Dancin' on the Edge

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16/20
Nom du groupe Lita Ford
Nom de l'album Dancin' on the Edge
Type Album
Date de parution 1984
Enregistré à The Warehouse Studio
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album111

Tracklist

1. Gotta Let Go
2. Dancin' on the Edge
3. Dressed to Kill
4. Hit n' Run
5. Lady Killer
6. Still Waitin'
7. Fire in My Heart
8. Don't Let Me Down Tonight
9. Run with the $

Chronique @ PhuckingPhiphi

04 Novembre 2020

Lita Ford pose le pied sur la première marche de l’escalier qui mène au succès

Si “Out for Blood”, le premier album solo de Lita Ford, fut plus mémorable pour sa pochette que pour son contenu, il avait néanmoins réussi à imposer son image de Hard Rockeuse dans un paysage métallique 1983 encore bien pauvre en représentantes du sexe faible. Pour autant, ce premier effort avait échoué à susciter l’engouement et c’est pourquoi la chanteuse guitariste, sans doute consciente des lacunes tant techniques que créatives du disque, décida de soigner davantage son second effort dans l’espoir d’accrocher durablement le feu des projecteurs.

Premiers à faire les frais de cette remise en question, Dusty Watson et Neil Merryweather se voient remerciés pour être remplacés respectivement par Randy Castillo à la batterie (lequel accompagnera quelques temps plus tard Ozzy Osbourne lors d’une des périodes les plus fastes de sa carrière) et Hugh McDonald à la basse (qui, de son côté, officiera longtemps dans l’ombre de Bon Jovi, avant d’en intégrer enfin les rangs officiellement en 2016). Miss Ford s’offre également un producteur à part entière en la personne de Lance Quinn et abandonne la Californie pour enregistrer à New York et à Philadelphie, notamment aux studios Warehouse où Quinn retravaillera peu après pour mettre en boîte ”7800° Fahrenheit” de Bon Jovi. Enfin, des musiciens de session font leur apparition, notamment Jeff Paris aux claviers (crédité sous son vrai nom de Geoff Leib), dont la mission va consister à présenter le Hard Rock/Metal cher à Lita sous un jour beaucoup plus grand public.

Premier bénéficiaire de cette montée en gamme : le son. De ce côté, “Dancin’ On The Edge” marque une amélioration considérable par rapport à l’aspect “garage” de son prédécesseur. Finie la production anémique et grésillante, l’album est cette fois-ci doté d’un enregistrement beaucoup plus propre et précis, où les instruments s’harmonisent de manière satisfaisante pour un rendu qui n’a guère à rougir au regard des standards de 1984. Le chant de Lita semble désormais mieux maîtrisé et les claviers, évoqués ci-dessus, commencent à tirer l’ensemble vers un Hard FM à même de séduire massivement les radios US. Reflet de cette approche plus mature, la pochette tourne le dos au cliché de la dominatrice SM du premier album pour nous montrer une Lita beaucoup plus sobre : certes, la miss est toujours toute de cuir vêtue et demeure dans une attitude typiquement “Rock’n’Roll”, mais le grand-guignol est cette fois aux abonnés absent, faisant gagner à la galette en crédibilité ce qu’elle perd en tape-à-l’œil.

En termes de composition, les morceaux sont clairement plus travaillés : on sent qu’un effort a été fait pour trouver le refrain accrocheur, le riff dansant ou le petit arrangement subtil qui fera la différence. À ce titre, les velléités “radio friendly” du premier single “Gotta Let Go” ne laissent planer aucun doute : mélodie pop, son de guitare bien lisse, refrain “Arena Rock” typique soutenu par des chœurs guillerets qu’un synthétiseur n’hésite pas à venir appuyer, on est loin du côté cru et rugueux d’”Out for Blood”.

Le tempo s’accélère pour l’énergique morceau-titre, l’une des rares pièces (relativement) rapides dans un ensemble de chansons plutôt dominées par un mid-tempo assez linéaire. Des titres comme “Dress To Kill” alourdissent quand même légèrement le propos, non sans se départir de refrains taillés pour être repris en chœur, alors que le motif de guitare de “Fire In My Heart” préfigure un peu, toutes proportions gardées, les riffs acidulés qu’un Steve Vai apposera sur les albums de David Lee Roth un an plus tard. Au détour de “Lady Killer”, on sent bien que Miss Lita traînait alors régulièrement avec Nikki Sixx et sa bande, tant le riff est semblable à celui de “Looks that Kill”, parue un an plus tôt sur le mythique “Shout At The Devil” du Crüe ; malheureusement, la chanson est loin d’avoir l’impact de son modèle. De manque d’impact, il en sera hélas également question avec plusieurs autres morceaux pas très folichons, comme “Hit And Run”, “Still Waitin’” ou l’obligatoire ballade “Don’t Let Me Down Tonight”, qui peinent à marquer les esprits par leur formule dénuée de toute originalité. Comme sur son disque précédent, Lita fait tout de même le (bon) choix de finir par un titre particulièrement dynamique, “Run With The $”, dont le tempo enlevé et la basse entraînante font mouche et permettent d’achever l’album sur une bonne impression.

