De Ödeslösa

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16/20
Nom du groupe Thyrfing
Nom de l'album De Ödeslösa
Type Album
Date de parution 01 Mars 2013
Produit par Jens Bogren
Style MusicalBlack Viking
Membres possèdant cet album39

Tracklist

1. Mot Helgrind 06:10
2. Fordom 05:49
3. Veners Förfall 05:05
4. Illvilja 05:35
5. Kamp 04:51
6. Relik 05:55
7. Vindöga 06:16
8. De Ödeslösa 06:46
Total playing time 46:27

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Thyrfing


Chronique @ AlonewithL

16 Mars 2013

Craintes et réjouissances seront à signaler.

Le changement, soit on s’en réjouit, soit on s’en méfie. Nombreux ont accueilli avec fleurs et cotillons l’annonce d’un nouvel album de « Thyrfing », une formation de légende qui s’est toujours maintenue dans la ligne de front du pagan metal. Les fans s’étaient vite habitués à la musique ténébreuse et décharnée des albums « Farsotstider » et « Hels Vite », qui avaient marqué une tournure sombre dans la carrière du groupe suédois. Aussi faudra-t-il se méfier et ne pas prendre pour argent comptant n’importe quelle sortie de production originaire d’une célébrité apparemment sans faille. Le groupe a depuis évolué. On notera également la signature en 2012 chez NoiseArt Records, label plus spécialisé dans le heavy et le thrash revival, qui se bâti aujourd’hui un sacré bastion folk/pagan en signant des formations de gros calibre comme « Varg », « Trollfest » ou encore « Wolfchant ». Les suédois se sont, durant cette même année, séparés de leur bassiste historique Kimmy Sjölund, ce qui a entraîné un véritable bouleversement au niveau du line-up : Joakim Kristensson qui avait toujours tenu ici la batterie, s’emploie désormais à la basse, son ancienne passion ; du même coup, Dennis Ekdahl de « Raise Hell » est officialisé aux fûts. Ces différents remaniements entraineront forcément un remodelage musical. Craintes et réjouissances seront à signaler tout au long de ce « De Ödeslösa ».

Beaucoup d’ambition a été révélée lors de la mise en écoute libre des titres « Veners Förfall » et « Mot Helgrind », deux titres qui misent sur un son puissant et grandiloquent. On s’aperçoit dès lors que « Thyrfing » s’affirme dernièrement des dispositions pour la symphonie, renforçant indéniablement la profondeur musicale. Le groupe poursuit ses aventures tourmentées, mais en y ajoutant une densité que peu rencontrée chez eux. Cela peut être perçu comme tel à travers les sonorités fortement cuivrées découvertes sur « Mot Helgrind ». Pour « Veners Förfall » l’impact de la guitare rythmique est plus mis à contribution. Ces deux titres se singularisent toutefois par des passages en fin de piste épousant bien quelques contours progressifs de leur homologue « Borknagar ». Les chœurs du guest Toni Kocmut (déjà présent depuis « Valdr Galga ») sont là pour ajouter une certaine confusion, une part de surréalisme dans un ensemble solide et rigoureux. Cet ajout est aussi présent pour éviter une redondance des morceaux. Le groupe aura bien choisi ses titres pour annoncer son ouvrage, bien que l’on puisse considérer que « Mot Helgrind » dispose de davantage de relief que « Veners Förfall ».

Le chant, à la fois lourd et écorché, de Jens Ryden n’aide pas à fluidifier le contenu des pistes. De plus il ne s’accorderait pas admirablement avec les sorties mélodiques ou symphoniques des claviers. Jens n’aime pas la lumière. Les sonorités cristallines de « Vindöga » lui font perdre toute sensibilité et précision. Les derniers instants pâteux du morceau seront d’ailleurs un exemple regrettable du potentiel de redondance et de linéarité offert périodiquement par « Thyrfing ». Notre chanteur a également peine à dévoiler ses atouts sur « Fordom ». Le titre en question s’ouvre sur une entame ravissante et mélodieuse dans un style très Battlelorien, puis se dresse par l’intermédiaire d’une rythmique corrosive, plus disposée à s’allier au chant. Néanmoins, tout ceci aurait tendance à s’effriter par la suite. Il n’y aurait pas véritablement de cohérence, d’adhérence, et le chant donnerait trop l’impression de subir plutôt que d’agir.

