"La guerre ne salit pas l'idéal, c'est l'idéal qui purifie la guerre." Alain Jacobzone.
Se répercutant au travers de l'underground Français tel une trainée de poudre, le compte-rendu de la première offensive du commando
Crystalium "Par le Sang, le Feu et le Fer - Baise de la
Charogne à l'Ange", bien qu'encore assez confidentielle, ne laisse pas indifférentes les premières victimes touchées par la force de frappe déjà bien impressionnante du quintet lyonnais. À peine un an après ce premier assaut et toujours sous l'égide du bastion Oaken Shield, le groupe investit l'Andromede Studio afin de planifier son second méfait, bien décidé à ne pas rester sur ses acquis et à faire de cette seconde salve à la fois une confirmation de la puissance de feu dont disposait le bataillon en 2001 et une affirmation de sa supériorité tout court. Enregistré sous l'œil bienveillant de Ludovic Tournier, "De Aeternitate
Commando" sort en juin 2002, repère historique de ce qui pourrait être un des plus importants fait d'arme du Black
Metal hexagonal et dont les actions et la force de frappe continuent de se répercuter encore aujourd'hui, impressionnant toujours autant.
La précédente production offrant un rendu déjà fort atypique, difficile de savoir à quoi s'attendre avec ce second Full-Lenght, la sobriété de l'artwork n'aidant pas tellement à se faire une idée de ce que peut être le résultat. Loin de faire languir les futurs témoins de son art,
Crystalium ne s'encombre pas de futilités servant à préparer mentalement le faible auditeur, voir même pire, qui pourraient trahir son effet de surprise et opte pour une blitzkrieg démarrant d'une fort juste manière avec "La Valeur de la Haine". Première balle tirée dont l'impact s'avère dantesque, les riffs de
Blizzard Cillag et Dracir se chevauchent, vindicatifs et rapidement exécutés sous couvert des salves d'
Altar frappant ses fûts avec une dextérité sans faille et une grande précision, les vocaux de B. Cillag, désormais intégralement en français, étant l'élément pernicieux parachevant la puissance de ce premier assaut, incontournable pour quiconque s'intéresserait de près ou de loin au groupe.
Intense mur sonore au premier abord, la nouvelle pâte que le groupe a adopté a de quoi dérouter lors des premières écoutes.
Semblant miser sur une brutalité encore plus mise en exergue qu'auparavant, les riffs faussement minimalistes sont articulés avec justesse grâce à quelques breaks ou élancements mélodiques stratégiquement placés, ne nuisant en rien à la force de frappe générale, mais au contraire permettant à l'auditeur de se laisser prendre pleinement à ce qui s'offre à lui comme le démontrera le très bon "Je Suis le Christ", seconde salve de l'album confirmant ce qu'avait démontré la première, sublimant même ces éléments pour offrir ce qui s'avère être encore aujourd'hui l'un des plus importants hymnes de
Crystalium.
L'atmosphère se dégageant de "De Aeternitate
Commando" est aussi difficilement représentable au travers de simples mots qu'elle est intense et peu commune. Aussi intense et éloquente que puisse être la musique, les frasques que notre imagination pourrait dépeindre grâce à l'essence des compositions ne seraient que peu différentes de l'illustration de l'album imaginée par Celtill (avec la collaboration de Christian d'Adipocère Records). Un côté froid et peu humain se dégage du riffing, distillé en partie par le rendu parasité du son des guitares comme si elles étaient devenues incandescentes sous le jeu de leurs maîtres, l'aspect machinal et innarêtable du jeu d'
Altar renforçant d'autre part cette sensation de suivre l'évolution d'une armée en marche semblant destinée à appliquer la politique de la terre brûlée. L'étrange mélange des sensations procurées par ce spectacle atteignant son point d'orgue avec la fierté qui semble se dégager de l’œuvre au travers des vocaux de Cillag laissant au passage une part d'interprétation, des passages grandiloquents des compositions ou encore des quelques samples parsemant le tout. Là où "Par le Sang, le Feu et le Fer..." pourrait être dépeint comme une fresque de furie où la simple supériorité de la force l'emportait tout en faisant appel à des instants de gloire, "De Aeternitate
Commando" se veut plus homogène dans l'intensité, la puissance et le concept tout en faisant appel à des valeurs oubliées.
Bien que le modus opérandi de cette seconde offensive garde un style reconnaissable entre mille, le commando n'hésite pas à varier intelligemment sa tactique, pouvant passer d'un jouissif et prenant "Au Nom de la Rébellion" qui laisse s'exprimer à son aise un clavier beaucoup plus en retrait qu'avant (dorénavant bien surpassé par les guitares et la batterie) lors de breaks intenses et délectables à un "Lorsque l’Élite Sera Couronnée de Flammes" au côté impérialiste plus refoulé que son prédécesseur, mais disposant d'une nervosité peu comparable à ce stade, ceci bien sûr sans oublier de titiller la fibre patriotique avec une nouvelle version de La Marseillaise lors de "Ce qu'il en Restera". Toujours fidèle à eux-même,
Crystalium ne faiblira jamais et mènera l'opération à terme avec fierté et grandeur.
En dehors des normes sans rien réinventer, d'une homogénéité sans failles ou trop minces pour être exploitées par l'adversité et imposant dès lors le groupe comme une formation française à n'occulter sous aucun prétexte, cette seconde offensive de
Crystalium est une œuvre imposante, à part et en haut des échelons du Black
Metal hexagonal et ne devrait être occulter par personne s'intéressant à notre belle scène. Le groupe faiblira malheureusement lors de son troisième méfait mais il serait difficile de le dénigrer pour autant. Il a fait ses preuves d'une manière trop indéniable pour cela.
"La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires." Georges Clemenceau.
Val'
Ceci dit, ce sentiment de supériorité ne t'en fait pas que je le ressens héhé (Au nom de la Rebellion et la valeur de la haine putain !)au même titre que j'ai tout de même fait part du côté martial et élitiste : "une affirmation de sa supériorité tout court", "cette sensation de suivre l'évolution d'une armée en marche", "faisant appel à des valeurs oubliées", "au côté impérialiste", "Crystalium ne faiblira jamais et mènera l'opération à terme avec fierté et grandeur. " etc...
Après peut-être que c'est parce que j'ai voulu amener cela d'une manière différente et développer d'autres points autours pour rendre un hommage plus personnel au groupe tout en restant objectif, que tu as eu l'impression que j'ai occulté ces points, mais personnellement je ne trouve pas que je les ai oublié.
Si jamais mes propos ne te paraissent pas clairs, n'hésite pas à me le dire.
Merci en tout cas de m'avoir lu.
@enthwane : Pour l'instant (je n'ai pas finis de l'assimiler entièrement) Diktat OmegA me déçoit. J'ai du mal avec le son et une partie des compositions que je trouve moins intenses que sur cet album. De plus je ne vois pas pourquoi tu parles de ce dernier après avoir souligné l'avis de Mr_Propre vu qu'il n'en a pas parlé.
Enfin bon, mon avis évoluera peut-être avec le temps mais pour l'instant j'attends surtout qu'Aura Mystique m'envoie le Doxo O Revelation afin de prendre plus mon pied.
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