Emptiness Fills the Void

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17/20
Nom du groupe Stortregn
Nom de l'album Emptiness Fills the Void
Type Album
Date de parution 25 Mai 2018
Enregistré à Conatus Studios
Membres possèdant cet album20

Tracklist

1.
 Through the Dark Gates
 06:44
2.
 Circular Infinity
 03:44
3.
 The Forge
 05:14
4.
 Nonexistence
 06:27
5.
 The Chasm of Eternity
 02:46
6.
 Lawless
 04:16
7.
 The Eclipsist
 05:47
8.
 Shattered Universe
 05:09
9.
 Children of the Obsidian Light
 11:00

Durée totale : 51:07

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Stortregn


Chronique @ Icare

14 Juin 2018

Ce nouvel album évolue incontestablement vers une musique plus personnelle et progressive

Dans la catégorie des groupes hommage à Dissection, Stortregn est très certainement l’un des plus connus avec les Allemands de Thulcandra. Fort de trois albums depuis sa création en 2005, le combo de Genève avait ceci dit commencé à s’écarter timidement de ses influences sur le très bon Singularity qui amorçait un virage plus personnel, et il semblerait que leur nouvelle galette Emptiness Fills the Void confirme cette nouvelle voie de la plus belle des manières.

Le pas franchi entre Singularity et ce petit dernier est plus important qu’entre les deux précédents : la musique des Suisses se fait de plus en plus progressive, technique et alambiquée, s’éloignant toujours plus de l’influence du géant suédois, et on sent la volonté du groupe de voler de ses propres ailes. Bien sûr, les parties acoustiques sont toujours largement de la partie, souvent en introduction (Through the Dark Gates, The Forge, le break à 2,55 minutes de Lawless, The Eclipsist…), mais ce n’est que pour mieux accentuer les contrastes, car paradoxalement, Stortregn n’a jamais été aussi rapide que lorsqu’il décide de blaster (Circular Infinity, Shattered Universe).
Autre point, le groupe emprunte volontiers ses harmonies véloces et sa technique bluffante au power speed voir au neo classique, et on croirait parfois avoir affaire à un croisement entre Dissection, Children of Bodom et Dragonforce, tant la pluie de six cordes est omniprésente (les pointes de guitare virtuoses sur Through the Dark Gates et son solo central, le début de Circular Infinity, qui va très vite, les notes de Lawless qui éclaboussent dans tous les sens). La production va d’ailleurs dans ce sens, présentant un son volontairement froid, aseptisé et extrêmement synthétique, qui pourra déplaire aux adeptes d’un black death plus rugueux, mais qui sied bien à la musique du groupe que l’on pourrait quasiment qualifier de cosmique avec ces envolées de guitares explosives presque lyriques. Car oui, c’est un fait, le quatuor a encore peaufiné sa technique, et ses mélodies sont toujours aussi soignées, même si elles sont peut-être moins directes et évidentes que sur l’album précédent (plus d’énorme tube à la Acosmic Ascendant ou Crimson Depths ici, l’ensemble est plus sinueux et complexe). D’ailleurs, cette volonté est clairement affichée par le dernier titre de la galette, Children of the Unlight, superbe morceau fleuve de 11,25 minutes qui s’écoule avec une fluidité étonnante et présente l’art du combo à son sommet, avec une fin de morceau céleste aux guitares envoûtantes qui nous propulse la tête dans les étoiles.

Pour le reste, on reconnaît bien la musique des Suisses, avec cette alternance de chants black bien criard et death particulièrement profond et guttural, cette construction musicale intelligente qui varie parties enlevées et passages plus calmes et mélancoliques ainsi que ces harmonies de guitares toujours aussi superbes (mention spéciale aux excellents soli qui parsèment tout l’album). Nonexistence incarne parfaitement l’art musical de Stortregn : ouverture belle et majestueuse à la dimension presque symphonique, tricotage de grattes qui nous lâchent une myriade de notes solaires, pondant une mélodie lumineuse et accrocheuse parfaitement appuyée par une basse et une batterie au diapason, puis arrivée du chant hurlé qui vient conférer la touche d’agression supplémentaire indispensable à tout bon titre de black death qui se respecte. On a un petit break acoustique en milieu de morceau et une fin de piste plus lente et introspective presque planante qui irradie le morceau comme l’ensemble de l’album de cette touche spatiale en parfaite adéquation avec la thématique de l’album.

Emptiness Fills the Void n’est finalement pas meilleur ni moins bon que Singularity, il est juste différent, peut-être moins direct et accessible et évoluant incontestablement vers une musique plus personnelle et progressive mais présentant un metal toujours aussi mélodique, technique et carré très porté sur les harmonies de guitare. Le quatuor n’évite pas quelques fautes de goût (le recours quasi systématique et parfois un peu artificiel à la fameuse intro acoustique générant quelques redondances regrettables, notamment entre The Forge et The Eclipsist, un son très synthétique qui fera faire la grimace aux puristes), mais dans l’ensemble ce quatrième full length est de très bonne tenue et pour reprendre le titre du précédent, ne manque pas de singularité. Si les Suisses ont la réputation d’être neutres, vous feriez bien de prendre rapidement votre parti, car quelque chose me dit que Stortregn risque de compter dans un avenir très proche et qu’à ce moment-là, vous aimeriez pouvoir dire sans mentir que vous l’aviez pressenti et que vous les souteniez déjà avant qu'ils n'explosent...

3 Commentaires

2 J'aime

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Etterna - 14 Juin 2018:

Excellente chronique d'un groupe qui vaut le détour. 

Icare - 18 Juin 2018:

Merci l'ami, ça fait toujours plaisir d'avoir des retours, surtout lorsqu'ils sont aussi positifs que celui-ci!

Etterna - 18 Juin 2018:

Oui j'imagine bien le travail que cela prend d'écrire une chronique. Qui plus est la tienne est bien écrite, adroite et précise comme il le faut. Et puis cet album est sublime, après plusieurs écoutes, je pense c'est celui que je préfère. Il est beaucoup plus varié que ses prédécesseurs et déborde d'influences de toutes sortes. Je sens une petite touche At the Gates par moment, et aussi Ne Obliviscaris par son côté plus progressif et aéré, ou alors Obscura également de temps en temps par son côté plus brutal et avec les growls profonds de Romain Negro. Quoi qu'il en soit, ce disque nous emporte loin, et c'est ça qui compte!

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