Heirs to Thievery

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Nom du groupe Misery Index
Nom de l'album Heirs to Thievery
Type Album
Date de parution 11 Mai 2010
Enregistré à Wrightway Studios
Style MusicalDeath Grind
Membres possèdant cet album127

Tracklist

1.
 Embracing Extinction
 01:49
2.
 Fed to the Wolves
 03:47
3.
 The Carrion Call
 03:46
4.
 Heirs to Thievery
 02:53
5.
 The Spectator
 03:04
6.
 The Illuminaught
 03:54
7.
 The Seventh Cavalry
 04:44
8.
 Plague of Objects
 03:08
9.
 You Lose
 02:30
10.
 Sleeping Giants
 02:56
11.
 Day of the Dead
 01:50

Durée totale : 34:21


Chronique @ BEERGRINDER

07 Mai 2010
Depuis le clash ayant suivi l’album Destroy the Opposition de Dying Fetus, Sparky Voyles et Jason Netherton ont fait bien du chemin au cours de la première décennie de ce millénaire. En 2001, les deux acolytes ont en effet laissé seul l’autoritaire John Gallagher au sein du fœtus mourant pour fonder Misery Index, groupe de Death aux influences Hardcore (pas du Deathcore je précise) à l’imagerie et aux paroles revendicatives.
Trois albums et approximativement 800 concerts plus tard, Misery Index n’a plus rien du « groupe composé d’ex Dying Fetus », mais est bien un combo majeur de la scène dont les sorties sont scrutées attentivement par les amateurs. Sorti sur le label spécialiste en Death et Grind Relapse Records, Heirs to Thievery n’échappe pas à la règle et suscite lui aussi une forte attente en ce printemps 2010.

Un bref coup d’œil à la pochette, dénonciation de l’impérialisme américain au travers de notables d’époques dévorant des indiens, permet de s’apercevoir que le quatuor n’a pas changé son fusil d’épaule sur sa façon de penser. Musicalement non plus, Netherton n’est pas du genre à retourner sa veste, proposant le style Misery Index typique dès Embracing Exctinction : vocaux hargneux mi Death mi Hardcore, rythme trépidant et guitares incisives et directes. Toutefois, ce morceau de moins de deux minutes n’est qu’une mise en bouche histoire de dire « attention on arrive », les choses sérieuses ne commencent qu’avec Fed to the Wolves, bien plus belliqueux et violent, sur lequel la dualité chant criard / Death, les guitares acérées et les accélérations redoutables du batteur Adam Jarvis font merveille.

Enregistré au Wrightway Studios à Baltimore (à domicile en somme) tout comme Descend of Depravity de Dying Fetus l’année précédente, Heirs to Thievery possède lui aussi une robustesse alliée à la clarté qui n’altère nullement le côté organique des morceaux, quelle puissance dans le son de double grosse caisse notamment ! Un peu moins costaude cependant que la production titanesque de Traitors, ce qui n’est finalement pas un mal et garde une dimension humaine au disque. Comme à son habitude le quatuor du Maryland sait alterner tabassage en règle avec passages lourds et groovy, mais là où nombre de leurs compatriotes servent des mosh-part plates, pataudes et caricaturales, Misery Index maintient une dynamique et un style personnel dans les siennes. Ainsi The Carrion Call mid tempo dans sa première moitié, devient bien plus agressif dans sa seconde. La chanson éponyme ne s’embarrasse pas de détails en revanche, balançant un Death Metal très violent, une série de riffs accrocheurs à se jeter contre les murs, et une sacrée énergie à la batterie, un morceau rappelant un peu Criminal Element, pas étonnant vu que la moitié de Misery Index joue également dedans. D’ailleurs les invités venus poser quelques lignes de chant sont légion sur ce Heirs to Thievery : Erik Rutan, Vince Matthews, John Gallagher parmi d’autres.

Sparky Voyles et les siens ne sont pas réfractaires à quelques très légères évolutions : un riff quasi mélodique à la tierce sur The Spectator par ci, un solo relativement harmonique pour eux sur Fed to the Wolves par là, mais l’essence profonde ne change pas, deux coups de charlé et on envoie la purée… La dextérité de Adam Jarvis au double pédalage est une fois de plus en évidence sur les très percutant Plague of Objects et You Lose, jusqu’à la fin le boss Netherton maintient la pression avec un Day of the Dead furieux de bout en bout, ce titre chanté à moitié en espagnol propose un bouquet final explosif.

Indifférent aux modes du Death über technique, über brutal, über old school…, Misery Index continue de proposer inlassablement son Death impactant et revendicatif sans se soucier d’autre chose, et comme d’habitude la qualité est au rendez vous.

BG

20 Commentaires

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zabuza - 14 Juillet 2012: Tu lui mets 15/20 comme pour le Traitors pourtant je le trouve bien plus percutant , même niveau prod , le son est plus net .
Pour moi il est supérieur à Traitors .
Je le trouve plus "violent" en fait et plus péchu .
BEERGRINDER - 15 Juillet 2012: Traitors je le trouve très bon aussi.

