Coma Ecliptic

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17/20
Nom du groupe Between The Buried And Me
Nom de l'album Coma Ecliptic
Type Album
Date de parution 10 Juillet 2015
Produit par Jamie King
Enregistré à The Basement Studios
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album51

Tracklist

1. Node 03:31
2. The Coma Machine 07:35
3. Dim Ignition 02:16
4. Famine Wolf 06:50
5. King Redeem / Queen Serene 06:58
6. Turn on the Darkness 08:26
7. The Ectopic Stroll 07:02
8. Rapid Calm 07:59
9. Memory Palace 09:54
10. Option Oblivion 04:32
11. Life in Velvet 03:38
Total playing time 68:31

Chronique @ Eternalis

27 Juillet 2015

Between the Buried and Me continue néanmoins de tracer sa route avec talent, technique, passion et ne recule devant rien

L’intérêt majeur des groupes cherchant à constamment se renouveler est cette perpétuelle surprise qui émane des nouvelles créations. Cherchant le contrepied permanent, de nouvelles ambiances et des terrains inexploités, ils sont sources de déception, d’enchantement mais invoquent le respect par cette quête du graal, cette voie que certains trouvent vaine, eux qui préfèrent rester dans le confort d’une formule maîtrisée et déjà éprouvée.

Between the Buried and Me, au début sous-estimé, fait partie de cette jeune vague progressive extrême d’un niveau technique impressionnant et d’une folie créatrice les plaçant parmi les ovnis musicaux les plus excitants du début de la décennie. Un virage important s’opéra avec "The Great Misdirect" et surtout les deux "Parallax" (notamment "Future Sequence", la seconde partie) qui intégraient de plus en plus de parties progressives mélodiques, de chant clair et de phases très planantes, au point où ces dernières étaient désormais prioritaires sur les accès de folie et non plus là pour aérer les compositions comme autrefois.
A l’heure où "Coma Ecliptic" voit le jour, il est évident que la bande à Tommy Rodgers se veut plus conceptuelle que jamais et désire aller encore plus loin dans cette direction, faisant fi de ce que désireraient certains fans ou des médias parfois bien frileux à ces changements constants de style.
Ambitieuse histoire écrite sur la vie d’un homme désirant se retirer du monde réel pour s’éloigner dans ses propres rêves (amenés à devenir des cauchemars), "Coma Ecliptic" est aussi le prisme d’un monde ne sachant plus comment faire face à l’adversité, préférant se cacher que se battre ou se réfugier dans un monde parallèle qu’il espère moins pernicieux et hostile.

Musicalement, ce nouveau disque est très différent de ses prédécesseurs. Très varié, ne possédant que de rares effusions de violences, "Coma Ecliptic" se rapproche plus volontairement d’un Dream Theater, voire d’un Ayreon dans le fond mais très rarement d’un The Dillinger Escape Plan. Un côté théâtral, parfois burlesque émane d’une composition comme "The Ectopil Stroll" qui ne ressemble à rien de ce qu’a pu nous proposer le groupe précédemment. Un piano presque funky, des vocaux hallucinés, des plans techniques dignes d’un Devin Townsend Project et surtout une folie de tous les instants sans pour autant ne miser que sur la violence débridée du passé. Le déséquilibre provient de multiples points et on ne peut qu’être transporté dans une telle déferlante d’émotions.
Des émotions qui changeront radicalement d’un sublime et intime "Node" (ouverture du concept) à un froid et mécanique "Dim Ignition" qui utilise l’électronique pour symboliser la déshumanisation du personnage, sa perte de réalité, la fausseté de son monde. Les guitares s’absentent, le chant se cache parfois derrière un vocodeur mais Tommy brille également par sa faculté à passer d’envolées pures à des phases plus étranges, presque fantomatiques.
Si les musiciens démontrent bien évidemment leurs qualités d’exception, ce type d’album est souvent porté par la voix et "Coma Ecliptic" ne déroge pas à la règle. "King Redeem - Queen Serene", par exemple, se repose au début presque uniquement sur les lignes vocales avant une délicieuse montée en puissance, l’introduction des guitares, de l’orgue et surtout l’intervention des growls qui intensifient en quelques instants la composition de plusieurs degrés. On y retrouve ainsi, par intermittence, l’ancien Between qui ressurgit sporadiquement comme pour démontrer que non, le groupe n’est pas encore prêt à abandonner complètement la violence et la dualité émotionnelle qu’elle procure.

Globalement très longs, les titres de l’album suivent le concept mais forment un ensemble global, rendant difficile l’écoute indépendante des pistes. Il faut vraiment écouter le disque en entier pour avoir une vision totale de l’œuvre, sans quoi la difficulté d’accès pourrait rapidement avoir raison de l’auditeur. "Rapid Calm" développe une atmosphère très aérienne et planante, à l’inverse d'un "Memory Palace" de dix minutes qui suit et qui débute dans une ambiance très rétro (ces claviers) et ce riff qui démontre comment sonnerait un morceau écrit quarante ans plus tôt, sans sonner comme tous ces clones des 70s qui inondent le marché. Très complexe dans sa structure mais pourtant si simple à appréhender (pour peu que vous soyez habitués aux titres à tiroirs), "Memory Palace" est un étendard de ce que pratique le groupe aujourd’hui et probablement de ce qu’il fera demain, même si Between the Buried and Me aime jouer à muter constamment.
Ce qui pourrait, en revanche, manquer et être décevant dans "Coma Ecliptic" c'est une absence quasi-totale de morceaux amenés à devenir des classiques, de titres sortant complètement du lot pour se détacher et représenter le disque à l’avenir. Les Américains ont tellement créé un ensemble cohérent qu’il devient quasi impossible de ne ressortir que quelques instants, ce qui risque non seulement de le rendre difficile à reproduire en live (quoiqu’ils ont déjà évoqué la possibilité de le jouer en intégralité, ce qui résoudrait le problème) mais également de le positionner réellement. Entendons par là que si l’ensemble est d’un très haut niveau de composition, il manque certains pics d’intensité et des passages proprement déments qui marquent sur le long terme. Les inconditionnels seront probablement ravis mais il est certain que ce n’est pas avec cet album que le groupe risque de rallier de nouveaux fans, tant il n’est pas évident à appréhender.
Between the Buried and Me continue néanmoins de tracer sa route avec talent, technique, passion et ne recule devant rien pour évoluer. Une belle preuve d’intransigeance artistique et de libertés individuelles manquant cruellement aujourd’hui. Une prouesse à saluer.

9 Commentaires

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David_Bordg - 30 Juillet 2015: Il me tarde de l ecoute ce skeud!!
Nodiva - 11 Août 2015: OMFG!!! Quel horrible album! J'ai du mal à croire que c'est BTBAM. Certe la prod' est bonne, mais je n'aime vraiment pas ce style, ils ont carrément mis un fuck à la violence pour être plus guimauve que du metalcore! J'avoue qu'ils ont fait fort ;)
Djal - 23 Mars 2016: Je découvre ce groupe. Cet album est incroyable ! Un enchaînement de voix pop et Death, un batteur hallucinant, des compositions alambiquées, beaucoup d'émotions et d'audace. Trop envie de connaître leur discographie complète !
Icare - 15 Mars 2017: Hello Eternalis, tu comptes chroniquer le live?
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