Arbor

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14/20
Nom du groupe Wazzara
Nom de l'album Arbor
Type Album
Date de parution 13 Fevrier 2026
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 9 Confines
Ecouter07:03
2.
 Hollow
Ecouter05:36
3.
 Her Ashes Down the River
Ecouter05:47
4.
 Indigo Sleep
Ecouter05:46
5.
 Dandelion
Ecouter04:21
6.
 Nova
Ecouter06:16
7.
 Oceans
Ecouter05:33
8.
 Zessa (Reborn)
Ecouter08:08

Durée totale : 48:30

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Wazzara



Chronique @ ericb4

17 Fevrier 2026

Un propos volontiers tourmenté, un tantinet intimiste et des plus enivrants...

Prudence est mère de sûreté, dit-on... Un adage suivi à la lettre par ce combo helvétique originaire de Zürich ! Aussi, ce groupe fondé en 2015 par l'auteure/compositrice et interprète Barbara ''Babs'' Brawand (feu-Caladmor), avec la complicité du pluri-instrumentiste, programmeur et arrangeur islandais Árni Bergur Zoëga (Arstidir Lifsins, Carpe Noctem, Skendöd...), ne sortira finalement son introductif EP, « Zessa », que quatre années plus tard ; un modeste mais encourageant élan que relayera son premier et sensible album full length, « Cycles », en 2021. S'il aura fallu patienter jusqu'en 2023 pour que naisse son second et pénétrant EP, « Ombreine », pas moins de trois ans seront alors requis pour le voir accoucher de son deuxième et présent mouvement de longue durée, « Arbor » ; une auto-production où huit pistes se dispatchent sur un ruban auditif de 48 optimales minutes. Ce faisant, onze ans suite à sa sortie de terre, le collectif suisse serait-il à même de venir grossir les rangs des valeurs montantes du metal atmosphérique gothique à chant féminin ?

Dans ce dessein, le line-up connaîtra un léger remaniement : si, aux côtés de Barbara Brawand, se conjuguent à nouveau les talents de Marcel Mäsi Stettler (feu-Caladmor) et Tom Kuzmic (Disparaged, Amputate) aux guitares et de George Necola (Lost Chapter) à la basse, Deniz Lebovci (ex-Disparaged) se verra, lui, remplacé par Andrei Jumugă derrière les fûts. De cette collaboration émane un propos estampé metal atmosphérique gothique et progressif aux colorations celtiques, doom et death, inspiré à son tour par Autumn, Draconian, The Gathering, Enya et Vetrar Draugurin. Co-produit par Andrei Jumugă et George Necola, ce set de compositions aussi énigmatiques et bouillonnantes qu'obscures et romanesques bénéficie, en outre, d'un mix parfaitement équilibré, réalisé, à l'instar de son prédécesseur, au Goblin Sound Studio (à Cologne, en Allemagne) par Andreas Rosczyk (pluri-instrumentiste (Ira, Xhelat, ex-Ultha) et ingénieur allemand de son état, ayant assuré le mixage et le mastering de certains albums de Ande, Friisk, Naxen, Unru, entre autres)). Mais suivons plutôt nos cinq flibustiers dans leurs pérégrinations...

C'est à l'aune de leurs passages les plus éruptifs que nos acolytes marqueront leurs premiers points, et non des moindres. Ce que révèle, tout d'abord, « Her Ashes Down the River », ''draconien'' up tempo aux riffs acérés adossés à une frondeuse rythmique ; n'ayant de cesse de nous asséner de furieux coups de boutoir doublés d'un martelant tapping, et relevé par les growls rageurs de la prédatrice, le ténébreux manifeste nous bringuebale volontiers, sans pour autant nous désarçonner, tout en dévoilant son caractère éminemment anxiogène. Et la sauce prend, in fine. On ne frissonnera pas moins sous le joug de la lugubre et oppressante atmosphère imprimant le diabolique « Nova ». Instillée d'un break bien amené et forte en effets de contraste oratoire, cette ''draconienne'' plage à la fois tortueuse et empreinte de noirceur ne relâchera pas sa proie d'un iota. Difficile, enfin, d'esquiver « Oceans », up tempo syncopé aussi sombre qu'aérien, dans le sillage coalisé d'Enya et de Draconian, pour la fluidité de sa ligne mélodique, sur laquelle se calent les célestes volutes de la frontwoman, comme pour ses subtiles variations rythmiques.

