Régnants dans le domaine du Death Mélodique avec des formations telles que
Amon Amarth,
Arch Enemy ou encore
In Flames et, dans une toute autre mesure, dans le milieu du Death Progressif avec
Opeth, les Suédois surprennent dans leur aisance et dans leur capacité à produire des albums presque devenus des classiques. Néanmoins, ils, et de manière plus générale les Nordiques, ne sont pas vraiment réputés en ce qui concerne le
Deathcore, où seuls les Américains occupent tranquillement le trône.
Pourtant, parmi les infimes groupes de
Deathcore suédois, il existe un quatuor dont le nom fait froid dans le dos et laisse présager le pire : Humanity’s
Last Breath. Plutôt méconnus de la scène, les quatre acolytes apportent une certaine fraîcheur avec un concept bien unique et assez novateur, un style mélangeant le death au djent. Cette idée n’est d’ailleurs pas forcément due au hasard avec Buster Odeholm, actuel guitariste d’un certain …
Vildhjarta.
Tout n’a pas été un fleuve tranquille pour notre quatuor, notamment avec un premier album,
Structures Collapses, où la batterie ressemblait plus à une machine à écrire qu’autre chose et offrait un mixage effroyable. Néanmoins, avec leur album éponyme, les erreurs du passé ont été gommées et donnaient un opus intéressant et différent, sans pour autant être époustouflant. Six ans plus tard, la formation revient avec une line-up métamorphosée (seul Buster Odeholm est resté) et une nouvelle galette prénommée
Abyssal.
Tout démarre avec
Bursting Bowel Of Tellus, un morceau qui pose d’ores et déjà les bases d’une musique apocalyptique et terrifiante. Humanity’s
Last Breath prouve qu’il a mûri avec le temps puisqu’il ne se contente plus d’un simple
Deathcore fusionné au djent : il effraye bien plus avec un chant clair qui vient accentuer un esprit de mal-être et d’embarrassement, il ajoute encore plus de lourdeur avec des connotations industrielles et il incorpore également un peu plus de mélodicité pour ne pas baigner dans un simple bain de sang. Il n’en oublie bien évidemment pas ses racines un peu plus expérimental avec des riffs grinçants et cinglants.
Bone
Dust propose une orchestration plus hâtive, également plus technique, plus ancré dans du
Deathcore traditionnel avec ce breakdown final incommensurable et continuant à jouer sur le menaçant avec des harmonies claires omniprésentes. Fragda et
Abyssal Mouth résument en tout point à quoi ressemblent le chaos avec un riffing incroyablement pesant, une batterie jouant sur les notes fantômes, un chant démesuré jonglant toujours avec des intonations claires plus terribles et des breakdowns d’outre-tombe.
Abyssal Mouth sort néanmoins du lot puisqu’il pousse véritablement la lourdeur à son paroxysme avec notamment deux breakdowns où la hauteur du son des guitares sont modifiées par une pédale, insistant sur le pesant et la brutalité. Malgré cela, le morceau souffre des premières lacunes de cet opus avec des effets accumulés et un chant clair un peu trop présent qui créent un grand désordre et rendant l’ensemble maladroit et indigeste.
La suite se montrera assez similaire à ce qui a déjà été présenté, ce qui donne les secondes faiblesses de l’album. En effet, Humanity’s
Last Breath montre ici et là les limites de sa conception du
Deathcore avec les mêmes mélodies vocales, un riffing assez similaire, à quelques exceptions près, un mélodicité quelque peu linéaire par moments et des schémas approximatifs. Seuls För
Sorg et Sterile, les deux instrumentaux de cet album, sortent du lot avec beaucoup plus d’harmonie, un riffing paraissant anodin mais que l’on prend plaisir à écouter et quelques influences un peu plus moroses.
Même si tout n’est pas parfait, même si une certaine redondance se fait ressentir vers la fin de l’album, même si le mixage n’est pas toujours impeccable, cette troisième galette de nos Suédois s’avère néanmoins réussie et unique dans son genre. Si tout est réduit en une boucherie humaine,
Abyssal sait lui donner harmonie et mélancolie avec un travail vocal peaufiné, rythmé et un instrumental rempli de noirceur et de désespoir. Il ne manque plus qu’à notre quatuor d’améliorer et de corriger son idéologie pour se montrer totalement convaincant.
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