Son line-up en partie renouvelé, avec l'arrivée de Maads Haarlov au chant et à la guitare,
Iniquity se lance à l'assaut de son deuxième album, après un EP qui annonçait la couleur. Au programme du jour, donc, gros
Brutal Death technique et groovy, aux riffs qui changent toutes les dix secondes. Nos amis danois semblent avoir des problèmes avec les tempos : c'est soit à fond, soit pachydermique. Parfois, comme dans Surgical Orb, on a droit à un petit mid-tempo, qui dégénère forcément en blasterie effrénée.
Un son parfait pour le style pratiqué. Instruments clairs, batterie au son pas trop trafiqué, et grattes dans un registre pire-que-Sunlight Studio, le son de Five Accross the
Eyes est massif et agressif. Le chant quant à lui est bien placé, et parlons-en justement, du chant. Le cancéreux de la gorge en phase terminale qui growle sur cet album s'est probablement fait greffer des cordes vocales de gorille, vu l'extrême gutturalité et le côté gueulard qu'il arrive à produire, et la vitesse qu'il arrive à atteindre.
Décrire la musique en elle-même est assez difficile. On peut reprocher à
Iniquity de toujours appliquer la même structure à ses chansons : très vite, très lourd, solo, très vite. La spécialité d'
Iniquity, leur marque de fabrique, c'est entourer un passage lourd proprement écrasant (The Rigormortified Grip,
Random Bludgeon
Battery) avec un riff d'épileptique agrémenté de blast. Cet argument est ici de la merde. L'enchaînement de chansons toutes foutues pareil contribue fortement à l'impression de marteau-pilon, et crée une sorte de rythme sur toute la longueur de l'album. Et de toute façon, quand on a entendu une fois le premier riff de The Rigormortified Grip, on est content de le retrouver plusieurs fois dans la chanson.
Jesper
Frost** à la batterie déploie son habituel jeu rythmique, assez peu académique (syncops et contre-temps à gogo, je préfère ne pas parler du jeu de cymbales). Le son de la double est d'ailleurs un peu étouffé par les grattes, mais très agréable. Les riffs sont destructurés au possible, variés en permanence et s'enchaînent souvent de manière abrupte (le blast de
Random Bludgeon
Battery). Très techniques aussi, mais qui pourraient en rebuter certains à cause de l'abus d'harmoniques. Ça siffle dans tous les sens, et on a souvent l'impression que les guitaristes peinent à garder leur contrôle. Soli dysharmoniques de rigueur, mais avec parfois un étrange sens de la mélodie. La basse est peu sensible, plutôt présente sur les passages lents. Il faut dire que l'accordage général plonge joyeusement vers le Si, et que la saturation du son est légèrement exagérée.
La petite curiosité, la piste Reminiscence, peut être interprétée comme une forme d'humour de bourrin, quand on entend débarquer juste après Pyres of Atonment. Mais elle a son utilité, puisqu'elle coupe l'album en deux, et sépare les trois dernières chansons, purement apocalyptiques, de leurs excellentes précédentes.
Enfin bref, Five Accross the
Eyes donne dans le 100%
Brutal Death : foin d'influs thrash, heavy ou black ici. Le tout avec des riffs techniques et mélodiques (la fin de Sidereal Seas) tout en étant très agressifs, et des rythmes assez chaotiques. Tout se mélange pour aboutir à une atmosphère de brutalité barbare, le chant en étant la démonstration flagrante. Néanmoins, il m'a fallu longtemps avant de vraiment arriver à rentrer dans la musique d'
Iniquity. Mais une fois habitué, on peine à se lasser de cet album, qui se redécouvre avec plaisir.
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