Chaos Theory

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Nom du groupe Boudika
Nom de l'album Chaos Theory
Type Album
Date de parution 15 Juin 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 The Flapping of a Distant Butterfly's Wings
Ecouter00:52
2.
 Another Day Under the Rain
Ecouter04:46
3.
 The Chaos Theory
Ecouter04:26
4.
 Mr. Hyde
Ecouter04:00
5.
 The Tides of Doubts
Ecouter03:18
6.
 Master of Your Own Thoughts
Ecouter03:51
7.
 Black Mirror
Ecouter04:33
8.
 Self Paradox
Ecouter03:49
9.
 Forgotten Hope Reloaded
Ecouter03:44

Durée totale : 33:19

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Boudika



Chronique @ ericb4

08 Juillet 2019

De fil en aiguille, l'araignée argentine tisse sa toile...

Les événements se sont succédé à la vitesse grand V pour l'expérimenté combo argentin depuis sa sortie de terre, en 2009. Après des débuts tâtonnants, à l'instar de son introductif EP « Dark Waters » (2013), la troupe sud-américaine nous octroie, deux ans plus tard, un premier et flamboyant album full length éponyme, avant de revenir à la charge, en 2018, muni d'un second et ragoûtant EP dénommé « Doppelgänger ». Reprenant deux des titres de ce dernier et offrant une version remixée de leur single "Forgotten Hope", le présent opus, « Chaos Theory », sort quelques mois à peine suite à son prédécesseur ; une auto-production où 9 pistes se succèdent sur une bande auditive de 33 minutes tout au plus.

Entre temps, le collectif a multiplié ses apparitions scéniques, asseyant alors peu à peu sa notoriété en Amérique du Sud. Etape cruciale de son parcours, qui lui a donné l'opportunité de partager l'affiche avec quelques pointures du genre, desquelles il a d'ailleurs, et depuis le début, puisé son inspiration, dont : Nightwish (Estadio Luna Park et Estadio Malvinas à Buenos Aires, en octobre 2015 et septembre 2018 respectivement) ; Xandria (Roxy Lve, Palermo, à Buenos Aires, en octobre 2016) ; Sonata Arctica (Teatro Vorterix, à Buenos Aires, en mai 2017) ; Epica (Teatro de Flores, à Buenos Aires, en mai 2018). Une carte de visite des plus substantielles et qui laisse à penser que, neuf années suite à sa fondation, le collectif argentin souhaite désormais étendre le champ de son auditorat à l'international. Cette seconde offrande de longue durée lui en autorisera-t-il l'accès ?

Dans ce dessein, le line-up du précédent effort a subi une légère retouche. En effet, à bord du navire, nous accueillent désormais : Eve Giusti au chant ; Mariano Colle et Ignacio Ramos aux guitares ; Juan Alejandro Gomez à la basse et Nicolas Podestá à la batterie, récemment intronisé. Tout comme son aîné, cet opus a été produit par Diego Rugiero et coproduit par Mariano Colle au Studio Thirteen, à Buenos Aires. En ressort une œuvre metal mélodico-symphonique gothique dans le sillage des sources sus-mentionnées et de leurs compatriotes d'Elessär, bénéficiant d'un enregistrement de bonne facture, accusant peu de sonorités résiduelles et octroyant surtout des finitions bien moins lacunaires que naguère. Indices révélateurs d'une sérieuse envie d'en découdre de la part du quintet argentin...

Dans la veine de sa devancière, cette offrande s'avère aussi vitaminée qu'émouvante, réservant par là-même quelques hits en puissance. Ce qu'illustrent « Mr. Hyde » et « Master of Your Own Thoughts », deux sémillants méfaits aux riffs épais issus de leur précédent effort. Au carrefour entre Nightwish (première période) et Xandria (seconde mouture), le premier effort recèle un break opportun aussitôt balayé par la déferlante sur un sémillant solo de guitare. De cette mer démontée où ondulent à l'envi des gimmicks guitaristiques émergent les chatoyantes patines de la sirène, mises en exergue sur un refrain catchy. Quant au second et ''delainien'' manifeste, il vogue sur une ligne mélodique aux délicates nuances. Ce faisant, le tumultueux instant ne nous laisse reprendre notre souffle qu'en de rares occasions. Pour notre plus grand plaisir...

