Doxa O Revelation

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16/20
Nom du groupe Crystalium
Nom de l'album Doxa O Revelation
Type Album
Date de parution 19 Janvier 2007
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album57

Tracklist

1. Doxa O Revelation
2. Entrailles et Univers
3. Silence, Silence Porteur d'Honneur
4. A l'Absinthe, A l'Extrême
5. Passe le Mot
6. Le VIieme Radical
7. Discipline Nation Negative
8. Doxa O Revelation
9. Propagande Cillaguienne
10. D. Dei la Messianiste
11. A l'Origine

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Crystalium


Chronique @ Corwin

07 Septembre 2007
Crystalium, pour ceux qu'il l'ignoreraient, est un groupe lyonnais qui nous sort ici son quatrième opus, après un changement de label et un gros changement de line-up: exit le claviériste, et changement de guitariste. Forcément, sa musique s'en retrouve modifiée. Pour le meilleur ou pour le pire?

Crystalium ne s'est pas engagé dans la voix de la facilité, loin de là. Le combo aurait pu jouer au true, faire du black symphonique, ou continuer simplement sur sa lancée. Non, non, non. Crystalium s'engage sur une voie un peu plus tortueuse, eux qui déjà ne faisaient pas dans le black 100% classique par le passé: ce Doxa O Revelation est un disque de black aux grandes influences death, mélangeant brutalité et une volonté presque progressive (bon, c'est pas Dream Theater non plus), presque entièrement épuré de synthétiseurs, même si on trouve une introduction, une outro, un intermède orchestral (Passe Le Mot) et deux pistes ou s'entendent quelques traces de nappes (Doxa O Revelation et Le Sixième Radical). La brutalité est montée d'un cran, aussi.

Doxa O Revelation est un disque difficile d'accès. Il est moins direct que son prédécesseur, et plusieurs écoutes sont nécessaires pour se faire une idée à peu près valable sur la chose en question. Entre autres, la partie rythmique de Altar.ZK6 est particulièrement mise en avant par la production et peut gêner. Personnellement, j'ai eu un mal de chien à rentrer dans le disque à cause des parties assommantes d'Entrailles et Univers, qui masquaient le reste de la composition. Bon, si vous avez l'habitude de Crystalium ou d'Arkhon Infaustus ou que vous êtes batteur, ça ne devrait pas vous poser de problème, mais pour les autres, il faut d'abord une ou deux écoutes pour accepter ce son de batterie pour ce qu'il est, c'est à dire bourrin, technique et envahissant. Une fois qu'on a appris à écouter un tel déluge pendant l'heure du disque, on peut l'apprécier à sa juste valeur.

Tiens, bourrin et technique, ça correspond bien à tout l'album, d'ailleurs. Les guitares sont incisives et jouent des plans pas basique du tout sur lesquelles plane le spectre du death. D'ailleurs, on note la présence de solis épileptiques, pas bien longs, pas particulièrement nombreux, mais franchement plaisants, efficaces, passionnants et qui sortent pas mal des poncifs black. Le tout est haineux à souhait, très percutant, et le pied au plancher n'est que rarement relevé. Crystalium ne nous laisse pas respirer, nous étouffe complètement avec sa musique recherchée. Quelques rares mid-tempos (D.Dei de La Messianite entre autres) se font tout de même sentir, mais ils sont nauséeux (évidemment). Autrement dit, si vous n'êtes pas prêts à vous en prendre plein la tronche, passez votre chemin. Le chant appuie parfaitement les compositions, Cillag semblant parfaitement possédé et posant ses raclements de gorge avec une justesse louable.

Les textes sont en français et ne sont pas basiques eux non plus, ce qui change agréablement des "Sataaaan je t'aime détruis le monde, sodomise Jésus tout ça tout ça" sans faire de concessions pour autant. Crystalium joue visiblement la carte du black recherché, sur tous les plans, et ça lui réussit plutôt bien.

