du lot, à commencer par le sublime Descending Inner Night débutant sur cette petite intro cristalline et mystérieuse égrainée par le clavier et ce riff lourd plein de résignation. La basse gronde gravement, les coups de la batterie se répercutent comme autant d’explosions mates dans la vacuité silencieuse de l’espace, et Shape of Despair nous convie à une lourde danse cosmique et hallucinée avec les éléments: la voix claire d’Henri Koivula, d’une beauté désabusée et résignée, ajoute à ce côté à la fois planant et inéluctable, tandis que le chant angélique de Natalie Koskinen, porté par cette mélodie de clavier brumeuse qui transcende tout le titre, vient définitivement nous noyer dans les limbes d’un ailleurs lointain et spirituel.
The Blank Journey, plus long titre de l’album avec ses plus de 12 minutes, commence avec cette ligne de clavier onirique et ces quelques notes de clavier, avant que les guitares, majestueuses et graves, ne libèrent leurs riffs lourds et implacables et que le guttural abyssal ne vienne emplir l’espace sonore; le morceau est lent, contemplatif et empreint d’une certaine puissance, offrant un contraste saisissant lors de ce « refrain » où le chanteur superpose grunt et voix claire en un tourbillon d’émotions extrêmement touchant.


En conclusion, Shape of Despair signe encore un très bel album mais un cran en dessous de ses réalisations précédentes, la faute à quelques passages manquant d’intensité, et de certaines longueurs inévitables (quoi qu’on en dise, 75 minutes même pour du doom, c’est long). On notera néanmoins que les Finlandais tentent timidement de faire évoluer leur musique vers quelque chose de plus planant et spatial, notamment grâce à l’omniprésence des claviers et l’exploitation judicieuse de la voix claire d’Henri Koivula. Quoi qu’on en dise, si on ne peut pas affirmer que Monotony Fields soit un chef-d’œuvre, il serait également injuste de dire qu’il mérite son nom. Car honnêtement, si la monotonie était si délectable et qu'on pouvait en cultiver des champs, j'irais me faire de ce pas agriculteur…

11 Commentaires

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Hellishade - 01 Juillet 2015: Chronique d'Icare intéressante mais un peu injuste, surtout pour la note. J'ai personnellement trouvé l'album le plus abouti de tous, et inspiré. Et malgré la longueur de l'album, on ne voit pas passer le temps, comme si il s'était suspendu. Je pense qu'on entre dans l'ambiance ou pas du tout. Pour moi cela vaut bien plus qu'un 14/20.
oyo_doom_occulta - 05 Juillet 2015: Hellishade : carrément ce n'est pas un album moyen, certe comme le dit Icare ont est habitué à l'excellence venant de SOP mais justement c'est l'excellence!
 
heimdal - 06 Juillet 2015: Note beaucoup trop basse l'album est splendide un peu en dessous des albums précédent mais bien au dessus de la concurrence, une note de 18 semble plus juste.
DivineLiquor - 12 Juin 2017: Son immense, album immense. Leur meilleur pour moi.
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