Award de la révélation métal 2004 pour l’album "Scars and
Wounds",
Machine Men a sans contexte le vent en poupe depuis ses débuts. Mais même avec la meilleure volonté du monde, les jeunes finlandais ne proposaient pourtant rien d’extraordinaire ou de particulièrement consistant avant leur petit dernier "
Circus of
Fools".
Ce "Elegies", ayant essuyé de nombreuses louanges à travers l’
Europe et permis au groupe d’enfin s’exporter afin de réaliser une réelle tournée européenne, est pourtant encore très loin de proposer la qualité que l’on connait et attribue aujourd’hui à la bande d’Antony Paviainen.
Si l’atwork semble nous emporter dans un univers résolument gothique et sombre, subtile alliance de mélancolie et de noirceur, le premier titre, le single "Falling" dévoile au contraire un monde presque anachronique, très portée sur la vague anglo-saxonne de
Saxon et surtout Iron Maiden. Le son est correct mais manque d’un petit peu de personnalité pour réellement parvenir à se démarquer de la si grande masse de combo heavy, il se veut même quelques fois brouillon, les guitares s’entremêlant sans parvenir à y instaurer de cohésion.
Quand à Antony, le principal artisan de la réussite actuel du groupe (même si le batteur Jarno est à la composition sur la plupart des titres !), sa performance n’est pas aussi idyllique que l’on veut bien le croire, et l’aura si particulière présente sur "
Circus of
Fools" est encore très loin d’être apprivoiser. Ses lignes se retrouvent parfois quelques peu bancales, voir fausses même si les quelques incartades plus mélancoliques sont incroyablement réussi comparée aux parties plus heavy.
Pourtant, à l’écoute de l’énorme et gras "
Dream & Religions", on comprend que
Machine Men peu aller très loin, qu’il a les capacités de créer un monde sonore personnel et envoutant, sans pour autant encore trop quitter des influences parfois envahissantes. Ici, le riff d’ouverture de J-V (excellent quitariste au demeurant nous abreuvant de splendides solos avec son compagnon d’armes Jano) évoquera rapidement un petit 2 Minutes To Midnight de qui-vous-savez mais développera un refrain entêtant et très mélodique (où la ressemblance, si ce n'est du mimétisme avec
Bruce Dickinson prend tout son sens!)
Mais ce n’est rien lorsque l’on découvre, un brin ébahi, le magnifique et sensible "
Apathy" (ne serais-ce pas "The Clansman" que je reconnais sur l’intro ?), emprunt d’une douce mélancolie parfaitement retranscrite dans le chant aussi fragile qu’émotionnel d’Antony, dévoilant de réelles prouesses sur les envolées à couper le souffle qu’il exploitera avec talent par la suite. Mais surtout, la musique parvient à se faire intelligente, à ne jamais trop envahir l’espace afin de laisser libre cours à la beauté vocale d’Antony, se faisant discrète pour plus nous toucher, frappé d’une sensibilité scandinave, alliant froideur et douces ténèbres.
D’un point de vue analytique, l’écoute se digère relativement facilement et l’enchainement se veut logique, sans grandes redondances mais sans non plus plages plus marquantes que d’autres, semblant trop se cantonner au politiquement correct, erreur qu’ils ne reproduiront heureusement plus. L’envie de bien faire et de fédérer un grand public aura probablement été un facteur en désaccord avec le talent créatif des musiciens, de plus fraichement récompensés par un prestigieux award.
Car les titres heavy tels que "Back From The Days" ou "The
Traitor" pènnent à provoquer le moindre frisson, malgré des constructions évitant le conformisme facile et des refrains (notamment celui de "The
Traitor") souvent très réussis et chantant.
C’est une nouvelle fois "October" qui ravivera la flamme émotionnelle, son acoustique perpétuelle créant une expression plus fine et forte, les riffs se faisant sensiblement poignant, quelques chœurs gothiques venant enjoliver un tableau gracieux et envouté par un charme gothique que l’on aurait désiré plus approfondi.
Car c’est sur un constat plus négatif que se terminera le disque, avec la larmoyante et sur jouée "From
Sunrise To Sunset", au violons aussi inutiles que mal employés et surtout à une musique aussi faiblement émotionnelle qu’une ballade de Rock Voisine. Rien n’y fait, le feeling ne passe jamais, le cœur ne s’emballera définitivement plus (et ce refrain affreusement mal agencé !), alors que le très groovy et original "Doors Of
Resurrection" nous renvoyait à des atmosphères plus old school et agréables, notamment à l’écoute des riffs très inspirés par Led Zep sur ce titre et aux vocaux expressifs du finlandais.
"Elegies" se veut et restera un bon départ, comme beaucoup aimerait, à tort ou à raison, en posséder. Mais les nombreuses immaturités restent présentes, dû autant au jeune âge des membres qu’à une envie sensiblement visible de plaire et donc de rentrer dans un moule musical leur octroyant une trop indispensable liberté d’expression. Ce n’est que le début, que ce soit bien clair, et la suite, déjà fructueuse, attend encore d’être écrite…la prochaine échéance tombera en 2009, nous serons présent. Sans faute !
Merci pour la chronique, très intéressante.
Après 3 écoutes, je partage ton ressenti.
La ressemblance plus que frappante avec Dickinson me fait oter un ou deux points au disque car cela enlève une part importante de personnalité à l'ensemble.
Encore merci pour le texte.
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