Jupiter

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Atheist
Nom de l'album Jupiter
Type Album
Date de parution 08 Novembre 2010
Produit par Jason Suecof
Enregistré à Audio Hammer Studios
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album142

Tracklist

1. Second to Sun 04:04
2. Fictitious Glide 04:53
3. Fraudulent Cloth 03:24
4. Live and Live Again 03:39
5. Faux King Christ 04:02
6. Tortoise the Titan 03:40
7. When the Beast 04:57
8. Third Person 04:08
Total playing time 32:47

Chronique @ Fabien

09 Novembre 2010
Connu sous le nom de RAVAGE durant ses premières années, Atheist fait partie des précurseurs de la scène deathmetal floridienne aux côtés de Death, Massacre, Morbid Angel et Obituary. La formation emmenée par Kelly Shaefer s’est toutefois démarquée rapidement de ses collègues pour se consacrer à un deathrash très ouvert, original et technique, et ce dès ses démos et son premier album Piece of Time enregistré à la fin d’année 1988. Auteur d’une trilogie marquante, ayant comme point d’orgue l’intemporel Unquestionable Presence en 1991, le groupe se sépare hélas peu de temps après la sortie de son troisième album Element en 1993, pour ne revenir qu’en 2006 à l’occasion de concerts essentiellement donnés lors de festivals, et pour finalement se rendre compte combien le public réceptif était loin de l’avoir oublié.

Il faudra toutefois attendre quatre années supplémentaires pour assister à la concrétisation formelle du retour d’Atheist, à l’occasion de la sortie de son quatrième album Jupiter en ce mois de novembre 2010, soit 17 années après son dernier effort. Se consacrant exclusivement au chant, Kelly Schaefer poursuit ainsi l’aventure avec le batteur Steve Flynn, présent sur les deux premiers albums, et s’associe parallèlement avec Chris Baker et Jonathan Thompson du groupe Gnostic, en charge de toutes les parties de basse et de guitares. Au même titre que Morbid Angel, le quatuor signe alors avec le prestigieux label français Season-of-Mist, qui bénéficie d’une excellente réputation à l’étranger.

En 17 années, le style d’Atheist n’a pas foncièrement changé, à l’instar de nombreuses formations revenant après une si longue absence, désirant retrouver le feeling de leurs meilleures années. Le groupe oscille ainsi toujours adroitement entre thrash et deathmetal technique, bénéficiant d’une identité à toute épreuve et livrant des plans alambiqués dont beaucoup de groupes actuels aimeraient se vanter.

A ce titre, Jupiter n’est pas facile d’accès de prime abord, comme toute oeuvre d’Atheist, tant son deaththrash architectural peut paraître décousu lors de ses premières écoutes. Les rythmiques complexes et les diverses influences si évocatrices du combo demandent en effet une immersion certaine de la part du deathster. Le quatuor floridien étonne ainsi à de nombreuses reprises, pour citer les contretemps multiples de Fictitous Glide et son break jazzy délectable, le tricotage déconcertant de Fraudulent Cloth, ou encore le délicieux passage central de Faux King Christ aux timides airs de samba.

Bien qu’appliqués et de niveau notoire, les jeux de basse & guitares de Chris Baker & Jonathan Thompson restent toutefois souvent scolaires. Exit les soli débridés d’antan, ou encore les lignes de basse au feeling si désarmant de Roger Patterson & Tony Choy, pour un résultat manquant d’un zest de folie, qui constituait toute la force d’Atheist sur ses précédents enregistrements. On peut parallèlement regretter l’absence de passages acoustiques ou moments d'accalmie, autrefois véritables repères pour l’auditeur, qui se voit aujourd’hui confronté à 32 minutes d’un deathrash condensé n’offrant trop peu de répit.

Sans la pleine magie de ses premières réalisations, génie qui manquait déjà partiellement sur Element composé en une période difficile, Jupiter donne parfois l’impression d’un déluge de notes à l’assemblage quasi mécanique, sans cette folie et cette grâce dont Atheist possédait le secret. Ce nouvel album reste en revanche particulièrement rageur, notamment grâce à la hargne des parties vocales de Kelly Schaefer et à la clarté de l'enregistrement, et s’assure parallèlement une durée de vie plus que conséquente sur les platines, tant son riffing à l’opposé de toute redondance contribue à la richesse globale de l’oeuvre.

Fabien.

