Fearless

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16/20
Nom du groupe Gus G
Nom de l'album Fearless
Type Album
Date de parution 20 Avril 2018
Labels AFM Records
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 Letting Go
 04:10
2.
 Mr Manson
 04:34
3.
 Don't Tread on Me
 04:47
4.
 Fearless
 04:24
5.
 Nothing to Say
 03:58
6.
 Money for Nothing
 04:27
7.
 Chances
 03:28
8.
 Thrill of the Chase
 04:14
9.
 Big City
 05:21
10.
 Last of My Kind
 04:14

Bonus
11.
 Little Ain't Enough
 
12.
 Aftermath
 

Durée totale : 43:37


Chronique @ Eternalis

13 Mai 2018

"Fearless" est un album salvateur pour l’homme plus que pour l’artiste

Avoir une carrière solo, c’est logiquement se faire plaisir, ne se fixer aucun cadre et jouir d’une certaine liberté qu’un groupe ne peut pas toujours permettre. Une liberté de ton, de composition et une absence de concessions parfois difficile à concilier avec un travail collégial où chacun souhaite apporter sa pierre à l’édifice. La plupart du temps, ce sont donc des projets différents des groupes initiaux...mais quand ce sont les leaders et uniques compositeurs qui partent seul à l’aventure, on se dit parfois que le projet solo sera de toute façon assez proche du groupe. C’est un peu le cas de Gus G.

Compositeur principal, guitar hero et figure de proue de Firewind depuis plus de quinze ans, l’ancien guitariste d’Ozzy Osbourne avait besoin d’extérioriser ses besoins dans un projet solo qui allait sortir du cadre d’un album de power speed metal. De ce fait naquirent deux opus assez rock n’roll avec une multitude d’invités. Des disques sans prises de tête, sans réelle inventivité ni d’autre intérêt que de se faire plaisir. On pouvait même être frustré de voir un tel guitariste composer des titres radio edit sans envergure mais c’était aussi son besoin de sortir de la technique de Firewind. "Fearless" arrive avec d’autres ambitions.
C’est déjà sous la forme d’un trio que se présente désormais Gus, avec une volonté d’avoir un line up stable pour de la scène et non un empilement de guest rendant impossible des shows réguliers. C’est donc Dennis Ward qui, en plus de produire et co-composer l’album (processus qui démarra durant l’enregistrement de Immortal, le dernier Firewind en date), s’occupe de la basse et du micro ! Côté futs, l’album est enregistré avec Will Hunt (qui joue notamment dans Evanescence et qui a joué avec Static-X ou Tommy Lee) tandis que Felix Bohnke (Edguy, Avantasia) s’occupe du live.

"Letting Go" et "Mr Manson" démarre pied au plancher et, d’entrée de jeu, la musique est bien plus sèche et heavy que sur "I Am the Fire" et "Brand New Revolution". Le riff de "Letting Go" est puissant, la double pédale est lourde à souhait et Ward chante extrêmement bien, avec feeling et chaleur, avec un petit côté Ozzy qui sonne comme un hommage. Le refrain est mélodique et groovy avant que le riff principal ne reprenne de l’ampleur, dans un style désormais facilement reconnaissable. La partie soliste est d’une redoutable efficacité, Gus étant fidèle à son énorme palette technique faisant de chaque solo un impressionnant passage de shred sans que cela sonne pédant ou démonstratif. Et là où "Brand New Revolution" mentait sensiblement en ouvrant avec un "The Quest" très technique pour après ne plus rien faire de tel, "Fearless" va se montrer globalement plus puissant, bien que les influences rock restent très présentes. "Mr Manson" est catchy à souhait, heavy rock 80s en tête avec un refrain qui ne nous quitte pas et en sonnant bien plus inspiré que précédemment. La voix de Dennis y joue énormément puisqu’il insuffle une énergie et un feeling très roots sans jamais sonner désuet ou trop old school. Un subtil alliage de modernité et de « basics » qui se ressent même dans le solo gorgé d’émotions.

Forcément, quand le title-track surgi pour un instrumental de (très) haute voltige, nous avons la sensation que c’est pour ça que Gus est fait mais c’est finalement plus intelligent d’égrener ces passages plutôt que de les empiler. Cela ne fait que ressortir la qualité de guitariste du grec qui, en plus d’être un fin technicien, compose toujours des riffs de tueurs sur ses titres instrumentaux (souvenez-vous de "The Fire and the Fury" ou "SKG"). Sans jamais trop en faire, la composition s’articule autour de longues phases de lead mélodiques ou de parties au tapping sur lesquels la basse, omniprésente, se taille aussi une bonne part. Nous aurons aussi droit à "Thrill of the Chase" qui débute de façon bien plus mélodique avant de s’envoler vers des cieux plus techniques mais sans jamais perdre de vue la mélodie principale, probablement trop téléphonée pour vraiment donner le frisson.

Sur les douze compositions, Gus retombe parfois dans certains travers de ses deux premiers opus, à savoir des structures et des titres déjà très entendus et qui peinent à complètement donner satisfaction. Rien n’est mal fait mais on se retrouve face à une sensation de revival, comme si Gus voulait faire du gros hard rock sans réellement s’inscrire dans la période actuelle. C’est le cas d’un "Big City" très gras mais loin d’être inoubliable ou de "Chances" qui essaie d’apporter une certaine modernité par l’intermédiaire de vocoder et d’une ligne de chant très FM sans créer un enthousiasme débordant. En revanche, Dennis touche par sa sensibilité sur le poignant "Nothing to Say", power ballad qui n’aurait pas dépareillé sur un Firewind et qui pourrait sans problème se caler sur des ondes radios (chose dont Gus avoue n’avoir rien contre, bien que cela ne se soit jamais produit). Quant à la reprise de Dire Straits "Money for Nothing", elle est finalement très proche de la version d’origine et n’apporte en soi rien d’autre qu’un hommage.

Dans l’ensemble, "Fearless" est sans conteste supérieur aux deux précédents efforts du guitariste grec mais reste encore un disque un peu bis quand on le compare aux œuvres qu’il concocte avec son groupe principal. Il est un album salvateur pour l’homme plus que pour l’artiste, une étape nécessaire pour se ressourcer et trouver de nouvelles idées tout en se faisant plaisir et en étant créatif. Ce n’est en revanche pas sur Fearless que nous nous réveillerons la nuit. Un album qui fait le taf’, sans prise de tête, avec un gros son et une interprétation impeccable. C’est déjà pas mal !

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PERMAFROST - 29 Mai 2018:

Titres bonus édition japonaise :

13. In A dream

14. Burn (Live At Token Lounge)

15. I Am The Fire (Live At Token Lounge)

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