Invisible World

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Elegy Of Madness
Nom de l'album Invisible World
Type Album
Date de parution 24 Janvier 2020
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 Egodemon
 03:36
2.
 Es
 04:10
3.
 Apnoea
 03:49
4.
 Invisible World
 04:30
5.
 Believe
 04:24
6.
 Aegis of Light
 03:41
7.
 Kore
 03:46
8.
 Fil Rouge
 03:14
9.
 Reborn
 03:45
10.
 The Rise of Sinus
 04:20
11.
 Day One
 03:41

Durée totale : 42:56

Acheter cet album

 $20.45  17,14 €  15,59 €  £13.05  buy  14,68 €  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Elegy Of Madness


Chronique @ ericb4

09 Fevrier 2020

Un dévorant et innovant message musical signé par la formation italienne...

De l'eau aura coulé sous les ponts pour le groupe italien créé par le guitariste/growler et arrangeur Tony Tomasicchio il y a déjà 14 ans. Ayant pour devise de laisser le temps nécessaire à la pleine maturité de ses compositions opérer, on comprend que, depuis le début de l'aventure, le combo transalpin n'a nullement cherché à accélérer le cours des événements, loin s'en faut. Aussi, bâtit-il pierre par pierre l'édifice, sculptant scrupuleusement chaque portée, chaque respiration de son oeuvre, pour mieux en asseoir les fondations, essaimant par là même de grisantes séquences d'accords. Ainsi, après la discrète démo « Another Path » (2007), suivie de son premier album longue durée « The Bridge of Sighs » réalisé deux ans plus tard, s'amorcera son réel décollage, et ce, à l'instar de son second et encourageant full length « Brave Dreams » sorti en 2013.

Mais c'est surtout à l'aune de leur troisième méfait « New Era », accouché en 2017, que nos acolytes porteront l'estocade. Un dantesque album qui leur ouvrira largement les portes de la scène metal internationale : Balkan Metal Meeting (Pula, Croatie), première partie d'Amorphis et Batushka au Zoben Um Lemes Open Air Festival (Lone, Lettonie), Dream Rock Event (San Pancrazio, Italie), première partie de Lacuna Coil au South’s Cheyenne Festival (Manduria, Italie), Taranto Rock Festival (Tarante, Italie)... en 2017 ; Madisan (Krivoy Rigs, Ukraine), première partie de Therion au Atlas (Kiev, Ukraine), The Unicorn (Cadmen Town, Londres, Royaume-Uni), Quinphonic Festival (Birmingham, Royaume-Uni), en tête d'affiche avec Lacuna Coil et Tower Of Babel au Mic Rock Festival (Villapiana Lido, Italie)... en 2018 ; support de Mark Boals (Yngwie Malmsteen) (Circus Club (Florence, Italie) ; Rock'n'Roll Club (Milan, Italie)...)... en 2019.

Parallèlement à son intense et fructueuse mobilisation scénique, le groupe enregistre, peaufine et réalise son quatrième album, « Invisible World », sorti trois ans après son illustre aîné chez le puissant label allemand Pride And Joy Music. Les 11 pistes de la galette ont été enregistrées, mixées et mastérisées, tout comme Rhapsody, Void Of Sleep, Twilight Force, parmi tant d'autres, au Domination Studio (Saint-Marin), propriété du guitariste italien Simone Mularoni (DGM, Empyrios, Sunstorm...). Aussi, tout comme son prédécesseur, cet effort ne concède pas l'ombre d'une sonorité résiduelle, témoigne d'un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation et offre une belle profondeur de champ acoustique. Une production d'ensemble aux petits oignons synonyme d'optimale mise en relief de l'espace sonore de cette fraîche offrande. Indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de la formation italienne...

Ayant veillé à faire évoluer son art, sans pour autant avoir tourné le dos à ses fondamentaux, la troupe nous plonge au sein d'un message musical d'obédience rock'n'metal mélodico-symphonique, avec, cette fois, une touche électro et folk un poil plus marquée que naguère. Une œuvre dorénavant davantage inspirée par Delain, Xandria, Lacuna Coil, Amaranthe ou encore Eluveitie que par Nightwish, Ex Libris, Amberian Dawn ou Dark Sarah. Ce faisant, c'est au cœur d'un mouvement à la fois volontiers frondeur, éminemment charismatique, pétri d'élégance, aux multiples rebondissements et à la forte charge émotionnelle que nous mènent nos acolytes, à savoir : Anja Irullo au chant, Marco Monno aux guitares, Larry Ozen Amati à la basse, Luca Basile aux claviers et au violoncelle, Francesco Paolo Caputo (Daegonian) à la batterie, sans oublier le maître d'oeuvre Tony Tomasicchio. Ainsi pourvus, nos acolytes disposeraient-ils désormais de leur bâton de maréchal pour pouvoir dépasser le seuil de valeur confirmée, et accéder dès lors au rang de valeur de référence du metal symphonique à chant féminin ?


C'est sur un espace magmatique que s'effectue le plus clair de la traversée, nos gladiateurs brandissant alors haut le glaive, comme pour nous signifier que le combat avec les éléments sera des plus âpres et la victoire des plus retentissantes. Ainsi, l'aficionado de Delain et consorts ne pourra passer sous silence « Apnoea », « Believe » tout comme « Aegis of Light », entraînantes pistes aux grisantes variations rythmiques et d'une redoutable efficacité mélodique, où couplets finement ciselés alternent avec des refrains immersifs à souhait. Dans ces champs de turbulences, les limpides inflexions de la belle offrent un bel effet de contraste avec les growls caverneux d'une bête en furie, joute oratoire conférant alors une touche dark à ces hits en puissance estampés rock'n'metal symphonique gothique. Quant au pulsionnel et ''xandrien'' « The Rise of Sinus », révélant une énergie aisément communicative incessamment réalimentée par une frondeuse rythmique et de puissants coups d'olive, l'inaliénable headbang qu'il stimule répondra assurément aux attentes du fan de la première heure.

