Isolate

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Nom du groupe Circus Maximus
Nom de l'album Isolate
Type Album
Date de parution 31 Août 2007
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album53

Tracklist

1. Darkened Mind 05:33
2. Abyss 05:00
3. Wither 04:46
4. Sane No More 03:55
5. Arrival of Love 04:10
6. Zero 04:50
7. Mouth of Madness 12:42
8. From Childhood's Hour 04:28
9. Ultimate Sacrifice 09:17
Total playing time 54:41

Chronique @ BestJules69

11 Août 2013

Circus Maximus reste dans la course.

« Lorsque je vous ai fait lire la chronique de « The 1st Chapter », vous disiez n’avoir jamais entendu parler de Circus Maximus, n’est-ce pas ? Et bien voilà pour vous l’occasion de combler votre déficit culturel. Asseyez vous et prenez ce disque qui vous tend les bras. Mettez-le dans le lecteur. Maintenant, fermez les yeux et laissez vous guider par la musique. Je vous rejoins dans cinquante-cinq minutes. »

Il n’aura fallu que deux ans aux musiciens de Circus Maximus pour accoucher de leur deuxième album, j’ai nommé « Isolate ». L’attente fût brève, mais le pari est était risqué. Comment parvenir, en seulement deux ans, à donner un digne successeur à un premier album d’une telle qualité ? « The 1st Chapter » était si bon que fatalement, il devenait périlleux de passer derrière. Sans doute le quintette en voulait plus. Il lui fallait gravir les échelons plus rapidement. Alors, faute de pouvoir compter sur leur expérience, car ils n’en avaient pas, les musiciens de Circus Maximus se laissèrent guider par leur motivation, et il faut le reconnaître, par un certain talent. Ainsi naquit « Isolate ». Son titre marque un contraste avec celui « The 1st Chapter », plus optimiste. C’est comme si le groupe voulait proposer tout autre chose, dans une logique d’exploration musicale qui caractérise ceux qui veulent aller de l’avant…

Par son nom, l’album programme déjà une musique empreinte de noirceur. Les premiers morceaux ne nous font pas mentir. « A darkened mind » impose avec un riff lourd et puissant une atmosphère sombre mais ambivalente, car cette noirceur est contredite par des passages plus mélodiques. Ils créent une confusion qui image la détresse d’un homme abattu par la perte de l’amour, si l’on se réfère aux paroles de la chanson. C’est aussi dans ces passages que les influences de Dream Theater se font ressentir, avec un chant proche de celui de James Labrie et des rythmiques aux airs de déjà-vu. Cette descente aux enfers amorcée par « A darkened mind » se poursuit à mesure que les titres se font entendre. « Abyss » puis « Wither » s’inscrivent dans la continuité du premier morceau. Circus Maximus joue encore sur une alternance entre passages sombres et d’autres plus lyriques et endiablés. Les titres sont de qualité, mais les atmosphères manquent de variété, ce qui était pourtant le point fort de « The 1st Chapter ». Le quintette s’enlise dans une musique trop influencée qu’il peine à faire évoluer, même si « Sane to more » apporte un peu d’air frais. Quoique encore très typé Dream Theater, le titre marque un léger contraste avec le reste de l’album, grâce notamment à des sonorités et des rythmiques plus recherchées. Il vient ainsi clore une première partie sans véritable saveur et qui enchante autant qu’elle déçoit. Autrement dit, l’auditeur reste sur sa faim, la faute à un manque d’éclat et de personnalité dans la musique.

L’album montre des faiblesses au niveau de la créativité, mais il n’est pas à jeter à la poubelle, loin de là. « Isolate » est un opus solide et cohérent. Car rappelons le, l’album est basé sur un parcours, celui d’un homme qui après la détresse voit renaître l’espoir. L’auditeur est ainsi guidé par ce fil conducteur qui ne cesse jamais d’être, toujours en phase avec la musique. « Arrival of love » fait donc office de titre pivot entre deux parties basées sur une structure en miroir. La musique se fait plus lumineuse et prend une dimension plus optimiste.

