La plupart des adeptes de cette scène Heavy Speed/
Power transalpine conçoivent l’origine de ce mouvement à une date coïncidant, évidemment, avec la sortie des premières œuvres composés par
Luca Turilli et son Rhaspody. Si les travaux de l’artistes avaient, sans aucun doute, offert à cette sphère italienne un frénétique regain d’intérêt aux yeux d’un monde, jusqu’alors, presque totalement indifférent à sa musique, ils n’en auront, cependant, pas totalement déterminés un esprit, un son ou encore une identité propre. Car en effet, dans les obscures sinuosités confidentielles d’un milieu underground actif, la musicalité spécifiquement italienne avait déjà défini ses premiers traits de caractères aidés en cela par de nombreux autres acteurs. Ainsi les
Time Machine,
Mesmerize ou encore
Highlord esquisseront le premier brouillon d’une musique dont les particularités à la fois progressives et symphoniques seront, certes, timidement ébauchées mais indéniablement influentes.
Fondé en 1996, le groupe
Avatar sort une première démo qui lui permettra de signer un premier contrat sur le label Underground Symphony, commanditaire acharné du genre. Rebaptisé
Highlord, le groupe sera incapable, suite à des déboires concernant son line-up, de concrétiser cet accord par une quelconque œuvre. Après avoir scellé un nouveau pacte avec une autre maison de disque,
Northwind Records, la formation transalpine nous propose, enfin, l’aboutissement de son labeur en sortant, en 1999, ce
Heir of Power.
Il n’est pas illégitime de formuler nombres de griefs à l’encontre d’un Underground Symphony dont parfois l’évidente vénalité compréhensible aura eu pour conséquence d’inonder, volontairement semble-t-il, un marché avide de ces nouvelles formations et ce, souvent, sans exigences artistiques particulières si ce n’est celle de ressembler, de prêt, de loin ou d’encore plus loin, à
Rhapsody. Toutefois la major aura, de mémoire, toujours tenté de proposer des albums où, à défaut du contenu, la musique aura toujours été produite et mixé avec une qualité suffisante pour ne pas, en plus de cette ennui lié à ce manque d’inspiration de groupes souvent similaires à l’expression calqué à la note prêt, exaspérer davantage un auditeur déjà frustré pour les raisons déjà évoqués. Ce minimum syndical de la production et du mixage,
Highlord n’en bénéficiera, malheureusement guère avec
Northwind Records.
En effet, d’emblée, le son de l’œuvre s’entache de faiblesses irritantes. En un équilibre étrange, hâlé de quelques légères reverbs déplacées, les guitares ne parviennent à s’extraire que bien trop rarement de cet ensemble sonore duquel seule la batterie, la basse et les chants semblent émerger. Cette défaillance, déjà déplaisante en soit, en met en exergue une autre bien plus fâcheuse encore: ces chants imparfaits. Déjà bien piètre dans les interventions classiques de ces hauteurs moyennes, presque, obligatoires pour le genre; ils s’avèrent quasiment désastreux dès lors qu’ils s’élèvent en des cimes plus célestes (
Will of a
King ou encore, par exemple,
Land of
Eternal Ice).
Au-delà de ces tares, dont il m’apparaît presque impossible de faire abstraction, l’album tente de défendre un Heavy Speed/
Power Metal mélodique où l’aspect Progressif demeure prépondérant. Malheureusement l’ensemble peine à nous convaincre de son utilité et les titres s’enchaînent sans charisme en offrant bien trop peu de plaisir digne d’être évoqué ici. Et paradoxalement, c’est lorsque le groupe s’égare dans les romances intimistes de la ballade
Burning Desire qu’il parvient, enfin, à nous toucher. En dehors de ce titre, et de, peut-être, un agréable
Stone Shaped Minds, rien ne peut sauver cet opus d’une fin tragique.
Il est, toutefois, nécessaire de ne pas négliger le contexte et l’âge de cette œuvre et ce afin de ne pas, totalement, oublier sa valeur historique. Mais aussi de prendre en considération le fait qu’elle constitue le premier pas d’un groupe encore hésitant. Cependant au-delà de ces aspects à décharge, ce
Heir of Power demeure bien pâle face aux couleurs de ces magnifiques univers dépeint par d’autres créatifs issus de ces mêmes terres transalpines.
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