Dark Waters

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Nom du groupe Boudika
Nom de l'album Dark Waters
Type EP
Date de parution 17 Mars 2013
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Dark Waters
 04:49
2.
 Lady of the Lake
 04:14
3.
 Fallen Angel
 04:04
4.
 Mystic River
 04:14

Durée totale : 17:21

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Boudika


Chronique @ ericb4

25 Fevrier 2015

Prendre le temps d'affiner son propos musical, telle est la devise à suivre pour le jeune combo argentin !...

Pourvoyeuse de groupes de metal symphonique à chanteuse depuis quelques années déjà, la nation argentine n'a de cesse de réalimenter l'espace auditif de son public en troupes de tous poils. Cette fois, elle nous propose un combo fraîchement sorti de terre à l'instar de ce sextet tout droit venu de Villa Constitucion. Encore à ses balbutiements dans son vaste pays et quasiment inconnu dans le reste du monde, Boudika s'élance prudemment sur cette scène metal déjà largement courue par nombre de ses pairs. Simplement un EP de quatre titres d'égale longueur et qui s'enchaînent sur à peine plus de dix-sept minutes de plages endiablées, telle est la teneur du message que tient à nous livrer notre jeune troupe sud-américaine.

Commençons par un bref tour de table afin de faire connaissance. Ses membres fondateurs englobent la mezzo-soprano Eve Giusti et le guitariste Mariano Colle, créant le groupe en 2010. Le bassiste Fede Moore et le claviériste Leo Moore les rejoignent rapidement lors du premier line-up et y sont toujours à l'oeuvre. Le guitariste Mauro Sollier s'y accole dès 2012 et le batteur Julio (aka Gura) apparaît pour l'occasion, ayant succédé à Carlos Mandon en 2013. De cette collaboration naît une musique rythmiquement émoustillante, techniquement déjà opérationnelle, une personnalité artistique identifiable. On se situe dans un metal symphonique à tendance gothique, où les ambiances sont parfois sulfureuses, voire engloutissantes.

Pas de doute, le groupe a beaucoup écouté ses aînés et a été influencé notamment par Nightwish, Epica et Within Temptation, sur le plan de la technique vocale. On y retrouve aussi l'empreinte de Stream Of Passion et d'After Forever concernant la manière de déployer les inflexions le plus justement et finement possible. Quant à la partie instrumentale, Dream Theater, MetallicA, Sonata Arctica et Rhapsody ont été les fers de lance de leur projet, que ce soit sur le riffing, l'espace percussif, les arpèges et l'harmonisation du champ orchestral. Ainsi, avec ses moyens propres, le combo s'est calé dans l'ombre de ses modèles identificatoires pour nous servir un condensé de son savoir-faire.

La plupart du temps les sonorités sont percutantes, à la lumière de rythmiques fulminantes, de riffs colériques, de basses furieuses et de remarquables montées en puissance du corps vocal de la sirène. C'est dire que rares sont les instants mous du genou. Aussi, les headbangers y trouveront de quoi se sustenter. Dans cette lignée, l'oreille ne manquera pas de percevoir un piano enjoué couplé à des riffs revêches sur « Fallen Angel ». Sur ce titre truculent, on observera les soufflantes sinuosités vocales de la diva, délicieusement atmosphériques et à la puissance maîtrisée, à la façon de Tarja, avec moins d'emphase tout de même. Ainsi, couplets et refrains, au regard d'une ligne mélodique nuancée, se parcourent sans encombres. De plus, un break au piano laisse rapidement s'exprimer en reprise un solo de guitare véloce et non sans charme. Une belle amplitude vocale s'installe alors pour nous enlacer et ne plus nous lâcher jusqu'au bout.

Mais, le combo argentin réserve d'autres surprises non moins épicées. Une rythmique plus rocailleuse laisse galoper des riffs sauvages sur le vivifiant « Lady of the Lake », qui ne sont pas sans rappeler Rhapsody. Le tout s'enrichit d'un solo de guitare au picking aussi alerte qu'adroit et d'arrangements invitants. Quant au champ vocal, des screams viennent à la rencontre des envolées lyriques d'Eve, sur le modèle de la Belle et la Bête. Malgré ces qualités, la piste témoigne d'imprécisions du chemin harmonique, rendant ainsi les couplets assez linéaires et surtout les refrains bien ternes. Ce regard vaut aussi pour l'outro « Mystic River », titre pourtant finement écrit. Lui également scénarise une double-caisse entraînante, un tantinet fougueuse, et des riffs cinglants. Les plages instrumentales ne sont pas en reste, les arrangements s'avérant de bonne facture, la lead guitare agréable. S'y accole un ravissant solo de guitare dans l'esprit de Sonata Arctica. En outre, un break opportun laisse un synthé glisser sur de beaux arpèges. Cela dit, malgré les modulations expertes de l'interprète, dans l'ombre de Simone Simons (Epica), la ligne de fond se révèle en-deçà de nos espérances. En effet, les couplets n'offrent que peu de lumière mélodique et souvent ratent leur cible. Quant aux refrains, ils ne pourront compenser cette carence tant ils nous embourbent dans des sinuosités aléatoires.

Qu'en est-il alors de l'entame, titre éponyme de l'opus ? Bien amené par des choeurs, calé sur un mid-tempo et des riffs rageurs, ce morceau paraît lui aussi souffrir d'accords malhabiles affectant les couplets au point de les affadir sérieusement. Néanmoins, grâce aux impressionnantes montées en voix pleine de la chanteuse, les refrains sauvent la mise. On regrettera cependant l'arrivée de screams venus partager le micro avec la belle, assombrissant l'ambiance d'un morceau qui n'en avait pas besoin. Enfin, si l'on remarque un beau pont technique, les finitions manquent à l'appel, notamment en bout de piste, la chute s'avérant bien brutale pour nous retenir.

On ressort de l'écoute de cette modeste galette avec le sentiment partagé entre d'une part, la perception d'un produit dynamique, techniquement convaincant, signé par un groupe ayant oeuvré avec détermination sur son projet. D'autre part, on reçoit un rendu final classique dans sa forme, peu original dans ses gammes et pas toujours du meilleur effet concernant ses accords. En outre, on aurait souhaité un album plus nourri en nombre de pistes et plus diversifié dans ses ambiances comme dans sa rythmique, avec notamment une ballade.

Aussi, à ce stade de leur évolution, l'impact de cet EP risque d'être moindre, étant susceptible d'intéresser une frange relativement limitée d'un public orienté metal symphonique, ce dernier étant d'ailleurs de plus en plus habitué aux prestations inspirantes de groupes plus aguerris. On pourra donc se laisser tenter par une ou deux écoutes, pour le plaisir de la découverte. Laissons encore à cette jeune formation le temps d'affiner son propos musical pour nous convier à une œuvre plus immersive. Il en a le potentiel et l'ambition affichée d'en découdre avec la concurrence. Affaire à suivre, donc !

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