Bref, ce disque passe assez près d'être un chef d'oeuvre de black brutal-mais-pas-stupide. Assez près seulement. Premier petit bémol, cette batterie à laquelle on s'habitue, mais qui rend l'entrée dans le disque difficile. C'est cependant un détail, puisqu'après un certain temps, on oublie même qu'elle est tellement mise en avant et on sait écouter le reste avec attention sans être perturbé. Reste l'autre petit problème, pas particulièrement grave lui non plus, mais tout de même gênant: la musique bourrin et technique aurait sans doute mieux convenu à un disque plus compact: 64 minutes de violence tordue, c'est un peu indigeste. Surtout dans les premières écoutes, le temps que l'on connaisse la structure des morceaux. Ce qui peut en rebuter plus d'un lors du premier contact avec le disque. Ce qui est dommage, puisque ce qu'on y découvre en insistant un peu vaut quand même franchement la peine.

Bref, un très bon travail, juste un peu mal dosé. A découvrir, parce qu'il semble évident que Crystalium fait partie de ces groupes avec lesquels la scène black française doit compter.

4 Commentaires

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TheMajin - 23 Janvier 2009: Pour moi il s'agit ni plus ni moins d'un des meilleurs albums de black sortis en 2007. Crystalium se comporte en leader sur la scène black française, tout simplement.
metaleciton - 18 Mai 2014: Très bonne chronique qui résume assez bien ce que je pense de l'album.

Le son de batterie ne me dérange pas tellement, étant moi-même batteur je le trouve très bon et surtout d'une technique incroyable à la double. Par contre, ça manque cruellement de tempo plus lent sur l'ensemble du disque...

Les textes en Français sont excellents et compréhensibles, ce qui est assez rare dans le style. Les riffs sont eux aussi d'une grande richesse et d'une profonde noirceur.

Un album à découvrir, en particulier le chef-d'oeuvre "A l'absinthe, à l'extrême".

Note: 16/20
nono84 - 27 Juin 2018:

est-ce que quelqu'un sait ce que sont devenus les membres du groupe ? ont-ils créé un autre groupe ? partis dans d'autres groupes ? vers d'autres genres de zique ?? arrêt total de la musique ? 

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Commentaire @ TasteofEternity

14 Fevrier 2019

Enfile ton treillis, et crève comme un homme.

Chant solennel des partisans enchaîné à des airs religieux sur un paysage sonore délabré font basculer l’auditeur dans un chaos guerrier réjouissant. La batterie sonne la charge à la façon d'une Gatling nourrissant un feu continu vous obligeant à courber l’échine et à vous accrocher à votre casque. La guitare hurle et déchire par des riffs plus malsains et contagieux que mélodiques un horizon enflammé, où seul la loi du metal a encore un sens, blindé contre blindé, mitrailleuse contre mitrailleuse, canon contre canon, sans merci, sans interruption. Crystalium vous oblige à combattre les tripes à l’air, le regard vide, les mains crispées sur votre engin de mort. Cette dernière parsème ce Doxa du début jusqu’à la fin, oubliez la fiotte encapuchonnée avec sa faux et sa brouette, Crystalium s’est adapté à l’ère industrielle, au tourisme de masse, et au carnage des espèces. Pour le quidam, cette symphonie en bruit majeur opus n°1 n’a d’autre utilité que de concurrencer un marteau piqueur en cours de saillie dans la rue adjacente. Pour l’amateur du genre, ce délicieux nectar recèle des atmosphères d’élitisme et d’autoritarisme oubliés à travers les imprécations de Kra Cillag que les plus grands discours d’Hitler (ha oui c’est vrai on ne doit pas citer de marque, autant pour moi, alors Staline, Ceausescu, Mao et Pol Pot…) auraient eu du mal à égaler tant la puissance et le vice sont mêlés à un haut degré de perversité. Vous sortez de l’expérience traumatisé, mais ravi d’être toujours là, toute vermine que vous êtes. Un album monstrueux qui a le mérite de nous rappeler que rien ne dure jamais, ni la guerre, ni la paix. De quoi embrasser notre destruction le sourire aux lèvres.

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