Fondé au tout début des années 90 et articulé autour de l'emblématique leader/vocaliste Efthimis Karadimas,
Nightfall est, avec son imposant voisin
Septicflesh, l'un des deux acteurs majeurs de la vieille scène death metal grecque. Une scène atypique qui ne se caractérise pas vraiment par sa volonté de repousser les limites de l'extrême mais plutôt par son aspect mélodique et ses tendances gothiques et/ou doom. Le groupe livre trois albums durant la première moitié de la décennie 90 avec le label français Holy Records, culminant sur l'invincible "
Athenian Echoes" et son mélange harmonieux de toutes les influences précitées.
Cependant, et par un mimétisme singulier avec son confrère
Septicflesh (époque "A
Fallen Temple" / "Revolution DNA"),
Nightfall vit ensuite ce qui s'apparente à une traversée du désert, laissant un peu de côté le death metal pour s'orienter vers un style (et un concept) bancal, sorte de gothic metal/rock mièvre agrémenté d'expérimentations pour le moins mal maîtrisées, sur les insipides "
Lesbian Show" (1997) et "
Diva Futura" (1999). Après deux autres sorties pas beaucoup plus marquantes dont ''Lyssa'' (2004), l'intégralité de l'effectif d'alors (qui incluait
Bob Katsionis et
George Kollias, excusez du peu) s'envole vers d'autres cieux, laissant Karadimas plus ou moins seul à bord, épaulé uniquement par le claviériste Stathis Cassios.
Quelques années plus tard, et contre toute attente, le leader parvient pourtant à remonter un line-up complet en recrutant deux musiciens étrangers, le guitariste américain Evan Hensley et le batteur allemand Jorg Uken, et à décrocher un deal avec l'écurie
Metal Blade. Cerise sur le gâteau, "Astron Black" (2010) renoue de manière inspirée et fort réussie avec le style épique originel de la formation. C'est donc moins de trois ans plus tard que
Nightfall revient avec "
Cassiopeia", de nouveau capturé (entre autres) au Soundlodge Studio personnel du batteur allemand et servi par un artwork particulièrement classieux.
Le morceau "Oberon and Titania" faisant partie des titres dévoilés à l'époque en avant-première et reprenant l'histoire tragico-comique des protagonistes du "Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare, satisfait déjà pleinement les attentes. On retrouve sur cette composition finement ciselée un riffing tour à tour très direct et efficace puis plus lyrique et poignant, le growl charbonneux de Karadimas reconnaissable entre mille, de fines pointes de clavier et pour parachever le tableau, un magnifique solo débridé d'inspiration heavy metal. L'ensemble étant servi par un son puissant et clair sans être synthétique.
Dans la lignée de ce titre, la première moitié d'album est un véritable sans faute avec des morceaux différents dans leur approche mais tous liés par ce riffing puissant et mélancolique et par ces délicieuses mélodies sombres. On retrouve également en fil rouge ce côté épique et majestueux comme sur l'excellent "The Nightwatch", son riff principal imparable et ces "hey" clamés qui dynamisent formidablement l'ensemble, peut-être le morceau qui se rapproche le plus dans l'esprit des titres cultes de l'époque "
Athenian Echoes". "Colonize Cultures" ou "Hubris" offrent également des passages plus directs où le batteur Jorg Uken montre qu'il peut faire bon usage de la double pédale voire même blaster si nécessaire. Enfin la grande qualité des leads et soli (avec la participation de Constantin Kotzamanis en guest) apporte le cachet nécessaire à l'ensemble, déjà assuré cela dit par le growl inimitable du leader.
Alors qu'on peut tout juste noter une légère baisse d'intensité sur la deuxième moitié du disque, des titres parviennent toutefois à tirer leur épingle du jeu comme le très accrocheur "
Hyperion" et surtout le fabuleux morceau final "Astropolis" avec ses changements de rythme judicieux et son riffing une fois de plus imparable, clôturant l'album sur une dernière note très positive.
Nightfall confirme donc son retour en forme avec ce "
Cassiopeia" classieux et d'un très bon niveau, à conseiller en compagnie de son prédécesseur "Astron Black" à tous les amateurs du style originel de la formation.
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