29 Commentaires

26 J'aime

Partager

ArchEvil - 12 Fevrier 2011: " s'ils n'avaient jamais sorti d'autres albums, il aurait une note quasi maximale je pense. "

Pas pour ma part. J'aurais même été plutôt indifférent à ce groupe. Et je n'y vois pas un retour vers une brutalité, mais un death technique, comme ils nous l'ont servi avant ( vu le regain d'intérêt que le groupe connaissait, c'était un coup à s'en mettre quelques ronds dans la poche, cette reformation ), mais sans tout ce pourquoi je prenais un pied fou en mettant un disque d'Atheist dans le lecteur.

Reste que ce disque est bon oui... Un disque de death technique virtuose, c'est tout.
 
El_Totor - 16 Fevrier 2011: Ah bah c'est marrant, je recent tout l'inverse. Pour moi ils ont clairement une patte Atheist qui les différencie des autres groupes de death techniques. Pour moi il joue une sorte de heavy thrashysé puis deathisé. Bref, je trouve qu'on est un poil sévère avec ce disque car on en attendait peut etre trop et que la surprise du style est passée. Mais l'album en lui même est très bon et très différent de ce qui se fait ailleurs à part Atheist. Et comparé aux autres d'Atheist, je le trouve plus dense, plus violent que les précédents (mais on est clairement pas dans du beneath the massacre ou du origin^^)
 
El_Totor - 16 Fevrier 2011: dsl y a des fautes d'orthographe dont certaines qui me piquent salement les yeux mais la fonction edit déconne grave chez moi. Dsl pour vos yeux...
Fonghuet - 22 Fevrier 2018:

ça manque de jazz cet album

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ cacaman

27 Fevrier 2011

Pas de doute, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes

Après le retour de Pestilence qui personnellement ne m'a pas du tout convaincu, et celui de Cynic, plus probant, c'est au tour d'Atheist de faire fructifier son statut de groupe-culte acquis au fil des ans, vérifié lors des festivals européens. Fan inconditionnel de leurs 3 premiers albums, sortis lors de cette période bénie pour le death technique (fin 80's - mi 90's pour faire schématique), j'ai mis un temps avant de me pencher sur leur nouveau disque, sorti 17 ans après l'ambitieux (et mal produit) "Elements". Maintenant, ce "Jupiter" tourne en boucle depuis une semaine.

Face au vide laissé par tous les groupes de tech-death old school, je m'étais entiché de cette nouvelle vague plus brutale emmenée par Necrophagist (Sickening Horror, Psycroptic, Obscura, Illogicist, Spawn Of Possession, etc) ; et voilà que mes premières amours reviennent sur le devant de la scène. La comparaison, même après 17 ans de silence, est sans appel. Atheist donne une vraie leçon de tech death à tous les groupes récents qui se réclament de cette mouvance.

En tête des points forts, la voix de Shaefer, très reconnaissable. C'est une vraie agression qui est non seulement unique en son genre, mais varie les tonalités et enrichit davantage cette musique déjà ambigüe. Exit donc les growls habituels et redondants.
Ensuite, là où les petits nouveaux s'appliquent à dresser un mur de son et de riffs massifs qui ne laissent aucun millimètre cube d'air libre, Atheist construit ses chansons de manière plus légère, toutes proportions gardées : on peut vraiment fredonner les titres sous la douche, alors que le bagage technique est tout aussi ahurissant. Live And Live Again, Faux King Christ, Second to Sun, Third Person... autant de titres qui résonnent au bout de 2-3 écoutes, alors qu'avec les combos actuels, distinguer un morceau d'un autre en si peu de temps relève de l'exploit.
Enfin, la durée de l'album (32 minutes) est parfaite à mon sens pour ce type de musique. L'album s'assimile plus facilement ainsi, et l'on évite du même coup la classique migraine chopée après 60 minutes de débauche de growls, de contretemps et de riffs moins discernables (suivez mon regard).

Restent les constantes propres au style : le travail guitaristique, intense et impressionnant, regorge de mélodies (complexes) à intégrer, tandis que Steve Flynn s'évertue derrière ses fûts à brouiller les pistes comme à son habitude. La basse cependant est assez en retrait, et n'apparaît franchement que par moments, ce qui peut constituer une déception en ré-écoutant les travaux de Roger Patterson ou de Tony Choy. Malgré ce léger écueil, ce nouvel Atheist est une réussite remarquable, et marque une évolution dans le son du groupe même si sa patte reste identifiable. Il synthétise les qualités des travaux précédents (hormis le fameux côté aérien d' "Elements") tout en tâtant de nouveaux terrains d'exploration. Pas de doute, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.


1 Commentaire

1 J'aime

Partager
tormentor - 27 Fevrier 2011: tres bonne chronique pour un album superbe! Moi j'adore c'est peut etre leur meilleur album pour moi.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire