De Aeternitate Commando

Liste des groupes Black Metal Crystalium De Aeternitate Commando
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17/20
Nom du groupe Crystalium
Nom de l'album De Aeternitate Commando
Type Album
Date de parution 2002
Labels Oaken Shield
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album81

Tracklist

1. La Valeur de la Haine
2. Je Suis le Christ
3. Erep-Erton- Second Nema
4. Ce Qu'il en Restera
5. Au Nom de la Rébellion
6. Lorsque l'Elite Sera Couronnée de Flammes
7. Zénith de la Transcendance Cérébrale
8. De Aeternitate Commando

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Crystalium


Chronique @ valentheris

01 Septembre 2011

"La guerre ne salit pas l'idéal, c'est l'idéal qui purifie la guerre." Alain Jacobzone.

Se répercutant au travers de l'underground Français tel une trainée de poudre, le compte-rendu de la première offensive du commando Crystalium "Par le Sang, le Feu et le Fer - Baise de la Charogne à l'Ange", bien qu'encore assez confidentielle, ne laisse pas indifférentes les premières victimes touchées par la force de frappe déjà bien impressionnante du quintet lyonnais. À peine un an après ce premier assaut et toujours sous l'égide du bastion Oaken Shield, le groupe investit l'Andromede Studio afin de planifier son second méfait, bien décidé à ne pas rester sur ses acquis et à faire de cette seconde salve à la fois une confirmation de la puissance de feu dont disposait le bataillon en 2001 et une affirmation de sa supériorité tout court. Enregistré sous l'œil bienveillant de Ludovic Tournier, "De Aeternitate Commando" sort en juin 2002, repère historique de ce qui pourrait être un des plus importants fait d'arme du Black Metal hexagonal et dont les actions et la force de frappe continuent de se répercuter encore aujourd'hui, impressionnant toujours autant.

La précédente production offrant un rendu déjà fort atypique, difficile de savoir à quoi s'attendre avec ce second Full-Lenght, la sobriété de l'artwork n'aidant pas tellement à se faire une idée de ce que peut être le résultat. Loin de faire languir les futurs témoins de son art, Crystalium ne s'encombre pas de futilités servant à préparer mentalement le faible auditeur, voir même pire, qui pourraient trahir son effet de surprise et opte pour une blitzkrieg démarrant d'une fort juste manière avec "La Valeur de la Haine". Première balle tirée dont l'impact s'avère dantesque, les riffs de Blizzard Cillag et Dracir se chevauchent, vindicatifs et rapidement exécutés sous couvert des salves d'Altar frappant ses fûts avec une dextérité sans faille et une grande précision, les vocaux de B. Cillag, désormais intégralement en français, étant l'élément pernicieux parachevant la puissance de ce premier assaut, incontournable pour quiconque s'intéresserait de près ou de loin au groupe.
Intense mur sonore au premier abord, la nouvelle pâte que le groupe a adopté a de quoi dérouter lors des premières écoutes. Semblant miser sur une brutalité encore plus mise en exergue qu'auparavant, les riffs faussement minimalistes sont articulés avec justesse grâce à quelques breaks ou élancements mélodiques stratégiquement placés, ne nuisant en rien à la force de frappe générale, mais au contraire permettant à l'auditeur de se laisser prendre pleinement à ce qui s'offre à lui comme le démontrera le très bon "Je Suis le Christ", seconde salve de l'album confirmant ce qu'avait démontré la première, sublimant même ces éléments pour offrir ce qui s'avère être encore aujourd'hui l'un des plus importants hymnes de Crystalium.

L'atmosphère se dégageant de "De Aeternitate Commando" est aussi difficilement représentable au travers de simples mots qu'elle est intense et peu commune. Aussi intense et éloquente que puisse être la musique, les frasques que notre imagination pourrait dépeindre grâce à l'essence des compositions ne seraient que peu différentes de l'illustration de l'album imaginée par Celtill (avec la collaboration de Christian d'Adipocère Records). Un côté froid et peu humain se dégage du riffing, distillé en partie par le rendu parasité du son des guitares comme si elles étaient devenues incandescentes sous le jeu de leurs maîtres, l'aspect machinal et innarêtable du jeu d'Altar renforçant d'autre part cette sensation de suivre l'évolution d'une armée en marche semblant destinée à appliquer la politique de la terre brûlée. L'étrange mélange des sensations procurées par ce spectacle atteignant son point d'orgue avec la fierté qui semble se dégager de l’œuvre au travers des vocaux de Cillag laissant au passage une part d'interprétation, des passages grandiloquents des compositions ou encore des quelques samples parsemant le tout. Là où "Par le Sang, le Feu et le Fer..." pourrait être dépeint comme une fresque de furie où la simple supériorité de la force l'emportait tout en faisant appel à des instants de gloire, "De Aeternitate Commando" se veut plus homogène dans l'intensité, la puissance et le concept tout en faisant appel à des valeurs oubliées.

Bien que le modus opérandi de cette seconde offensive garde un style reconnaissable entre mille, le commando n'hésite pas à varier intelligemment sa tactique, pouvant passer d'un jouissif et prenant "Au Nom de la Rébellion" qui laisse s'exprimer à son aise un clavier beaucoup plus en retrait qu'avant (dorénavant bien surpassé par les guitares et la batterie) lors de breaks intenses et délectables à un "Lorsque l’Élite Sera Couronnée de Flammes" au côté impérialiste plus refoulé que son prédécesseur, mais disposant d'une nervosité peu comparable à ce stade, ceci bien sûr sans oublier de titiller la fibre patriotique avec une nouvelle version de La Marseillaise lors de "Ce qu'il en Restera". Toujours fidèle à eux-même, Crystalium ne faiblira jamais et mènera l'opération à terme avec fierté et grandeur.
En dehors des normes sans rien réinventer, d'une homogénéité sans failles ou trop minces pour être exploitées par l'adversité et imposant dès lors le groupe comme une formation française à n'occulter sous aucun prétexte, cette seconde offensive de Crystalium est une œuvre imposante, à part et en haut des échelons du Black Metal hexagonal et ne devrait être occulter par personne s'intéressant à notre belle scène. Le groupe faiblira malheureusement lors de son troisième méfait mais il serait difficile de le dénigrer pour autant. Il a fait ses preuves d'une manière trop indéniable pour cela.

"La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires." Georges Clemenceau.

Val'

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valentheris - 01 Septembre 2011: @Mr_Propre : Non je ne l'ai pas oublié, j'ai juste tenter d'en parler d'une manière différente que ce que l'on pourrait trouver sur les cent autres chroniques qui parsèment le net où les mots élitistes, impérialistes etc...sont répétés de manière inlassable comme si les chroniqueurs ne savaient pas quoi en dire et regardaient sur le voisin au travers d'un simple track-by-track parfois mal dissimulé.
Ceci dit, ce sentiment de supériorité ne t'en fait pas que je le ressens héhé (Au nom de la Rebellion et la valeur de la haine putain !)au même titre que j'ai tout de même fait part du côté martial et élitiste : "une affirmation de sa supériorité tout court", "cette sensation de suivre l'évolution d'une armée en marche", "faisant appel à des valeurs oubliées", "au côté impérialiste", "Crystalium ne faiblira jamais et mènera l'opération à terme avec fierté et grandeur. " etc...
Après peut-être que c'est parce que j'ai voulu amener cela d'une manière différente et développer d'autres points autours pour rendre un hommage plus personnel au groupe tout en restant objectif, que tu as eu l'impression que j'ai occulté ces points, mais personnellement je ne trouve pas que je les ai oublié.

Si jamais mes propos ne te paraissent pas clairs, n'hésite pas à me le dire.
Merci en tout cas de m'avoir lu.

@enthwane : Pour l'instant (je n'ai pas finis de l'assimiler entièrement) Diktat OmegA me déçoit. J'ai du mal avec le son et une partie des compositions que je trouve moins intenses que sur cet album. De plus je ne vois pas pourquoi tu parles de ce dernier après avoir souligné l'avis de Mr_Propre vu qu'il n'en a pas parlé.
Enfin bon, mon avis évoluera peut-être avec le temps mais pour l'instant j'attends surtout qu'Aura Mystique m'envoie le Doxo O Revelation afin de prendre plus mon pied.
adrien86fr - 01 Septembre 2011: Chronique intéressante et bien écrite.. groupe culte de l'underground irrévérencieux français.. Merci pour eux.
enthwane - 05 Septembre 2011: La transition apparaît toute seule dans ce que j'ai pu dire, si tu ne comprends pas, je ne peux rien faire de plus pour toi.
valentheris - 07 Septembre 2011: Sauf qu'ici on parle du second album, quand j'ai abordé le sujet du troisième dans la conclusions c'était pour faire une ouverture. Ton avis tu peux le partager si tu veux mais ça fait monologue hors-sujet. Ceci dit, ça me pose pas de soucis.
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Commentaire @ Svartevolf

01 Avril 2007
Ce De Aeternitate Commando est à mon sens le meilleur album de Crystalium (même si je n'ai pas encore eu la chance de jeter une oreille sur le dernier), Les compos sont géniales et originales comme d'habitude et le clavier est savamment utilisé. La musique est d'une puissance difficilement égalable quant à la batterie elle est tout bonnement impressionnante de par sa vitesse et sa complexité. Le chant si particulier et totalitaire s'accorde magnifiquement bien à la musique et aux paroles en français.
Concernant les paroles celles-ci sont très élitistes et toujours aussi difficiles à comprendre tant les métaphores sont nombreuses. Le quatrième morceau qui s'avère être en fait un interlude dans lequel on peut entendre la marseillaise jouée par une fanfare au milieu de bruits de bombardements développe une sacrée ambiance tout comme le huitième et dernier morceau contenant des fragments de discours du général De Gaulle. En ce qui concerne les six autres morceaux ils sont tous excellents même si certains sortent, à mon sens du lot comme par exemple "Je suis le Christ" ou encore "Au nom de la rébellion". Pour en revenir à la musique elle est très brutale mais aussi très mélodique, toujours aussi rapide on trouve néanmoins des passages plus aérés dans les morceaux, ce qui, il faut l'avouer est très agréable car la durée moyenne des morceaux étant de 7 minutes il serait plutôt difficile de s'envoyer tout l'album s'il n'était que Blast Beats et vitesse ultrasonique tout du long. L'ambiance de l'album quant à elle est très haineuse et totalitaire mais elle a aussi quelque chose de très exaltant et de profondément élitiste et ce en particulier dans les passages plus calmes où on a droit à des phrases déclamées (que l'on comprend fort bien puisque toutes les paroles sont écrites en français).
Pour conclure je dirais que si vous ne deviez posséder qu'un album du groupe ce serait celui-ci car il est à mon avis une pièce maîtresse non seulement du black metal français mais aussi du black metal en général.

Svartevolf.

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sargeist - 01 Avril 2007: Très bon album, mais tu mets toujours 20/20 aux disques que tu chroniques?
ArchEvil - 02 Avril 2008: J'ai adoré cet ablum... et je me demande bien pourquoi. Un batteur de compèt, un côté impérial dans les compos trop facile, des vocaux moyens... Pourtant tout se tient au final, le groupe assume son envie de déployer son contour assez léché et impérialiste et le fait jusqu'au bout. Je dirai que l'inspiration est là, même si le rendu général fait un peu caricature par moment. Le seul album de Crystalium qui a trouvé grâce à mes yeux et une pièce maîtresse du BM français avec Si Monvmentvm de Deathspell et O lavdate dominvs de Glorior Belli ( bien que fort différent de ces deux derniers ).
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Commentaire @ TasteofEternity

15 Fevrier 2019

Un coup d'épée dans l'eau !

Putain de camion ! Putain de claviers !!! Oser marier puissance et mélodie, quelle ineptie. La puissance n’a pas à être enveloppée, portée aux nues elle doit rayonner de sa nature virginale pour que son sacrifice sur l’autel de la démence porte tous ses effets bénéfiques telle la crucifixion de l’innocent. Le clavier souille d’une grandeur inopportune un déluge de feu à peine maîtrisable. Il fait rouiller le metal le plus pur et n’apporte que mirage dans un désert qui n’en supporte aucun. Crystalium brille comme de la poussière de diamant mais casse comme du verre. Passé à deux doigts d’un exploit pourtant à portée de main, l’individualisme rampant à l’œuvre sur ce champ de mines, paradis perdu des unijambistes à la gueule de bois, n’arrive que difficilement à s’extraire d’un milieu enchanteur nauséabond. L’inspiration nourrie aux seins de concepts à la pureté indiscutable, anti-christianisme, élitisme, détermination, courage et sacrifice, défendu à travers un chant et des paroles démesurées pour le commun des mortels, amplis d’une conviction mystique. La maladresse des claviers gâche ce monument dédié à la libération des souffrances humaines appelant un combat dans les tripes avant de ravager les cervelles. En revanche, le final d’Au nom de la rébellion qui s’essaie à des sonorités technoïdes est à gerber au plus haut point, abâtardissant un Black Metal qui se voulait jusqu’alors sincère à défaut d’être exceptionnel. L’ensemble reste fragile en proie à des idées de mélodie, de passages accrocheurs, qui viennent faire vaciller un édifice aux intentions louables : redorer un blason souillé depuis si longtemps, hélas, il faudra attendre encore un peu.

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