Brave Dreams

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Nom du groupe Elegy Of Madness
Nom de l'album Brave Dreams
Type Album
Date de parution 22 Décembre 2013
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Suad
 05:27
2.
 Sinner
 04:33
3.
 For You
 05:18
4.
 Run Away
 04:13
5.
 Brave Dreams
 04:45
6.
 Red Dust
 04:49
7.
 Into the Tale
 01:42
8.
 The Spirit of the Sacred Willow
 05:15
9.
 Holding Your Hand
 04:54
10.
 21st March
 05:30
11.
 Uomo (ft. Statico)
 04:06

Durée totale : 50:32


Chronique @ ericb4

14 Mai 2019

Un second vaisseau amiral synonyme de décollage amorcé pour le collectif italien...

Comme pour faire démentir de tenaces préjugés, d'aucuns diront qu'on ne naît pas nécessairement formation metal symphonique à chant féminin, on le devient. Et ce combo italien créé en 2006 par le guitariste Tony Tomasicchio (ex-Next Domination) en serait une parfaite illustration. Quelques mois suite à sa fondation, le groupe réalise son introductive démo « Another Path », laconique auto-production harmonisant alors metal gothique et progressif ; préalable à leur participation à plusieurs festivals locaux (Sziget Festival Contest à Novoli, Rock Mtal Fest à Tarante (leur terre natale) en 2007 ; Divine Rock Festival à Martina Franca en 2008...). Ce n'est qu'en 2009, à l'aune de leur premier album full length « The Bridge of Sighs », que s'amorcera le virage metal symphonique, corroborant ainsi l'assise gothique progressif originelle de leur projet. Une nouvelle orientation stylistique qui marquera de son empreinte chacune de leurs compositions à venir, et qui ne sera pas sans nous renvoyer à Xandria, Delain, Epica, Amberian Dawn, Theatre Of Tragedy et consorts.

Poursuivant sur cette lancée et désireux de faire évoluer son art, le collectif trans-alpin s'est, cette fois, laissé le temps de peaufiner sa logistique et ses arrangements, d'une part, d'affiner ses gammes et ses arpèges, de fluidifier ses lignes mélodiques et de solidifier sa technicité instrumentale, de l'autre. Ce qu'atteste « Brave Dreams », galette généreuse de ses 50 minutes, sortie chez WormHoleDeath quelque quatre années plus tard. C'est au cœur d'une œuvre à la fois vivifiante, énigmatique, charismatique et romantique que nous plongent la mezzo-soprano Anja Irullo, le guitariste et growler Tony Tomasicchio, le bassiste Alex Martina, le batteur Lorenzo Chiafele et le claviériste et violoncelliste Luca Basile. Produit tout comme Lightless Moor par Cristian Coruzzi, mastérisé par un certain Mike Jussila (Finnvox Studios (Finlande)), sollicité, entre autres par Nightwish, Amorphis et Amberian Dawn, enregistré et mixé par Wahoomi Corvi (ayant oeuvré pour Crysalys, Ivalys, Norhod, Racing Age...) au Real Sound Studio (à Parme, en Italie), le présent opus jouit d'une ingénierie du son rutilante, annonçant clairement la couleur des intentions de la troupe...

C'est à la lumière des passages les plus vitaminés que nos acolytes marquent leurs premiers points. Ainsi, on retiendra sans l'ombre d'une difficulté l'entraînant et ''delainien'' « Sinner » pour son seyant cheminement d'harmoniques, sa magnétique ligne mélodique et son bref mais délectable solo de guitare. Mises en exergue sur un refrain certes convenu mais immersif à souhait, les envolées lyriques de la sirène, pour leur part, ne rateront pas davantage leur cible. Lorsque le quintet italien accélère d'un cran le rythme de ses frappes, le spectacle est, là aussi, au rendez-vous de nos attentes. Et ce, à l'aune du tempétueux et ''xandrien'' « The Spirit of the Sacred Willow ». Calé sur un tapping martelant, décochant un riffing roulant adossé à une fondeuse rythmique, le brûlot nous octroie en prime de grisantes variations atmosphériques. Ce ne sont ni les angéliques modulations de la belle ni la qualité des arrangements qui nous feront lâcher prise, bien au contraire. Enfin, on ne saurait éluder le ''nightwishien'' mid/up tempo symphonico-cinématique « 21st March » au regard de ses enchaînements et de son fondant refrain, et ce, en dépit d'un pont techniciste qui ne s'imposait pas.

