Lorsqu'on examine le casting des musiciens participant à ce nouveau projet baptisé
Serious Black, un léger vertige nous étreint. Et lorsqu'on étudie plus précisément encore leur cursus, l'émerveillement naît. Bientôt suivi par une excitation avide et normale. Imaginez
Helloween,
Masterplan,
Visions Of Atlantis,
Bloodbound,
Tad Morose,
Edenbridge,
Iron Savior,
Blind Guardian,
Coldseed ou encore
Dreamscape en une seule et même entité. Qui pourrait sincèrement ne pas être aguiché par une affiche sur laquelle les noms de
Roland Grapow, Urban
Breed, ou, entre autres, Thomas "Thomen" Stauch (dont, soit dit en passant, on ne comprend plus vraiment l'état de santé après son départ de
Savage Circus et son retour) ?
I Seek No Other Life vif et enlevé, mélodique juste ce qu'il faut, âpre comme il se doit, nous offrant les plaisirs d'un Heavy
Power Metal fort agréable, entame l'aventure et nous laisse présager le meilleur. Malheureusement, bien vite, la machine s'enraye, et dès
High and Low, un titre à l'inspiration notamment italienne (
Labyrinth), on déchante. Le mélange qu'il nous offre est simplement indigeste. Ces superbes couplets rugueux d'un Heavy
Metal efficace, où l'ancien vocaliste de
Pyramaze excelle de cette voix dans laquelle on peut, parfois, entendre quelques similitudes avec celle du grand, et injustement méconnu, Terrence Holler (
Eldritch), y côtoient des refrains d'une musicalité
Hard Rock guillerette et pénibles. D'autres morceaux sont, eux aussi, construits sur un schéma similaire où ces contrastes peinent à nous convaincre. L'aspect très mélodique de ces chorus est une constante que l'on retrouvera, en effet, peu ou prou, sur l'ensemble de cet opus Parfois de manière excessivement pénible (
Sealing My Fate par exemple) et parfois un peu moins douloureusement fatigant (Someone's Else
Life, Older and Wiser...). Avec la ballade
As Daylight Breaks, on atteint cependant des sommets lilas où les arbres nous offrent leurs pommes roses sucrées jusqu'à l'écœurement.
Bien évidemment il y a quelques exceptions à cette règle comme par exemple le preste My Mystic Minds, Trails of Murder ou encore
Akhenaton malgré sa facette orientale éculée.
Il nous faudra aussi évoquer la conclusion de cet opus fort de ce trio infernal. Listen to the Storm, une autre ballade, bien moins pire que la précédente cependant, où l'interprétation d'Urban n'est pas sans nous rappeler celle d'Andy Kuntz (
Vanden Plas), Fly On, encore un titre dangereusement lent et suave, et, enfin, No Son of Mine, une reprise, elle aussi tout en légèreté et délicatesse, du titre de Genesis (We Can't Dance (1991)). Autant dire qu'avec cet atterrissage ouaté, on est loin de la plénitude attendue.
Au fond,
As Daylight Breaks est le prototype même du disque perclus de bonne volonté où chacun joue sa partition proprement, et avec application, mais dont, in fine, il ne ressort pas grand-chose. Entendons-nous bien, loin de moi l'idée d'affirmer que ce disque est mauvais mais qu'il manque singulièrement de folie, d'aspérité, de relief et d'agressivité. Ici les instants creux et vides sont légion. Et seuls les rugissements d'un Urban
Breed toujours aussi efficace viennent délicieusement troubler la quiétude de ce voyage souvent paisible.
Reconnaissons néanmoins, s'agissant d'une telle distribution, qu'elle attise forcément exagérément nos espoirs et que, de fait, nous attendons bien plus d'une formation de cet acabit que d'une autre plus lambda. C'est injuste, mais c'est ainsi.
Quoi qu'il en soit, si on retrouve aisément ici les influences les plus lumineuses, guillerettes et mélodiques des groupes dans lesquels les artistes en présence auront officié, on aurait apprécié y retrouver davantage de cette sombre obscurité, de ces callosités et de ce tourment qui fait aussi parti de ces formations-là. En d'autres termes plus de
Blind Guardian,
Coldseed ou
Iron Savior et moins d'
Edenbridge nous auraient davantage séduits.
"Bien évidemment il y a des exceptions à cette règle (le preste My Mystic Minds, Trails of Murder, Akhenaton malgré sa facette orientale éculée, "
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