Ashen

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17/20
Nom du groupe Humanity's Last Breath
Nom de l'album Ashen
Type Album
Date de parution 04 Août 2023
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1.
 Blood Spilled
 
2.
 Linger
 
3.
 Lifeless, Deathless
 
4.
 Withering
 
5.
 Instill
 
6.
 Labyrinthian
 
7.
 Catastrophize
 
8.
 Death Spiral
 
9.
 Shell
 
10.
 Passage
 
11.
 Burden
 
12.
 Bearer
 

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Humanity's Last Breath


Chronique @ Groaw

03 Septembre 2023

Ashen est un plongeon écrasant, angoissant et apocalyptique dans les profondeurs de l’humanité

Le terme thall revient de plus en plus régulièrement dans l’art de la musique. Mais que signifie-t-il réellement ? A vrai dire, les sources de ce « sous-genre musical » sont quasiment inexistantes et les experts entre eux ne semblent pas tout à fait d’accord sur sa signification. Les spécialistes sont en revanche unanimes sur les origines et le précurseur de ce nouveau style. Initié par la formation de metal progressif Vildhjarta et emprunté de la prononciation suédoise du personnage de Warcraft Thrall, il convient d’imaginer que le thall est une onomatopée au même titre que le djent. D’ailleurs, les deux locutions partagent beaucoup de caractéristiques communes parmi lesquelles l’accord grave des guitares, l’atmosphère glaciale des compositions, les complexités rythmiques ou encore le riffing syncopé.

Ce principe musical se retrouve chez un autre groupe suédois, celui de Humanity’s Last Breath. Il faut dire qu’une partie de ses membres jouent également dans le collectif de Vildhjarta, ce qui explique par ailleurs les quelques similitudes que l’on peut observer entre les deux ensembles. Néanmoins, l’ambiance du quatuor de deathcore est bien plus maussade mais aussi bien plus agressive, ce qui a largement contribué au ressenti de fin du monde qui se dégage largement des compositions de nos musiciens.
Pour autant et en premier lieu, la formation s’est d’abord exprimée dans un death relativement conventionnel, même si quelques indices laissaient présager une évolution musicale. Ce n’est qu’à partir de son troisième opus Abyssal et d’une line-up totalement remaniée que les Suédois se sont définitivement installés dans une influence apocalyptique et ténébreuse. Son dernier disque en date Välde fut un renforcement d’un environnement hostile et oppressant. C’est avec sa cinquième œuvre nommée Ashen que nos artistes vont perpétuer leur destruction humaine.

Le moins que l’on puisse dire, c'est qu'au fur et à mesure de ses sorties, la formation suédoise a toujours réussi à embellir ses propos et son sujet avec des touches astucieuses et audacieuses. Cet enrichissement se confirme dès le premier morceau Blood Spiled dont l’apparition des chœurs nous immerge immédiatement dans un sentiment de catastrophe, dans une optique de terroriser l’auditeur. Quelques instants plus tard, toujours accompagné de ce chant effrayant, c’est au tour de l’instrumental de nous offrir des sueurs froides avec un riffing distordu mais surtout une progression au niveau des accords, d’abord dans un registre grave puis en allant dans des tonalités de plus en plus aigües. Sur ce même passage, Humanity’s Last Breath se distingue avec une orientation presque sludgy, un rythme languissant, conséquent et pessimiste.

Dans un développement de son cercle alarmiste et neurasthénique, le quatuor contribue à quelques somptueuses mélodies comme pour Linger avec des refrains au chant hurlé clair ainsi qu’un riffing un peu plus éclairci. Malheureusement, outre cet apport d’harmonie déjà apparent sur la précédente parution du groupe, le titre n’apporte pas réellement de nouveaux éléments et même si l’instrumental livre une démarche groovy, elle s’affirme plus distinctement et plus mémorablement sur d’autres compositions. Ce cheminement rythmique est remarquable sur Whithering avec son riffing djent ainsi que sur ses guitares dissonantes. Sur le plan vocal, le combo nous signe en milieu de morceau un extrait chuchoté qui renforce grandement notre inquiétude et notre anxiété.

L’angoisse, qui se transforme parfois en une réelle souffrance, se déclare sous diverses formes souvent inattendues. Une de ces conduites est avancée sur Instill, véritable titre fort de cet album, avec des chants grégoriens folkloriques intéressants qui nous laisse présager un dénouement imminent, sans possibilité d’une fin heureuse. Le morceau se démarque aussi par son double breakdown, le deuxième se montrant très temporisateur, sludgy et percutant. D’autres curiosités moroses émergent du disque comme avec Passage avec un court passage au chant clair qui extériorise une mélancolie quelquefois opprimée par le travail instrumental. De même, la gymnastique rythmique proposée par le collectif suédois en termes de riffing est assez phénoménale, d’autant plus lorsqu’elle est guidée par les coups de cymbales à la batterie.

Pour autant, un véritable inconvénient se pose sur ce Ashen et celui-ci provient de la production. Jusqu’à présent assez irréprochables sur ce procédé, le rendu général est pourtant questionnable sur la plupart des compositions. Volonté ou non de notre formation d’être totalement annihilateur et donc de proposer naturellement des airs cacophoniques, le vocal en pâtit grandement si bien qu’il est carrément noyé à certains moments. A l’écoute de Death Spiral, autre pièce vigoureuse de l’opus, lors du rare passage frénétique à la batterie qui se caractérise ici par de la double pédale, les couches instrumentales sont si nombreuses que les cris ainsi que la mélodie ne sont plus du tout compréhensifs et nous font, dans un certain sens, sortir du morceau.

Ashen parvient à capturer de manière magistrale la tension et l’angoisse qui accompagnent la perspective d’un cataclysme imparable. Les compositions épiques, les riffing distordus et dissonants ainsi que les paroles introspectives nous plongent dans un monde en déclin. Humanity’s Last Breath nous livre une nouvelle expérience sonore intense, audacieuse et émotionnelle et nous amène à contempler les aspects les plus sombres de notre condition humaine qui aurait pu s’avérer encore plus riche et profonde sans une production périlleuse. Avec la création habile d’une atmosphère chargée d'émotions, d’harmonies inquiétantes et de textures grinçantes, le quatuor suédois explore avec ce cinquième tableau les recoins toujours plus néfastes et torturants de notre humanité.

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