Blood of My Enemy

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Nom du groupe Winds Of Plague
Nom de l'album Blood of My Enemy
Type Album
Date de parution 27 Octobre 2017
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 A New Day
 00:58
2.
 Nameless Walker
 03:36
3.
 Kings of Carnage
 02:55
4.
 Soul Eater
 02:12
5.
 From Failure, Comes Clarity
 04:04
6.
 Blood of My Enemy
 03:21
7.
 Snakeskin
 02:53
8.
 Never Alone
 04:25
9.
 5150
 03:50
10.
 Either Way You Lose
 03:51
11.
 A Walk Among the Dead
 03:07
12.
 Dark Waters
 03:58

Durée totale : 39:10

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Winds Of Plague


Chronique @ Icare

14 Janvier 2018

Blood of My Enemy parvient à mélanger la puissance d’un deathcore basique à un travail symphonique remarquable

Eh oui, tout finit par arriver. On se dit que non, certaines choses sont impossibles, tout bonnement inconcevables, et finalement, un beau jour... Vous l’aurez compris – ou pas ! - la grande première dont il est question ici, c’est que je vais chroniquer un album de deathcore. Si je ne suis pas spécialement fan de ce style qui, depuis plus de dix ans, s’acharne à ressasser inlassablement la même recette à base de saccades de grattes sous accordées, de breakdowns et de hurlements porcins interchangeables, il faut reconnaître que Winds of Plague sort largement du lot, d’où mon exception : avec leur style symphonique aux nombreuses influences, les Américains proposent un mélange musical original et dynamique qui apporte un peu de fraîcheur sur une scène généralement trop monochrome et statique.

Les cinq de Los Angeles ont le vent en poupe, ils l’ont bien compris et semblent vouloir battre le fer tant qu’il est chaud : depuis leur première sortie en 2005, Blood of Enemy est déjà leur sixième album. Et encore une fois, le succès risque d’être au rendez-vous tant leur mélange musical est fluide, entraînant et bien réalisé.
Les hostilités s’ouvrent sur A New Day, introduction épique et symphonique aux sonorités nippones qui renvoient à la pochette de l’album avant que n’explose le premier véritable titre de l’album, Nameless Walker. D’emblée, les guitares et les orchestrations s’entrecroisent habilement, avant qu’un blast furieux ne nous emporte, appuyé par les hurlements rauques de Johnny Plague : un début pas franchement original, mais terriblement efficace, qui vous scotche directement au mur. En 3,36 minutes à peine, les Californiens parviennent à créer un parfait condensé de leur style si dense et unique avec ces claviers très présents qui tissent une toile de mélodies catchy, ce riffing extrêmement carré et puissant typé metalcore, un chant hurlé ainsi que des choeurs virils façon hardcore et quelques saccades et breaks bien lourds typiques du deathcore. La fin du morceau est de toute beauté avec ces chœurs féminins qui rajoutent une touche dramatique à l’ensemble, avant de repartir sur le blast tonitruant du début.
D’une manière générale, les lignes de claviers et les orchestrations, tantôt symphoniques, tantôt plus sombres et angoissantes (Kings of Carnage, les samples inquiétants de 5150) ajoutent de l‘intensité et de l‘émotion à l’ensemble et font vraiment la différence, donnant toute sa personnalité à Winds of Plague. De même, quelques vocaux féminins, exécutés par la nouvelle claviériste, Adrienne Crow, viennent encore enrichir et varier la palette musicale du quintette. Ainsi, on pourrait décrire la musique des Californiens comme un mélange de Whitechapel, Slipknot (la voix du chanteur est parfois assez proche de celle de Corey Taylor), Whispered et Persefone.
On distinguera quelques très bons titres qui sortent du lot, comme From Failure Comes Clarity, extrêmement entraînant avec ce refrain fédérateur typé hardcore aux effets électro à la The Browning que l’on imagine bien un public en transe reprendre le point levé dans le pit, ou Never Alone, aux blasts puissants et dévastateurs soutenus par des orchestrations convaincantes, et aux mélodies de clavier bien chiadées. Le dernier morceau, Dark Waters est également très bien composé, agrémenté d’orchestrations et de mélodies de claviers qui lui confèrent une aura épique et émotionnelle intéressantes, et s’achevant sur le breakdown le plus lourd et brutal de l’album.

Ceci dit, Blood of My Enemy n’est pas parfait pour autant, comportant quelques répétitions et gimmicks qui peuvent agacer : si sur la plupart des titres, l’alternance entre « core » et musique symphonique fonctionne bien, les plages de clavier n’arrivent pas toujours à cacher des compositions metal trop basiques au riffing assez quelconque, et l’ajout quasi systématique de chœurs hardcore, qui fonctionne bien sur quelques morceaux (les très bons Kings of Carnage et From Failure Comes Clarity), n’est pas toujours judicieux, pouvant sonner presque artificiel par moments, comme en décalage avec la musique (c’est le cas sur le par ailleurs très bon Never Alone ou ce refrain viril tombe un peu comme un cheveu sur la soupe). On a parfois l’impression que les Américains cherchent à appliquer une recette toute faite de façon systématique et sans se soucier de doser les épices, sombrant dès lors dans une facilité fade et préjudiciable, notamment sur le titre éponyme, très stéréotypé, reposant en partie sur le duo vocal entre Plague et Crow, qui sonne trop cliché et formaté, avec un refrain chanté par la claviériste à la limite du mielleux. C’est un fait, Winds of Plague a gagné en fluidité et en efficacité (en témoigne le court et énervé Snakeskin, destructeur mais convenu) ce qu’il a perdu en aura progressive et en personnalité musicale, même s’il se distingue encore assez largement de la masse des groupes de deathcore lambda.

En conclusion, Blood of My Enemy est une fois de plus un album réussi de Winds of Plague qui, malgré quelques maladresses, parvient à mélanger la puissance d’un deathcore basique à un travail symphonique remarquable. Même si le quintette revient à un son un peu plus formaté et direct, ces 39 minutes fourmillent de trouvailles ingénieuses et de mélodies accrocheuses, et l’impression qui domine à l’écoute de ces douze titres est celle d’une musique efficace, puissante, cohérente et encore relativement originale - mais pour combien de temps?. En somme, à l'heure actuelle, rien ne semble pouvoir arrêter les Américains et il apparait bien plus prudent de se ranger du côté de leurs admirateurs que de leurs ennemis, dont une fois de plus, le sang risque de couler…

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