Par ailleurs, comme pour nous intimer de ne pas quitter précipitamment le navire, le combo se plaît à élargir son spectre atmosphérique. Ce faisant, il nous mène volontiers en d'orientalisantes contrées, parvenant là encore à encenser le tympan. D'une part, à la manière d'un Epica estampé « The Divine Conspiracy », l'énigmatique mid tempo progressif « Suad » nous octroie de sensuels gimmicks guitaristiques, et ce, corrélativement à des riffs inlassablement ondoyants et à de sémillantes rampes synthétiques. A la déesse, eu égard à ses chatoyantes patines et par effet de contraste, de contribuer à feutrer l'ambiance et, par là-même, à enivrer nos sens. D'autre part, dans dans une même mouvance, et cette fois dans le sillage de Xandria (première mouture), « Run Away » imposera sans sourciller ses riffs massifs tout comme son entêtant refrain entonné avec maestria par une mezzo-soprano bien habitée.

Quand la cadence se fait plus mesurée, nos compères trouvent une fois de plus les clés pour nous retenir plus que de raison. Aussi ne pourra-t-on que malaisément se soustraire aux enchanteresses séries d'accords exhalant de « For You », épique et sculptural mid tempo progressif dans la lignée de Xandria (seconde période). Pourvu de riffs crochetés, doté d'un fin legato à la lead guitare et voguant sur une radieuse sente mélodique, le méfait réserve également une sidérante montée en puissance du convoi instrumental. La discrète présence de growls en fin de piste rajoute une opportune touche dark gothique à un espace symphonique progressif essentiellement infiltré par les limpides volutes de la belle. Dans cette énergie, tout en complexifiant à l'envi ses ponts techniques et concédant quelques linéarités mélodiques, l'intrigant mid tempo gothique « Red Dust » livre néanmoins des couplets bien customisés relayés par d'avenants refrains.

Lorsque les tensions s'apaisent, que la lumière se fait plus douce et qu'ils nous adressent leurs mots bleus les plus sensibles, nos compères auraient parallèlement cette rare capacité de libérer une forte charge émotionnelle sans avoir à forcer le trait. Ce qu'illustre précisément « Brave Dreams », savoureuse et romantique ballade aux airs d'un slow qui emballe, mise en habits de soie par les ensorcelantes impulsions de la douce, et que n'auraient reniée ni Delain ni Nightwish. Entamée par un aérien et grisant guitare acoustique/voix, la caressante offrande ne tarde pas à révéler une prégnante gradation du corps orchestral et vocal. Les cœurs en bataille ne chavireront pas moins à l'instar de la délicate ballade atmosphérique « Holding Your Hand » ; moment privilégié qui, dans la lignée d'Epica, nous immerge dans un féerique paysage de notes teinté d'arpèges tout en élégance au piano et assorti d'angéliques et pénétrantes ondulations dispensées par la maîtresse de cérémonie. Quand elle déploie ses ailes, bien malin qui songera à arrêter la colombe en plein vol...

Un parcours certes a-typique qu'a suivi le combo mais qui n'a pas été sans effet sur une sereine et réelle évolution de son projet. Pierre par pierre, son édifice se solidifie, s'étoffant de sonorités inédites et d'exercices de style plus diversifiés aujourd'hui qu'hier, témoignant en prime d'un potentiel technique affermi et d'une production d'ensemble difficile à prendre en défaut. Mis à part le bref, cinématique et somme toute dispensable instrumental « Into the Tale », rares sont les moments de flottement ou d'inutile remplissage concédés par nos acolytes. De plus, si les sources d'influence s'inscrivent en creux eu égard à certaines séries d'accords, force est d'observer que la formation trans-alpine développe un propos aux portées désormais plus personnelles, même si un zeste d'originalité supplémentaire n'eût pas nui au luxuriant message musical. Bref, un second vaisseau amiral synonyme de décollage amorcé pour le collectif italien...

Note : 15,5/20

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