Quand elle en vient à varier ses phases rythmiques à l'envi, la troupe trouve bien souvent les clés pour nous assigner à résidence. Ce qu'atteste, en premier lieu, le polyrythmique « Hollow », une offrande à la fois ''gorgonesque'' et romanesque au carrefour entre Draconian et Vetrar Draugurin ; inoculé de saisissantes accélérations et d'un break opportun investi d'un fin picking à la guitare rythmique, où les célestes ondulations de la déesse contrastent alors avec ses growls glaçants, le troublant effort n'ira pas sans laisser quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon. Dans cette mouvance, l'énigmatique et tourmenté « Indigo Sleep » ne saurait davantage être éludé, eu égard à sa mélodicité toute de fines nuances cousue, à la subtilité de ses contrastes atmosphériques et à ses gimmicks guitaristiques tourbillonnants. Dans une même dynamique, on retiendra non moins « Dandelion », mid tempo progressif à mi-chemin entre Enya et The Gathering, au regard de la soudaineté de son embrasement percussif à mi-piste délivré et à la lueur de son ambiance ''gorgonesque'', pour le moins inattendue, s'ensuivant. On regrettera toutefois la précoce dégressivité de l'intensité de l'espace sonore, nuisant tant à la ferveur du manifeste qu'à l'équilibre des forces en présence.

Lorsqu'ils réfrènent un tantinet leurs ardeurs, nos compères parviennent non moins à nous rallier à leur cause. Ce à quoi nous sensibilise, d'une part, « 9 Confines », opulent low tempo progressif aux riffs graveleux, au confluent de Draconian et The Gathering. En dépit de son caractère foncièrement éthéré, ce lascif espace d'expression atmosphérique gothique aux relents doom death n'est pas sans receler d'insoupçonnées et opportunes montées en régime de son corps orchestral ; mis en exergue par les angéliques inflexions comme par les growls ombrageux de la sirène et réservant un inattendu et grisant final en crescendo, l'intrigant méfait ne se quittera qu'à regret. Issu de leur introductif EP, « Zessa », et remastérisé pour l'occasion, son ''autumnien'' titre éponyme, alors intitulé « Zessa (Reborn) », nous gratifie, lui, d'une ligne mélodique des plus enivrantes au fil des 8:08 minutes d'une envoûtante traversée. S'il accuse un break central peu loquace, le félin mouvement lui agrège une seyante reprise sur un flamboyant solo de guitare, avant la survenue de l'embrasement final. Et la magie opère, une fois encore.

Au final, le collectif suisse nous octroie un propos volontiers tourmenté, un tantinet intimiste et des plus enivrants, dans la lignée atmosphérique de ses devanciers. Bénéficiant à son tour d'une ingénierie du son coulée dans le bronze, d'une technicité instrumentale et oratoire bien huilée, de mélodies délicatement esquissées, et n'ayant que de rares bémols harmoniques à déplorer, ce second opus de longue durée se suit d'un seul tenant. D'aucuns auraient sans doute espéré des exercices de style moins stéréotypés qu'ils n'apparaissent ainsi que l'une ou l'autre joute vocale inscrite au cahier des charges. Quelques prises de risques consenties et un message musical foncièrement personnel plaident cependant en la faveur du combo helvétique. Etat de fait qui pourrait dès lors favoriser son inscription parmi les valeurs montantes de son espace metal d'affiliation. Wait and see...

Note : 14,5/20

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