Crystalium, pour ceux qu'il l'ignoreraient, est un groupe lyonnais qui nous sort ici son quatrième opus, après un changement de label et un gros changement de line-up: exit le claviériste, et changement de guitariste. Forcément, sa musique s'en retrouve modifiée. Pour le meilleur ou pour le pire?
Crystalium ne s'est pas engagé dans la voix de la facilité, loin de là. Le combo aurait pu jouer au true, faire du black symphonique, ou continuer simplement sur sa lancée. Non, non, non.
Crystalium s'engage sur une voie un peu plus tortueuse, eux qui déjà ne faisaient pas dans le black 100% classique par le passé: ce
Doxa O Revelation est un disque de black aux grandes influences death, mélangeant brutalité et une volonté presque progressive (bon, c'est pas
Dream Theater non plus), presque entièrement épuré de synthétiseurs, même si on trouve une introduction, une outro, un intermède orchestral (Passe Le Mot) et deux pistes ou s'entendent quelques traces de nappes (
Doxa O Revelation et Le Sixième Radical). La brutalité est montée d'un cran, aussi.
Doxa O Revelation est un disque difficile d'accès. Il est moins direct que son prédécesseur, et plusieurs écoutes sont nécessaires pour se faire une idée à peu près valable sur la chose en question. Entre autres, la partie rythmique de
Altar.ZK6 est particulièrement mise en avant par la production et peut gêner. Personnellement, j'ai eu un mal de chien à rentrer dans le disque à cause des parties assommantes d'Entrailles et Univers, qui masquaient le reste de la composition. Bon, si vous avez l'habitude de
Crystalium ou d'
Arkhon Infaustus ou que vous êtes batteur, ça ne devrait pas vous poser de problème, mais pour les autres, il faut d'abord une ou deux écoutes pour accepter ce son de batterie pour ce qu'il est, c'est à dire bourrin, technique et envahissant. Une fois qu'on a appris à écouter un tel déluge pendant l'heure du disque, on peut l'apprécier à sa juste valeur.
Tiens, bourrin et technique, ça correspond bien à tout l'album, d'ailleurs. Les guitares sont incisives et jouent des plans pas basique du tout sur lesquelles plane le spectre du death. D'ailleurs, on note la présence de solis épileptiques, pas bien longs, pas particulièrement nombreux, mais franchement plaisants, efficaces, passionnants et qui sortent pas mal des poncifs black. Le tout est haineux à souhait, très percutant, et le pied au plancher n'est que rarement relevé.
Crystalium ne nous laisse pas respirer, nous étouffe complètement avec sa musique recherchée. Quelques rares mid-tempos (D.Dei de La Messianite entre autres) se font tout de même sentir, mais ils sont nauséeux (évidemment). Autrement dit, si vous n'êtes pas prêts à vous en prendre plein la tronche, passez votre chemin. Le chant appuie parfaitement les compositions, Cillag semblant parfaitement possédé et posant ses raclements de gorge avec une justesse louable.
Les textes sont en français et ne sont pas basiques eux non plus, ce qui change agréablement des "Sataaaan je t'aime détruis le monde, sodomise Jésus tout ça tout ça" sans faire de concessions pour autant.
Crystalium joue visiblement la carte du black recherché, sur tous les plans, et ça lui réussit plutôt bien.
Bref, ce disque passe assez près d'être un chef d'oeuvre de black brutal-mais-pas-stupide. Assez près seulement. Premier petit bémol, cette batterie à laquelle on s'habitue, mais qui rend l'entrée dans le disque difficile. C'est cependant un détail, puisqu'après un certain temps, on oublie même qu'elle est tellement mise en avant et on sait écouter le reste avec attention sans être perturbé. Reste l'autre petit problème, pas particulièrement grave lui non plus, mais tout de même gênant: la musique bourrin et technique aurait sans doute mieux convenu à un disque plus compact: 64 minutes de violence tordue, c'est un peu indigeste. Surtout dans les premières écoutes, le temps que l'on connaisse la structure des morceaux. Ce qui peut en rebuter plus d'un lors du premier contact avec le disque. Ce qui est dommage, puisque ce qu'on y découvre en insistant un peu vaut quand même franchement la peine.
Bref, un très bon travail, juste un peu mal dosé. A découvrir, parce qu'il semble évident que
Crystalium fait partie de ces groupes avec lesquels la scène black française doit compter.
Le son de batterie ne me dérange pas tellement, étant moi-même batteur je le trouve très bon et surtout d'une technique incroyable à la double. Par contre, ça manque cruellement de tempo plus lent sur l'ensemble du disque...
Les textes en Français sont excellents et compréhensibles, ce qui est assez rare dans le style. Les riffs sont eux aussi d'une grande richesse et d'une profonde noirceur.
Un album à découvrir, en particulier le chef-d'oeuvre "A l'absinthe, à l'extrême".
Note: 16/20
est-ce que quelqu'un sait ce que sont devenus les membres du groupe ? ont-ils créé un autre groupe ? partis dans d'autres groupes ? vers d'autres genres de zique ?? arrêt total de la musique ?
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