Modèle technique de l’inépuisable scène brutaldeath californienne,
Flesh Consumed ne compte pas parmi ses groupes les plus prolifiques, puisque son remarquable second & précédent album date notamment de 2010. Corey
Athos, leader, growler et principal compositeur, assemble un nouveau line-up entre temps, recrutant notamment Shaune Kelley, guitariste & penseur principal de (feu)
Ripping Corpse et
Dim Mak, et seconde main sur le quatrième album d’
Hate Eternal. Bien que ses qualités de compositeur ne puissent être remises en question, Corey confie intégralement la direction musicale de
Hymn for the Leeches à son nouveau bras droit, choix étonnant mais plutôt pertinent à l’écoute du résultat final.
Impeccablement mis en valeur par son illustration, et monté sans effet vocal ni recalage artificiel de la batterie,
Hymn for the Leeches possède l’architecture des deux précédentes oeuvres de
Flesh Consumed, avec une brutalité plus manifeste. Les fans de la formation nord-américaine ne seront pas foncièrement déroutés et apprécieront ces enchevêtrements rythmiques, tout en recevant en pleine poire un impact frontal supplémentaire, et en se délectant de quelques réminiscences « rippingcorpsiennes », comme ce palm-muting serré si caractéristique de la formation défunte.
Hymn for the Leeches impose une atmosphère lourde, juxtaposant quatre interludes qui plantent un climat d’une densité considérable à sept morceaux d’une violence sans compromis et d’une précision diabolique, tout en écartant définitivement cette damnée chirurgie plastique post-enregistrement, qui aseptise et uniformise tant d’œuvres actuelles.
Inutile de s'étendre,
Hymn for the Leeches se hisse parmi les bonnes sorties brutaldeath de ce premier semestre 2018. D'une lourdeur et d'une densité à toute épreuve, ce troisième full-lenght (sans oublier le très bon MCD
New Order of Intelligence !), enregistré à l’automne 2015 et initialement prévu l'année suivante chez unique Leader Records, sort finalement deux ans plus tard chez Sevared Records (le label originel de la formation), et Dieu sait que l’attente en valait la peine, bien qu'
Ecliptic Dimensions of Suffering reste à ce jour indétrônable.
++ FABIEN.
Merci pour la découverte Fab, encore une tuerie!
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