Sur un même modus operandi, mais dans un souci de diversification stylistique, le collectif rital ne manquera pas d'encenser le tympan. Ce qu'illustre « Es » et « Fil Rouge », tempétueux up tempi metal symphonique à la touche électro, à mi-chemin entre Amaranthe et Delain. Octroyant des riffs épais adossés à une furieuse rythmique tout en disséminant de sinueuses rampes synthétiques, ces deux mordants propos réservent, par ailleurs, de saisissantes montées en puissance du corps instrumental. Suivant un tracé mélodique qui rarement ne s'affadit, les chatoyantes et toniques impulsions de la sirène ne sont pas sans rappeler celles de Charlotte Wessels (Delain).

Quand elle rétracte quelque peu ses griffes, la troupe parvient non moins à nous rallier à sa cause sans avoir à forcer le trait. Ainsi, l'accroche s'opérera d'un battement de cils sous l'impact de l'enivrant refrain et d'enchaînements intra-pistes ultra sécurisés dont se parent « Egodemon » et « Kore », deux tubesques mid tempi rock'n'metal mélodico-symphonique aux relents folk à la confluence entre Delain, Lacuna Coil et Eluveitie. Une judicieuse et heureuse complémentarité de styles qui a pour corollaire un tourbillon de saveurs exquises, que l'on ne quittera qu'à regret.

Dans cette énergie, comme pour nous inviter à renouer avec ses originelles portées, le groupe nous renvoie à un paysage de notes auquel il nous avait accoutumés dès « The Bridge of Sighs ». Aussi ne saura-t-on éluder l'aérien et engageant « Invisible World » eu égard à une sente mélodique d'une précision d'orfèvre et mise en habits de lumière par les cristallines volutes de la déesse. Livrant un infiltrant cheminement d'harmoniques doublé d'une touche orientalisante, cet effort que ne renieraient ni Within Temptation ni Amberian Dawn n'aura guère tari d'arguments pour aspirer le tympan du chaland.

Lorsqu'ils en viennent à allumer une chandelle, que s'évanouit alors toute sclérosante tension, nos gladiateurs se mueraient en d'impitoyables bourreaux des cœurs. Ainsi, mise en habits de soie par les caressantes volutes de la maîtresse de cérémonie, infiltrée par un violoncelle mélancolique jusqu'au bout des ongles et offrant une féline gradation du dispositif orchestral, la ''delainienne'' ballade « Reborn » prend toutes ses lettres de noblesse. Doté en prime d'une sente mélodique d'une confondante fluidité, d'insoupçonnées digressions atmosphériques et de growls opportunément positionnés, l'instant privilégié aura bien peu de chances de rater sa cible, celle de nos émotions les plus profondément enfouies.

A l'image du précédent opus, et contrairement à nombre de ses homologues, le combo italien a opté pour une substantielle et rayonnante pièce instrumentale en guise d'outro. Aussi, c'est sur d'enveloppantes et sinueuses nappes synthétiques que nous mène « Day One », pièce symphonico-progressive et cinématique aux arrangements d'excellente facture et aux enchaînements d'accords finement esquissés. Au carrefour entre les soudaines et frissonnantes envolées de Nightwish et les rampes millimétrées aux claviers de Vangelis, se gorgeant de choeurs et d'un épaississement graduel du convoi instrumental, cette plage tamisée aux délicates nuances mélodiques révèle une autre corde de l'arc compositionnel du groupe. A l'élégant et magnétique coup d'archet du violoncelliste de fermer la marche...


A l'issue de notre périple, force est de constater que, loin de s'être reposée sur ses acquis, la formation transalpine s'est ingéniée à enrichir son répertoire d'inédites sonorités. N'ayant eu de cesse d'explorer de nouveaux horizons, faisant alors cohabiter des styles que d'aucuns pensaient jusqu'alors incompatibles, le groupe n'en a pas pour autant omis ses fondamentaux, tant s'en faut. Un pari pour le moins osé après un vibrant et somme toute classique « New Era », plébiscité tant par ses fans que par les critiques, mais relevé de main de maître par le combo. Diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, le rutilant méfait recèle également une palette étoffée en matière d'exercices de style et des arrangements que pourraient leur envier bien de leurs pairs.

Pour compléter le tableau, on aurait toutefois espéré voir l'une ou l'autre fresque inscrite au cahier des charges, comme nos acolytes ont su nous en concocter à l'aune de « Agony Part 2 », une dizaine d'années plus tôt. S'il a digéré la plupart de ses sources d'influence pour livrer aujourd'hui un ''produit maison'', le groupe devra encore s'affranchir de l'empreinte par trop prégnante de Delain pour prétendre apposer son seul sceau sur son œuvre. Toutefois, à l'aune de leur quatrième et vibrant élément, nos compères disposeraient d'un arsenal artistique et technique suffisant pour maintenir en respect la concurrence et s'imposer parmi les valeurs largement confirmées de ce registre metal. Selon votre humble serviteur, il ne serait désormais qu'à un cheveu de se hisser au rang de référence absolue, au même titre que leurs propres maîtres inspirateurs...

Note : 16,5/20

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire