Hesperia

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Nom du groupe Stormlord
Nom de l'album Hesperia
Type Album
Date de parution 20 Septembre 2013
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album34

Tracklist

1. Aeneas
2. Motherland
3. Bearer of Fate
4. Hesperia
5. Onward to Roma
6. Sic Volvere Parcas
7. My Lost Empire
8. Those Upone the Pyre

Chronique @ Matai

15 Septembre 2013

« Hesperia » est un album très abouti et est sans doute une œuvre majeure dans la carrière de Stormlord

Stormlord a toujours su prendre son temps pour confectionner ses albums, en témoigne le bon « Mare Nostrum » qui aura mis quatre avant de voir le jour. Pour « Hesperia », c’est cinq ans que l’on a dû attendre, une petite éternité pour les amateurs du groupe. Et pour cause : les Italiens ont encore souffert d’un changement de line-up, les guitaristes et claviéristes ayant mis les voiles, rapidement remplacés par, respectivement, Andrea Angelini et Riccardo Studer. Ils ont aussi signé chez un nouveau label, à savoir Trollzorn Records, très tourné vers le folk et le pagan. Par contre, il y a quelque chose qui ne change pas chez Stormlord : son goût pour le travail de qualité et la mythologie gréco-romaine.

A l’instar de « Mare Nostrum », les Italiens continuent sur leur lancée avec un voyage maritime vers le jardin des Hespérides dans lequel vivent des nymphes qu’on nomme, évidemment, les Hespérides. Parmi elles, il y a la fameuse Hespérie, la femme dont les musiciens semblent s’intéresser le plus. C’est donc sur cette idée que s’ouvre l’album avec « Aeneas », tambours en avant. D’entrée de jeu, on sent que Stormlord a pris un autre tournant. Même si l’ensemble reste épique et férocement efficace, on découvre une approche plus progressive et un goût beaucoup plus prononcé pour les influences death metal. Mélangés aux éléments symphoniques et à son black metal moderne, on découvre un groupe dans l’air du temps, qui n’a pas peur d’évoluer, sans pour autant nous faire un fourre-tout maladroit. Non, Stormlord mélange ça bien et sait entraîner l’auditeur dans son univers sans qu’il se perde une seule seconde. « Aeneas » est vraiment une belle entrée en matière avec une puissance indéniable.

« Motherland » et son ambiance arabisante rappelle le « Legacy of the Snake » présent sur « Mare Nostrum », à la différence que le sitar (assez cliché quand même dans le metal oriental) disparaît au profit d’autres instruments traditionnels plus immersifs. On a l’impression d’entendre un Orphaned Land ayant passé du côté du black metal. Ce passage du côté de l’oriental n’est pas anodin puisque dans la mythologie, le jardin des Hespérides était censé se situer sur les rives océaniques du Maroc. Le côté oriental a réellement été travaillé puisque même les guitares nous offrent des riffs et des mélodies arabisantes. Il faut dire que Stormlord semble avoir envie de se mettre à la page. L’oriental dans le metal est assez à la mode en ce moment. Mais pas que. Les bidouilles électroniques le sont aussi et les Italiens n’ont pas oublié d’en intégrer quelques unes, dans « Bearer of Fate ». Que ceux qui n’aiment pas ça se rassurent, ce n’est pas flagrant, elles sont même rares et apparaissent en particulier au début, sous la forme de voix synthétiques. Cela ne gâche en rien le souffle épique qui règne sur l’intégralité de ce morceau, morceau dans lequel la douce voix d’Elisabetta Marchetti fait son apparition.

La force de cet album réside aussi dans la capacité qu’a Christiano Borchi d’alterner les vocaux. On passe du chant black au chant death en passant par le chant clair ou la narration. C’est encore plus varié et surtout mieux exploité et mieux maîtrisé. On découvre un growl plutôt poignant sur un « Hesperia » chanté en italien qui joue la carte du doom/death symphonique, avec de très belles orchestrations qui pourront, éventuellement, rappeler Rhapsody. Le tempo se ralentit avec une instrumentale au piano assez mélancolique (« Sic Volvere Parcas ») longue d’une petite minute. Ca a beau être relaxant, ça m’apparaît plus comme du remplissage qu’autre chose car ce titre n’apporte rien de concret à l’album. Ce point d’interrogation passé, on pourra se délecter de « Those Upon the Pyre », la chanson la plus progressive de ce « Hesperia », qui joue sur les ambiances et les tonalités. La harpe et les vagues nous guident jusqu’à des orchestrations impériales à la Ex Deo avant de nous offrir un morceau tout en finesse, basé sur un rythme mid tempo. On découvre les mille et unes facettes de Stormlord, notamment la diversité des vocaux, le tranchant des guitares, la douceur des parties acoustiques, et j’en passe. Un final en apothéose.

« Hesperia » est un album très abouti et est sans doute une œuvre majeure dans la carrière de Stormlord après le terrible « Gorgon Cult » et le réussi « Mare Nostrum ». Les Italiens nous montrent qu’ils savent s’adapter et qu’ils ne se laissent pas abattre, même après un changement de line up. Les compositions sont suffisamment riches et prenantes pour passer un très bon moment. Stormlord a encore muri, et s’est en plus offert les services de Giuseppe Orlando pour ce qui est de la production (Necrodeath, Crest Of Darkness) et de Mika Jussila pour ce qui est du mastering (Nightwish, Amorphis, Finntroll…). Comme quoi, nos chers Italiens ont bien fait de prendre leur temps…

12 Commentaires

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Pipotron3000 - 05 Octobre 2013: Du gros son, de la recherche, de l'énergie...tout ce que j'aime ! M'en vais aussi jeter une oreille sur Mare Nostrum. J'écoute tellement de groupes de tous les styles que je passe forcément à côté de certains... Merci de m'avoir évité de louper ce groupe !
Bertran - 01 Novembre 2013: Très bel album, rien à jeter, il s'écoute d'un trait, à la troisième écoute j'ai été plongé dans l'ambiance black sympho avec la voix changeante death et black. Bref, c'est beau. Merci pour cette belle découverte.
Tenanio - 09 Décembre 2013: Superbe ! Ajouté à ma discothèque.
Très bonne chro by the way, comme toujours. Merci Matai pour la découverte.
Darkbrain - 06 Janvier 2014: J'ai écouter l'album juste après avoir lu ta chronique, et je te remercie pour cette pépite.
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