Deux ans après le prometteur
The Upcoming Terror, toutefois plus difficilement remarqué au milieu de la pléthore des références thrashmetal sorties en cette glorieuse année 1986,
Assassin revient avec son second missile, le redoutable
Interstellar Experience. Le groupe affiche quelques remaniements de line up, depuis le retour de Michael Hoffman en remplacement du guitariste compositeur Jürgen Scholl, jusqu’à l’arrivée de Frank Nellen reprenant la place de
Danger Psycho derrière les fûts.
Quasiment aussi rapide que son prédécesseur,
Interstellar Experience conserve une agressivité étonnante, grâce aux riffs meurtriers de la paire Vekic / Hoffman et aux vocaux particulièrement teigneux de Robert Gonnela. Mais parallèlement,
Assassin maîtrise mieux son sujet, notamment grâce à la précision des rythmiques de Frank Nellen et du jeu technique de Michael Hoffman, lâchant ainsi des titres parfaitement en place, tout en alignant quelques riffs monstrueux, à l’image des rafales meurtrières du très bon Junk Food et du mémorable Baka.
Les chants en rappel, ces fameux "backing vocals" si emblématiques du thrashmetal des eighties, font par ailleurs leur apparition, renforçant l'impact des refrains, bien que cette technique paraisse aujourd’hui datée tout en conférant au style le charme de ses glorieuses années. Mais hélas, la leçon d’
Assassin ne dure cette fois que 28 minutes, dont deux attribuées à l’instrumental Pipeline, certes sympathique mais bien léger en regard des terribles
Abstract War et Resolution 588.
D’une durée insuffisante pour prendre toute son ampleur, laissant ce fâcheux goût d'inachevé,
Interstellar Experience lâche en revanche un concentré de thrashmetal haineux et entrainant, rappelant dans l’esprit l'
Agent Orange de Sodom sorti l'année suivante.
Malheureusement,
Assassin disparaît bêtement et subitement en 1989. Tout commence par le vol complet de son matériel le mettant alors dans l’incapacité de jouer et le dégoutant plus qu’autre chose, puis se poursuit par l’intégration de Michael Hoffman dans les rangs de Sodom, en remplacement du guitariste Franck
Blackfire, parti quant à lui rejoindre ses potes de
Kreator en lieu et place de Jörg Tritze (jeu des chaises musicales, quand tu nous tiens !).
Fabien.
Mais cet album reste définitivement un culte du thrash allemand, même s'il fait un peu partie des outsiders de ce pays...
Avec ce nouvel album Assassin avait les moyens de distancer Tankard et de rentrer dans le cercle très fermé des leaders du Thrash Metal Germanique (Destruction, Kreator, et Sodom).Or il n'en fut rien, car malgré sa qualité "Interstellar Experience" (1988) possède trois gros défauts :
-sa durée trop courte (certes "Reign in Blood" n'est pas plus long, mais sur ce disque Slayer nous offre dix titres aussi excellents les uns que les autres ce qui n'est pas le cas ici).
-son incongrue reprise du "Pipeline" de The Chantays qui, par sa sonorité plutôt entraînante (ce morceau date de 1962 ceci expliquant cela), se démarque des autres titres (étonnament Anthrax reprendra lui aussi cette chanson en 1989 sur son EP "Penikufesin" !).
-sa partie "spatiale" (même si c'est en adéquation avec le nom du morceau) placée en plein milieu de l'instrumental "Interstellar Experience" (Onslaught propose la même année une bande son similaire en ouverture de "In Search of Sanity") qui, pour moi, n'a aucun intérêt et a comme éffet de tuer dans l'oeuf ce titre.
D'où ma préférence pour "The Upcoming Terror" (1987) qui s'avère être plus homogène.
Avec l'édition qui contient en bonus l'excellent morceau "Strange World", dont on se demande bien pourquoi il n'apparaît pas sur la version classique du disque, Interstellar atteint une durée plus respectable. Cela donne malgré un ou deux titres plus modestes, une toute autre tenue à l'album apparaissant moins avare en moments jouissifs.
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