Le chant prendrait cette fois de la vigueur sur « Relik », uniquement parce que les instruments sont pris de paresse. Du pagan guerrier et épique que l’on envisageait au début, on se retrouve avec une structure très allongée et très progressive. Ils insisteraient beaucoup sur l’effet contemplatif du morceau, ajoutant avec parcimonie quelques effets mélodiques. Le tout n’est pas des plus techniques ou des plus transcendants, mais se laisse assez tranquillement apprivoiser. Repos et contemplation seront aussi au rendez-vous à l’écoute d’« Illvilja ». On suivra avant tout la douceur du courant marin et la guitare acoustique avant que ne s'élance un pagan rugueux accolé à un fond doom gothique. La seconde moitié de piste, s’illustrant notamment par quelques gueulements bourratifs, a la fâcheuse tendance à faire perdre la magie initialement rencontrée. La lassitude viendra naturellement au bout.

A la différence d’« Iillvilja », plus dynamique, plus aventureux aussi, « Kamp » a de fortes chances de rencontrer ample succès. La partie mélodique est idéalement dosée, le rythme se révèle lui très entraînant. Le refrain, dans la pure simplicité, fait directement mouche dans nos esprits. Il s’agit là de l’instant féérique tant attendu. Le titre est tout aussi complet que parait l’être l’ascensionnel éponyme arrivant en fin d’album. Ce dernier se distingue avant tout par ses blasts et sa redoutable puissance d’action. Des vagues impressionnantes se déclenchent et marquent momentanément des arrêts brusques pour laisser place à la tendresse, à la mélodie. Il y a dans cette piste marquante un entrain, une richesse que l’on aurait souhaité croiser en tous moments durant cet album. Le titre « De Ödeslösa » fait presque oublier certains des titres les plus contrastés et laborieux de ce septième opus de « Thyrfing ».

Loin des applaudissements admiratifs et des huées, « Thyrfing » sort un album tout ce qu’il y a de plus correct. Le renfort symphonique décelé sur ce « De Ödeslösa » n’a pas été véritablement une aide pour le groupe, cédant ainsi au phénomène de mode symphonique, désormais de plus en plus présent chez les grosses pointures du pagan metal. Le changement signalé aboutit à l’émergence de qualités et de complications nouvelles. On passe à travers ce disque du fuyant, du compact, au divin décomplexé. Cette musique n’est pas satisfaisante dans son intégralité. Même s’ils s’en sortent très honorablement, certains éléments osent échapper à la maîtrise de nos vikings. Comme quoi, il ne suffit pas d’un seul bras fort pour soulever au-dessus de soi une couronne de majesté.

14/20

13 Commentaires

7 J'aime

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traumatismecranien - 22 Mars 2013: serieusement l'un des meilleurs albums que j'ai écouté depuis bien bien longtemps...j'ai du deja me le repasser au moin une 10aine de fois! un must have les yeux fermés!
traumatismecranien - 22 Mars 2013: je tiens a preciser que je suis un fan de la premiere heure! et dans une certaine mesure je peux comprendre que cet album puisse rebuter un peu a la premiere ecoute, mais si j'ai un conseil a donner c'est de le réecouter, cet album possède réellement une ame contrairement aux nombreuses releases qui sortent a tout va ces derniers temps...a bon entendeur
Pipotron3000 - 05 Avril 2013: En tout cas, le précédent me fait de l'oeil ;)
Je reviendrai à celui-ci après, pour sentir l'évolution dans le sens historique du terme.
Je précise que je ne suis vraiment pas "client" de ce genre à la base, mais je m'y met. Et "Hels Vite" m'a bien accroché :D
Merci pour la kro qui m'a fait découvrir encore un très bon groupe !
Dromedario - 21 Décembre 2013: C'est vrai que le dernier morceau est tout simplement énorme, et qu'on en aurait voulu plus comme ça durant l'album, mais je le trouve quand même bon ce disque, pour ma part ça tournerait plus vers 15 voire 16, peut-être parce que c'est le premier album que je découvre du groupe.

Une belle chronique :)
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