Oui, Heirs to Thievery est peut-être un peu plus violent et rapide, mais ma notation ne se base pas uniquement sur un quantitatif précis de vitesse et de violence.

Le son net, ça a ses avantages et se inconvénients...
zabuza - 15 Juillet 2012: On dirait que le son de Traitors est plus compressé .
Les titres claquent moins que sur Heirs to Thievery.
Même niveau compos , je trouve aussi que c'est plus inspiré .
Bref je l'aime plus que Traitors pour plusieurs raisons .
NICOS - 15 Juillet 2012: Chacun perçoit les albums de manière différentes selon la chronologie d'écoute, leur gout ou les circonstances dans lesquelles ils appréhendent un album. En ce qui me concerne, j'adore ces deux excellents albums, avec une légère préférence pour les compo TRAITORS! Allez savoir ...
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Chronique @ dark_omens

28 Mai 2016

Un nouveau pavé...

Si Traitors fut, de l’avis de beaucoup, une des excellentes sorties de l’année 2009, rien n'indiquait que sa suite allait être du même acabit. Et même si le doute quant aux talents de Misery Index, n'était pas vraiment permis, la réponse à la question cruciale de savoir si son successeur, Heirs to Thievery, allait être digne ou non, allait bientôt trouver toutes ses réponses avec la sortie de ce disque.

Cessons dès maintenant d’être mystérieux et énigmatique et disons d’emblée que ce nouveau manifeste des hommes de Baltimore ne peut, décemment, pas laisser indifférent tous ceux qui, comme moi, auront été conquis par celui d'avant. Car, en effet, Misery Index y témoigne, encore une fois, de cette subtilité redoutable qui est la sienne. Il s’emploie intelligemment à ne pas sombrer dans cet excès, actuellement courant, de laisser son propos emporté par les pulsions contemporaines. Ici, point de musicalité outrancière, point de technicité assommante, point de brutalité exagérée mais simplement l’expression de valeurs caractéristiques à ce groupe, depuis quelques albums déjà.

Plus que jamais Misery Index, avec ce Heirs to Thievery, nous offre donc les arguments persuasifs de son très bon Death Grind aux ascendants Hardcore très marqués. Ces influences subtilement intégrées lui permettent d’aérer magnifiquement des titres âpres et véloces. Ces morceaux, dans lesquels d’ailleurs, encore une fois, Adam Jarvis démontre un insolent talent à imprimer des rythmes martelés pieds et poings avec une délicieuse véhémence, et où Jason Netherton, ex-Dying Fetus (mais est-il réellement besoin de le rappeler ?) vocifère admirablement de cette voix tantôt Death hargneuse, tantôt Hardcore sur les riffs incisifs d’un très bon Sparkly Voyles, ex-Dying Fetus. Ainsi les excellents Fed To The Wolves, The Carrion Call, Heirs To The Thievery ou encore les très bons The Illuminaught mais aussi, par exemple, Sleeping Giants nous proposent les plaisirs d’une agression délicieusement virulente qui s’égare parfois dans les lentes sinuosités de passages moins rugueux, et plus mélodiques oserais-je dire, si tant est que ce terme ait un sens ici.

Au cœur de cet esprit soucieux d'user de ces nuances salutaires certaines pistes viennent pourtant jouer les trouble-fêtes. Le côté jusqu'au-boutiste de The Seventh Cavalry aux rythmes plus lents et aux guitares plus lourdes, mais aussi d'un Day Of The Dead, quant à lui, très promptement Grind viennent, en effet, contredire ce soin avec lequel le groupe avait varié son propos.

La musique de Misery Index demeure donc dans la droite lignée de ce qu’il nous propose depuis quelques temps déjà. Tout comme d'ailleurs les thématiques singulièrement vindicatives fustigeant la société en général, et plus particulièrement l’impérialisme américains sur ce nouveau plaidoyer (l’artwork et les textes de l’album demeurant très significatifs de cette constance). Ces références font, aussi, la signature symptomatique, et appréciable, de ce groupe.

Notons également la présence, sur cette œuvre, de quelques illustres invités venus donner de la voix (Erik Rutan, John Gallagher, Vince Matthews…).

Finalement, on regrettera, tout de même, l’absence de titres tels que l’excellent Traitors aux refrains scandés, remarquablement communicatif offert aux chœurs de foules le poing tendu au profit d’autres, certes remarquables, mais moins immédiatement assimilables. Il faudra dès lors faire l’effort de s’immerger plus profondément dans cet album pour en gouter toutes les saveurs. Heirs to Thievery est, en effet, un album plus difficile que ne le fut Traitors. Toutefois le plaisir qui finit par en découler reste intense.

Misery Index est donc un contestataire debout face aux dérives du régime impérialiste, et Heirs to Thievery est son nouveau pavé prêt à briser les mensonges offerts à la crédulité d’un monde somnolent.

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