La deuxième moitié d’ «Isolate » lui apporte, par moments, les qualités qu’il lui manquait. Certains titres sont plus recherchés. Circus Maximus se détache de ses influences. Celles-ci ne sont jamais bien loin, et se font ressentir à l’écoute de « Zero » et ses intermèdes de pianos typés «Metroplis part 2 ». D’autres morceaux comme « Mouth of madness » proposent quant à eux quelque chose de plus novateur et expérimental. C’est là le point fort des norvégiens, qui ne craignent pas la durée, et qui font une démonstration de progressif. Les harmoniques sont originales, et quelques passages plus rapides mettent en valeur la maîtrise technique du quintette. La fin du titre, complètement à part, rappelle « The 1st Chapter ». Le morceau se terminait par une allusion presque farcesque au monde du cirque. Cependant, la fin « Mouth of madness » laisse un arrière goût ambigu, avec une mélodie étrange et sinueuse, presque dérangeante. Si l’on devait imager cette impression, on évoquerait le clown blanc, dont le rire cache une profonde tristesse ainsi qu’une sombre folie.
«Isolate » s’achève avec « Ultimate sacrifice », long de presque dix minutes. Le titre est de haute volée, et regorge de petits détails qui font la qualité de la musique. A des passages sombres succèdent des soli éclatants, et les norvégiens nous mettent la crème avec une fin au caractère symphonique très réussie.

Avec « Isolate », Circus Maximus reste dans la course. Rien de plus. La performance est appréciable mais ne laisse pas un souvenir impérissable. Il y a pourtant de bons titres comme « Mouth of madness » ou « Ultimate sacrifce », mais ils sont noyés dans un album en demi-teinte. Les norvégiens auraient mieux fait de prendre plus de temps pour préparer cet opus. Cela dit, le groupe a montré qu’il possédait tous les atouts nécessaires à la réussite. Pour définitivement sortir du lot, il restait à s’affranchir de ses influences, et à faire valoir ses qualités au sein d’un album de haute volée jouissant de ce panache qui manque à « Isolate ».

« Vous dites que cet opus vous a plu mais ne vous a pas transcendé ? Et bien voilà qui ne m’étonne pas. On déplore un manque de personnalité et d’originalité dans la musique. « Isolate » est loin d’être mauvais, mais il reste en dessous des chefs d’œuvre que sont « The 1st Chapter » et « Nine », leur dernier album en date. Il me semble d’ailleurs ne point vous en avoir encore parlé, mais j’ai ouïe dire qu’une chronique allait bientôt paraître. Je vous invite à la lire dès lors qu’elle sera publiée. A très bientôt mon cher… »

14/20

4 Commentaires

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masterofpuppets47 - 11 Août 2013: Merci pour la chro, j'ai aimé la facette plus sombre sur cet album et quand aux influences je les trouve autant voir moins perceptibles que dans First Chapter (même si elles sont bel et bien là c'est clair), pour moi il est largement au niveau du premier si ce n'est plus, je ne compte plus le nombre de fois où je l'ai écouté :)
Merci encore pour la chro
BestJules69 - 11 Août 2013: Effectivement, les influences étaient déjà très présentes avec The 1st chapter, mais le groupe apportait quelque chose de vraiment nouveau et intéressant avec des titres comme Biosfear. Je n'ai pas retrouvé ce côté sympathique dans Isolate, trop traditionnel à mon goût. Mais il reste très agréable à écouter :)
LeLoupArctique - 14 Août 2013: C'est vrai que c'est du prog bien traditionnel, très carré, etc ...

Mais bon, sans pouvoir trop l'expliquer j'aime bien ce disque, peut-être grâce au côté mélodique plus présent que sur The 1st Chapter.

En tout cas excellente chro très agréable à la lecture, j'ai hâte de lire celle de Nine.
frozenheart - 07 Mars 2016: j'ai un peu le même avis que LeLoupArctique à propos d' Isolate. De plus, celui-ci nous faisait découvrir une autre facette du groupe, à savoir un côté mélodique, voir FM plus prononcé.
Plus tard, Circus Maxmus avec " Nine" allait s'affirmer en tant qu'outsider du genre progressif européen.
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