En cette année 1984 où le passage par la case MTV est devenu incontournable pour espérer décrocher la timbale, les chansons “Gotta Let Go” et “Dressed to Kill” auront droit à leurs video-clips (la seconde avec une apparition de M. Tommi Iommi himself, alors en couple avec Lita Ford à la ville). Curiosité inhabituelle, “Dancin’ On The Edge” aura elle-aussi sa vidéo, mais trois ans plus tard, pour surfer sur le succès massif que rencontrera l’album “Lita” en 1988.

Mais n’anticipons pas : pour l’heure, Lita Ford revient avec un second disque correct, dépouillé des imperfections techniques de son prédécesseur, sûrement mieux composé et plus compact, mais d’où peinent à se détacher de véritables chansons marquantes. Si l’ensemble s’écoute encore aujourd’hui sans déplaisir, il faut bien admettre que, passé le goût agréable de Madeleine de Proust qu’il procure, il fait pâle figure à côté des innombrables chef-d’œuvres du Heavy Metal parus cette année-là. Les mauvaises langues auront d’ailleurs beau jeu de prétendre que, sans son joli minois et son image de rockeuse “badass”, Lita Ford aurait pu s’enfoncer dans un relatif anonymat après ce second effort en demi-teinte. Ceci n’empêcha pas pour autant l’album d’accrocher une respectable 66e place au Billboard US et Lita d’être nominée au Grammy Awards 1985 pour la meilleure performance vocale féminine en catégorie Rock, en compétition avec une autre amazone sauvage, l’ex-Plasmatics et incendiaire Wendy O. Williams (ce qui en dit long au passage sur la place qu’occupait alors le Heavy Metal dans le paysage musical américain, que l’auteur de ces lignes contemple du fond d’un puit de nostalgie insondable).

Avec ce second opus plus abouti, Lita Ford pose le pied sur la première marche de l’escalier qui mène au succès. Néanmoins, il lui manque encore LE hit, le tube imparable qui met le turbo à une carrière et propulse son interprète vers les sommets des classements. Ce moment viendra, mais pour la belle blonde, il faudra encore patienter trois années de plus.

14/20

4 Commentaires

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samolice - 05 Novembre 2020:

Big merci Phiphi pour ces chros des albums de Lita. Je commence par celle-ci car c’est l’unique album de la miss que je possède en format physique, quand bien même je connais bien ou très bien les 5 premiers. 

Déjà, je trouve cool de mettre en avant la zique de Lita Ford et donc de parler d’elle pour autre chose que pour ses ex relations intimes, Chris Holmes et Tony Iommi plus particulièrement (tiens d’ailleurs ce dernier et sa jolie moustache viennent faire un petit coucou au début du clip de « Dressed to kill »). 

Pour la zique donc, revenons à l’essentiel, je partage entièrement ton ressenti sur ce disque, et ce jusqu’à la note. Dans un style similaire, ce disque est meilleur à mes oreilles que le « Call Of The Wild » de Lee Aaron. Du bon hard rock, pas trop méchant, sur lequel j’ai été assez surpris d’entendre de si bonnes parties de guitares (la partie finale de la title track avec son long solo est vraiment sympa). Sais tu si Lita a joué tous les soli sur  ce disque ? Quand on regarde le clip de « Dancin’ on the edge » on s’apperçoit que ce n’est pas le cas mais tu as précisé dans ton texte que ce clip a été tourné 3 ans après l’enregistrement du skeud (info que je n’avais pas, merci).

Je termine en disant que je gerbe à l’écoute de la ballade « Don’t let me down tonight » ; c’est tout ce que je peux plus blairer. Pas facile du tout de composer une bonne ballade…

darkstef - 05 Novembre 2020:

J'avais écouté le 1er album sans accrocher, mais j'avais craqué immédiatement sur celui-là. A part la ballade, j'ai aimé tous les morceaux. En plus avec 1 de mes batteurs favoris : Mr Randy Castillo (putain de solo avec ozzy aux monsters of rock!).

Mon regret c'est de ne jamais l'avoir vu en live.

Merci pour ta chro qui m'a pas rajeuni !!

largod - 05 Novembre 2020:

Merci Phiphi de nous rajeunir et nous rappeler de vieux souvenirs d'adolescent. Tu parles DU hit, le tube imparable. Eh bien "Gotta let go" n'est pas loin de cette cible pour moi. En attendant, bravo, super cool d'enchainer tes papiers sur la divine Lita Ford qui ne viendra finalement pas à Vouziers en 2021...Dommage.

DIO41 - 06 Novembre 2020:

Lita FORD, Lee AARON, et Wendy O Williams !! C'est pointu et ça sent bon l'adolescence métalleuse des mid-80's qui aimait le "Sex and Rock'n'Roll". Lady Killer et Gotta Let Go sont des morceaux que j'écoute toujours avec plaisir.

Merci en tout cas pour la chronique qui m'a ramené quelques instants sur les bancs de classe entre le collège et le lycée.

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