Anvil Is Anvil

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Nom du groupe Anvil
Nom de l'album Anvil Is Anvil
Type Album
Date de parution 26 Fevrier 2016
Labels Steamhammer
SPV
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album35

Tracklist

1. Daggers and Rum
2. Up, Down, Sideways
3. Gun Control
4. Die for a Lie
5. Runaway Train
6. Zombie Apocalypse
7. Its Your Move
8. Ambushed
9. Fire on the Highway
10. Run like Hell
11. Forgive Don't Forget
Bonustrack (Digipak Version)
12. Never Going to Stop

Chronique @ AlonewithL

24 Mars 2016

Passé devant le miroir Anvil ne semble pas avoir gagné ni perdu du poids.

Toute menace pour l'avenir d'"Anvil" semble écartée. Quelques vieux "fans" désormais ne jurent que par lui alors qu'ils avaient laissé choir leur groupe favori de la fin des années 80 jusqu'au milieu des années 2000. Un grand merci à eux donc, car aujourd'hui "Anvil" est à l'abri des coups durs. Vive l'opportunisme! Cet amour revendiqué a eu ses raisons concernant le grand "Juggernaut of Justice", il est devenu plus déraisonnable concernant un "Hope in Hell" retombant dans les acquis du groupe et dans la redondance. Un album surestimé que l'on juge pourtant unanimement en-deçà de son précédent. En fait, la carrière d'"Anvil" est un long parcours en dents de scie. On se souvient que la formation avait pu produire des albums de grande qualité même durant sa traversée du désert ("Plugged in Permanent", "Plenty of Power"), parfois entre des pièces tout au plus potables. La sortie de "Hope in Hell" confirme donc cette règle. Et conformément à la coutume, "Anvil" continue son bonhomme de chemin. Une suite est donc naturellement planifiée, avec le nouveau bassiste Chris Robertson, qui fait suite au départ de Sal Italiano. Lips a exprimé son intention d'en faire une pièce tout ce qu'il y a de plus basique, d'en faire un parfait reflet de ce qu'est "Anvil" d'ordinaire. Là encore le risque de se reposer sur les acquis est patent, voire revendiqué. "Anvil Is Anvil" est donc enregistré aux studios Redhead 4 de Pulheim en Allemagne et produit par Martin Pfeiffer. Passé devant le miroir "Anvil" ne semble pas avoir gagné ni perdu du poids.

La gymnastique commence donc avec un titre très curieux, qui laissait envisager une continuité assez audacieuse. On entend le bruit de la mer, des chants de marin. Un moment, on se serait cru dans du "Zed Yago" ou quelque chose du même genre. Et ça nous enchante. Puis le heavy se perçoit dans un riffing par à coups, vient alors le "Anvil" que l'on a connu maintes fois, avec ce léger ton sarcastique, qui en fait toute son originalité. L'extrait est amusant, mais figurera néanmoins assez loin de ce que l'on a connu de meilleur de la part de la formation. Il faut reconnaître pour autant la belle percée d'un "Runamay Train", tonitruant en diable. Le titre est tonique, bien construit, dégage un esprit très positif. On retrouve là la folie technique que l'on aime véritablement chez "Anvil". Cependant, celui-là fait un peu figure d'exception. Un peu comme le redoutable et malin "Up, Down, Stairways". Morceau particulièrement à l'offensive où le nouveau venu dans le trio réalise des lignes de basse particulièrement perceptibles. L'oeuvre, comme il était prévu, est confiné dans un heavy metal tout ce qu'il y a de plus basique, au point que le groupe ne cherche aucunement la subtilité. C'est vrai surtout dans les refrains. Certains reprennent juste le titre pour le répéter, à l'image de "It's Your Move", desservi pourtant par des riffs tranchants et un beau solo de Lips.

C'est bien ce qui cloche là-dessous. "Anvil" a tellement l'intention de faire du "Anvil", que parfois le sentiment de redite est latent. "Die for a Lie" donne l'impression d'avoir été du remâché de pistes ultérieures. C'est du mille fois entendu chez eux. Cela s'associe parfois avec de la redondance. Le morceau "Gun Control", par son rythme lent et nonchalant, était bâti pour nous séduire. Le charme opère au départ, mais trouve à la longue sa limite. Que dire alors des lents et rampants "Zombie Apocalypse" et "Forgive Don't Forget", tous deux très similaires. On comprend le côté pâteux du premier cité dans un contexte de morts-vivants, plus que le second, en rapport avec l'extermination des juifs. Il est à noter que Lips et Robb, tous deux d'origine juive, ont fait de ce texte une véritable déclaration d'amour à l'Allemagne, l'acceptation d'un pardon qui leur a été symboliquement adressé. Dommage que le titre ne soit pas emballant du tout et fasse aussi répétition au sein du même album.

Il y aurait une certaine frustration encore dans l'écoute de "Fire on the Highway", dans ce qu'"Anvil" a fait de plus classique. Palpitant, le rythme interagit par secousses, c'est bien entrepris au commencement, mais répétitif, ça tourne pas mal à vide. "Ambushed" n'est pas non plus ce que le groupe a fait de plus élaboré, pourtant le morceau est plus efficace. Il délivre un heavy incisif, simple, un poil nerveux. Pourtant, on lui préférera sans doute un "Run Like Hell", comportant un léger dosage hard rock, mais se révélant tenace dans ses riffs, tout en comportant des lignes mélodiques, sans rapport néanmoins avec le refrain sobre. Cet extrait se démarque donc quelque peu de la routine de la majorité des morceaux et réussit presque à nous surprendre. Il s'avère beaucoup plus riche et entreprenant que le très potable titre bonus "Never Going to Stop", original pour son hard rock enthousiaste, mais bâti scrupuleusement dans les codes d'"Anvil".

Les Canadiens sont capables du mieux comme du moyen. Parfois, on se tient entre les deux. On ne s'est pas trompé de produit. Tout est sur l'étiquette. "Anvil" nous a réalisé là un album dans la plus pure tradition d'"Anvil". Peut-être trop ancré dans la tradition au goût de certains, pas assez offensif. D'autres s'en contenteront largement car, objectivement, le trio restitue des ingrédients qui font de cet ouvrage une oeuvre plus riche et plus maîtrisée que le précédent "Hope in Hell". Me concernant, "Anvil Is Anvil" offre un parallèle avec "Speed of Sound", un album conservateur, mêlant titres intéressants et titres mitigés. Loin de se poser comme un modèle ou une révolution. Pas non plus à jeter aux oubliettes. "Anvil" aurait pu chasser l'ordinaire pour devenir un mannequin musclé, aux formes effilées. Il se dirait alors devant son miroir "Ma qué bello!" Et tout le monde voudrait alors lui ressembler.

13/20

3 Commentaires

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Elevator - 24 Mars 2016: Merci pour ta chronique encore une fois très intéressante. Tout comme l'album précédent, je le trouve assez moyen ce disque. C'est effectivement du pur Anvil, ce n'est pas nul mais c'est sans réelle fièvre et assez poussif finalement ...
largod - 24 Mars 2016: Joli papier et analyse que je partage. Mais comme je suis fan de la première heure j'y trouve néanmoins quelques bons moments. Merci Seb
AlonewithL - 24 Mars 2016: Merci à vous.
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