Précédemment sous le nom de
Cannibal Grandpa, le quintet espagnol a fait le choix de se réincarner et de prendre une nouvelle identité, celle de Bonecarver. Au-delà de ce changement d’image, le groupe espagnol perd un de ses membres, le bassiste
Leo López-Francos pour devenir un quatuor. Aucune information existe actuellement sur la raison de cette line-up réduite et de ce lifting. Pour ce qui est du patronyme, on comprend néanmoins que de performer dans une scène (slam brutal) death(core) avec une telle dénomination empêche les musiciens d’être pris au sérieux, malgré un MCD et un album de très bonnes factures.
C’est donc un nouveau départ pour la formation espagnole avec une marque un peu plus conventionnelle et qui, quatre ans après la sortie de son second disque Septum Signa
Inferno, nous revient avec une production nommée
Evil. Avec cette sortie, le quatuor affiche une dimension radicalement différente de ses précédentes parutions. En effet, le groupe qui avait jusqu’à présent l’habitude d’auto-produire ses compositions est passé à un toute autre perspective en signant chez un label désormais expérimenté dans le paysage death, à savoir Unique Leader Records.
Nos espagnols ne se feront pas vite prier et nous installe directement dans leur paysage virulent avec
Revolver. Si les premiers instants du morceau assez inquiétants et funestes, dus essentiellement par un riffing oppressant et un vocal éraillé, nous plonge dans une ambiance typée black, le quatuor va finalement proposer une structure death plus traditionnelle, assez orientée sur le brutal death et sur le core qui se traduit par un gros travail sur le blastbeat de la batterie et un chant guttural certes classique mais parfaitement maîtrisé.
Les sirènes de police vont nous faire basculer dans un tempo plus engourdi mais aussi plus étouffant, représentatif du slam deathcore. Le breakdown est massif et la prestation vocale varie entre growl et pig squeals. Les espagnols nous proposent un second breakdown encore plus imposant et asphysxiant.
Dans l’ensemble des compositions de la formation espagnole, on remarque ce mélange de style entre death metal, brutal death, slam, death technique et deathcore qui permettent au quatuor de se différencier. Il semble d’ailleurs presque impossible de coller une étiquette à nos musiciens tant ils touchent à des horizons divers. Le groupe qui s’approcherait sans doute le plus au paysage musical des espagnols serait
Acrania, même si l’emprunte core se marierait plus à
Vulvodynia. Les propositions vocales du vocaliste Fernando del Villar sont complètes, au sommet de son art. Sa capacité à manier le growl et le pig squeal sont impressionnants de sérénité, d’autant plus pour un groupe « si jeune ».
Cependant, même si les influences sont multiples et l’efficacité des titres est chirurgicale, il n’y a pas véritablement de morceaux qui sortent du lot. Il est vrai que le quatuor espagnol se dirige parfois dans une direction très technique, à l’instar d’
Overtorture ou de
Nest Of
Traitors. Dans d’autres travaux, les musiciens mettront un peu plus en valeur l’aspect mélodique comme lors du solo de The
Scythe et de
Moon Maniac. Il resterait
Evil avec son intro mélancolique, ses touches de piano qui offrent un caractère plus symphonique et une atmosphère putride qui demeurera omniprésente dans la mélodie qui tirerait un peu son épingle du jeu.
Si
Evil est une prestation convaincante de la part des espagnols, d’une intensité presque continue, d’une profonde solidité et d’une maturité exemplaire, il manque cette lueur, ce point d’orgue qui lui permettrait de frapper un grand coup. Bonecraver signe néanmoins un agréable retour sous sa nouvelle distinction et accouche de dix morceaux francs. Pour les rares qui connaissaient la formation sous son ancien blason, la changement est assez notable puisque le groupe étend son champ au-delà du slam deathcore. Pour le reste,
Evil est une troisième toile qui se laisse parfaitement écouter, même si dispensable.
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