Airbourne : Un groupe auquel, personnellement, je dois beaucoup, car c'est bien lui qui m'a induit dès mon plus jeune âge dans ce milieu musical qui a grandement forgé mon identité. C'est cependant une chronique des plus objectives que je vais essayer de réaliser.
Longtemps et probablement encore comparé à ses frères, ou carrément grands-pères, il faut le dire, du titan
AC-DC, de par sa musique semblable et ses mêmes origines, le quatuor australien a su assez aisément se trouver une place enviable sur la scène
Hard Rock. Pour rappel, après une démo en 2004 passée relativement inaperçue, leur premier album Runnin'
Wild fait l'effet d'une bombe, révélant un groupe que n'importe quel amateur d'AD-DC ou même tout simplement de
Hard Rock ne pourrait s'empêcher d'écouter en tapant du pied. Simple, efficace, dynamique, ce premier disque est une réussite. Le groupe profite alors de son élan pour pondre en 2010 puis en 2013 deux nouveaux albums, trouvant toujours leur succès reposant sur une recette simple et efficace.
Et, en cette année 2016, les gaillards reviennent avec «
Breakin' Outta Hell », leur quatrième album full length. Et c'est à croire que leur
Hard Rock n'a plus vraiment de secrets, tant il est devenu prévisible.
Plus les albums passent, plus le budget semble réduire quant à la pochette. Alors qu'elle était relativement riche sur les deux premiers albums, celle de «
Black Dog Barking » nous décevait déjà avec sa simplicité déconcertante, et cette dernière nous montre un Joel seul, et dépecé... et c'est quand même laid.
Quant à la structure des morceaux, celle-ci n'a presque pas évolué, soyons francs. Dès le premier titre éponyme, l'impression d'entendre « Runnin'
Wild » se fait déjà sentir, ou même «
Live It Up » qui possède exactement la même structure.
De plus, de nombreux titres ne sont que de simples réchauffés du passé, pour ne citer qu'eux : « Get Back Up » qui ne semble être qu'une pâle copie de « Steel Town" (qui lui-même était celle de « Fat City ») ; « I'm Going To
Hell For This » aux riffs rappelant clairement «
War Machine » d'
AC-DC (si si, sur le refrain en particulier).
On décèle, heureusement, un tant soi peu de diversité, avec l'excellent « Thin The
Blood » qui vous donnera l'impression d'agir sous méthamphétamines avant de dégueuler dans un fossé. Sans oublier le sympathique « When I Drink I Go Crazy », au départ immédiat et aux lignes de basses un peu dégagées, qui sera sûrement l'un des meilleurs passages de l'album, collant parfaitement à l'image du quatuor.
Quelques morceaux plus lents trouvent également leur place, notamment le très entraînant «
Rivalry », ou encore le final « It's All For Rock'N'Roll ». On appréciera beaucoup l'esprit de ce dernier titre, désignant le bel esprit du Rock'N'Roll. Une belle forme d'hommage pour de grands artistes tels notre regretté Lemmy qui, si vous vous en rappelez, avait tourné dans le clip de « Runnin'
Wild », à l'époque où
Airbourne semblait encore innovant... Peut-être même que, finalement, ce titre est un hommage au groupe lui-même ? C'est à méditer...
On comprend que
Airbourne n'a pas changé sa recette d'un iota, se reposant clairement sur ses acquis, la formule « couplet refrain couplet refrain solo refrain » ne semblant pas encore assez usée, car vous la retrouverez sur TOUS les titres de l'album et même sur TOUS les morceaux du groupe.
Alors certes cette production fait son boulot, vous taperez même du pied en récitant le refrain tout en étant en excès de vitesse sur l'autoroute, mais réécouter quatre fois le même album, ça commence à devenir lourd, alors imaginez quand on en sera à une vingtaine...
Soyons clairs, je ne demande pas à
Airbourne de réinventer le
Hard Rock, mais seulement de montrer un tant soit peu d'innovation dans sa musique. C'est peut-être le piège
AC-DC qui se referme sur leur progéniture...
C'est la véritable chronique de l'incarnation d'un vieux con clamant haut et fort que « c'était mieux avant ». Mais, pour finir sur une note assez positive,
Airbourne tient heureusement une forme d'enfer sur scène qui le rend toujours un tantinet intéressant.
Son, choeurs et compositions
Après fairtes votre choix entre ne pas bouder son plaisir et hurler au plagiat
Airbourne au pays des kangourous Acte 4.
On ne change pas une formule qui gagne, ou qui perd, c'est selon.
16/20
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