Rarement changements auront été aussi spectaculaires que ceux qui auront permis à Lords of the
Trident de passer de cette disgracieuse chenille qu'il fut, souvenons-nous, par exemple, de ces pathétiques premiers pas sur un médiocre
Death or Sandwich de 2009, à un papillon à la beauté encore fragile mais très prometteuse sur cet EP de 2013, A
Plan of Attack. Il était donc temps pour lui, en cette année 2015, de prendre son envol afin que son éphémère existence ne soit pas vaine. Allait-il y parvenir?
En tous les cas il allait tenter fort d'un
Frostburn démarrant de manière très similaire à cet EP qui nous avait tant enthousiasmés. Avec donc un titre très réussi, Knights of
Dragon's Deep, mêlant les aspirations les plus diverses du groupe, à savoir un Heavy
Metal très efficace aux riffs lourds, presque Stoner, conjugué à des inspirations à classer davantage dans le
Hard Rock dynamique. Une fois n'étant pas coutume, les soli de cette chanson sont particulièrement intéressants (mais comme pour d'autres jalonnant aussi ce disque).
Cette aptitude pour le métissage, que nous avions découvert précédemment après de longues années où la formation américaine fut si maladroite dans le domaine, continue de s'exprimer avec beaucoup de justesse ici. Citons aussi, hormis ce premier morceau dont nous avons parlé précédemment, et ce, afin de continuer de vous convaincre des qualités de ce disque,
Winds of the Storm ou Den of the
Wolf.
Si The Longest
Journey, Manly Witness ou un excellent
Haze the
Battlefield à l'entame acoustique très Blues Country bientôt fracassés par quelques riffs délicieusement épais puis par une accélération du plus bel effet avant de nous proposer l'alternance de ces deux mondes sont, quant à eux, des titres moins immédiatement inspirés par l'âme Heavy
Metal de ces natifs de
Madison dans le Wisconsin, et davantage donc par ses desseins
Hard Rock, ils n'en demeurent pas moins attachants pour autant.
Dans les titres les plus traditionnellement Heavy
Metal, manquant sans doute d'un peu de singularité puisque très influencés par
Judas Priest et consorts, citons aussi
Kill to
Die où l'on retrouve les aigus les plus extrêmes de Ty Christian alors que sur le reste de ce disque il nous offre des intonations dans la lignée, toutes proportions gardées, de
Michael Sweet de
Stryper.
Citons encore
Shattered Skies qui, pour le coup, quant à lui, n'aura pas grand intérêt tant il est classique.
On aimerait donc pouvoir dire, à l'écoute de ce manifeste, que ce groupe s'est enfin assagi et qu'il a bien fait d'abandonner ses velléités les plus farfelues, celles-là même qui le poussaient, autrefois, à la parodie, et qu'il se soit décidé à affirmer sa propre personnalité. On aimerait pouvoir dire que ce chemin, louable s'il en est, est certes plus académique mais la bonne voie à suivre. On aimerait pouvoir se réjouir mais les récents bruissements, et échos, nous parvenant au moment même où j'écris ces lignes laissent à penser que Ty Christian et ses acolytes ont rechuté et ont recommencé à se complaire dans ce second degré qu'ils aimaient tant autrefois puisqu'ils viennent de publier un EP de reprises dont notamment une de Beyoncé.
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