Loin de s'être reposé sur ses acquis, le combo argentin nous livre bien d'autres moments aptes à éveiller d'authentiques plaisirs. Dans cette mouvance se placera également « The Tides of Doubts », tubesque et entraînante plage à mi-chemin entre Delain et Lacuna Coil. Difficile là encore de se soustraire à ces seyantes séries d'accords aux enchaînements sécurisés mises en habits de lumière par les sulfureuses inflexions de la belle. Et comment résister à la vague de submersion qui va s'abattre sur ceux qui auront fréquenté les rivages enchanteurs de « Black Mirror », félin mid tempo dans la droite lignée d'Evanescence, avec un zeste d'Elessär quant à ses arrangements ? Ne tardant pas à décocher un refrain qu'on entonnerait à tue-tête, auquel vient s'agréger un flamboyant solo de guitare que n'aurait nullement Lanvall (Edenbridge), nos acolytes lanceraient dès lors un message fort à la concurrence d'où qu'elle vienne.

Moins directement orientés vers les charts, d'autres espaces d'expression non moins énergisants seront néanmoins susceptibles de recueillir l'adhésion de l'aficionado du genre. Ainsi, on retiendra, d'une part, l'impulsif et ''xandrien'' « Another Day Under the Rain » à la lumière des sidérantes montées en puissance de son corps instrumental, de son bref mais vibrant solo de guitare et d'un cheminement d'harmoniques aussi infiltrant que finement sculpté. D'autre part, calés sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête, les sensuelles volutes de la déesse venant en contre-point des serpes oratoires de son acolyte de growler, et par un judicieux effet de contraste, le frondeur « The Chaos Theory » tout comme le gorgonesque « Self Paradox » imposeront leurs entêtants refrains autant qu'ils intriguent par leurs couplets tourmentés d'inspiration dark gothique aux faux airs de Draconian.

Lorsque nos compères tempèrent un tantinet leurs ardeurs, ils révèlent alors une sensibilité à fleur de peau insoupçonnée. Ce faisant, ils nous invitent à les suivre au cœur d'un environnement propice à l'apaisement de nos plus vives tensions. Aussi, à l'aune de « Forgotten Hope Reloaded », version tonifiée et édulcorée de la power ballade "Forgotten Hope" aux accents orientalisants et dans le sillage d'Epica, la charge émotionnelle délivrée s'avérera des plus difficiles à contenir. Les cœurs en bataille s'abandonneront d'autant plus aisément que les envolées lyriques de la mezzo-soprano gagnent en intensité, la diva allant jusqu'à tutoyer les notes les plus haut perchées. Bref, un instant privilégié que pourraient leur envier les Elvellon, Sleeping Romance et autres Metalwings, et qui fera plier l'échine à plus d'une âme rétive autant qu'il encensera le pavillon de l'aficionado du genre intimiste.

A la lecture de cet opus à la production d'ensemble rutilante, un doux sentiment de plénitude nous gagne. A condition d'éluder le laconique et dispensable instrumental d'ouverture « The Flapping of a Distant Butterfly's Wings », ce second mouvement de longue durée serait donc au rendez-vous de nos attentes, le combo parvenant à maintenir constante l'attention tout en véhiculant une forte charge émotionnelle. En outre, s'y décèlent des lignes mélodiques plus finement travaillées, des harmoniques savamment élaborées et une technicité instrumentale aujourd'hui aguerrie, le combo ayant dès lors élevé d'un cran son niveau d'exigence sur chacune des portées de ses compositions. De plus, une identité artistique se dessine, nos compères parvenant à développer un propos partiellement affranchi de l'influence de leurs maîtres inspirateurs.

Cependant, à l'instar du précédent effort, on aurait souhaité voir inscrits au sein du présent message musical des joutes oratoires plus nombreuses et affirmées, des exercices de styles plus diversifiés, ainsi que l'une ou l'autre prise de risque. Ce qui n'a pas empêché la formation argentine d'afficher de réels progrès en matière de logistique, de finesse d'écriture et au regard des prestations de la mezzo-soprano, aujourd'hui en mesure de tenir la dragée haute à ses homologues. Muni de ce galvanisant et sensible effort, on comprend que le quintet sud-américain s'avère en mesure de tenir la concurrence en respect et qu'il a aujourd'hui une belle carte à jouer pour s'imposer parmi les valeurs confirmées du metal symphonique à chant féminin. De fil en aiguille, l'araignée argentine tisse sa toile...









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