Antagonist

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Nom du groupe Neurotech
Nom de l'album Antagonist
Type Album
Date de parution 10 Avril 2011
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album45

Tracklist

1. Antagonist
2. Inject Me Now
3. Nonexistent
4. Awaiting Deception
5. The Angst Zeit
6. The Mannequin March
7. A Hollow Impression
8. Towards Tedious Nightmare
9. We Are the Last
10. The Sky Is Always Open

Chronique @ Matai

01 Juin 2011

Neurotech prend de l'assurance et nous présente un grand album ...

«  Au travers de tous les trafics, manipulations ou transmutations génétiques de l'espèce, on est arrivé à un point de non retour où l'on ne peut plus déterminer ce qui est humain ou non-humain » (Jean Baudrillard)

Et si la Neurotechnologie avait raison de nous? Et si elle agissait à sa manière, véritable IA, prenant contrôle de notre esprit...et si elle devenait maîtresse, dans un monde évolué et technologique, où l'humain et ses progrès n'avaient qu'une seule et même fin : une annihilation partielle voire totale...? Ce phénomène Antagoniste donc, ne serait que l'ultime moyen d'assimiler un être humain en décadence, lui-même pris malgré lui et inéluctablement dans un monde décadent et de plus en plus aseptisé...à force de création et d'évolution, tout s'est retourné contre les créateurs, pris au piège dans un engrenage inévitable.
Le trio slovène, avec ce nouvel opus, reprend donc là où il s'était arrêté, après un « Transhuman » timide et simpliste basé sur ce phénomène de transgenèse et de modifications en tout genre, modification interne menant à une évolution génétique et à une certaine hybridité, pervertissant l'Homme et le mécanisant davantage, d'où cette pochette si caractéristique. Oui, l'Homme perd son humanité, ses émotions et son âme...au point que, à la manière de cette citation de Jean Baudrillard, on ne sache plus qui il est vraiment...peut-il donc encore exister? Peut-il encore garder sa part d'identité?
Neurotech se dirige décidément vers le futur, impose sa manière de voir les choses, se focalise d'autant plus vers ces thématiques et cette fameuse question d'identité, dont fait partie le rejet de l'individu et cette impression de non-existence, questions mises en relief avec des morceaux tels que « Nonexistent » et « The Sky Is Always Open », mais le combo ne s'arrête pas là...

Avec « Antagonist », il prend de l'assurance, sort de sa timidité et nous propose un Cyber Metal encore plus développé, ambitieux et irrémédiablement travaillé. Le chanteur/claviériste Wulf écrit et compose les morceaux, en plus de les enregistrer, mixer, et masteriser au NeuroLab Studio en Slovénie. Auto-production donc, mais loin d'être de piètre qualité. Cette dernière est bien meilleure que pour l'EP « Transhuman », si bien que les instruments sont mieux mis en avant. Tout se distingue parfaitement, claviers, voix et guitares. Ces dernières sont davantage mises en relief et travaillées pour un résultat plus tranchant, moins brouillon et moins minimaliste.
Au sein de ce concept album donc, même si Wulf reste le maître d'œuvre, le trio y aura vraiment mis toute sa détermination. En plus de faire tout son possible pour médiatiser la sortie en contactant le plus de monde possible et réactualisant l'imagerie du groupe, le packaging est bien soigné et complet, afin de ne pas en perdre une miette. Et bien sûr, musicalement, tout dépasse nos attentes...

L'opus se compose de dix titres pour une quarantaine de minutes dans lesquels l'ennuie ne nous prend à aucun instant. L'agencement des morceaux est assez réfléchi et suit une progression particulière dans laquelle le concept est développé. Des paroles à texte donc, embarquant inéluctablement l'auditeur dans le monde atypique de Neurotech, et ce aussi bien grâce à la musique et aux ambiances. Tout est fait au millimètre près, rien est fait au hasard. Les guitares sont plus incisives, plutôt saturées, légèrement plus techniques que sur l'EP précédent, toutefois les riffs restent pour la plupart des cas assez simples. La voix déshumanisée est à la limite du murmuré peine à varier mais est la digne représentante de ces êtres, humain ou non, du moins ceux pervertis par les différentes manipulations ainsi que les plus mécanisés. Les sons electro/indus sont toujours présents, même plus que précédemment: beaucoup plus variés et maîtrisés, ils représentent bel et bien cet aspect technologique ainsi que ce côté futuriste. Parfois sonnant comme une machine se mettant en route et imitant sa démarche (« The Mannequin March »), parfois nous offrant une myriade d'effets (« Antagonist »), ils sont omniprésents et respectent à la lettre les règles de la musique Cyber. Quant aux ambiances, elles sont toujours aussi froides et sombres, apocalyptiques selon les morceaux, mécaniques grâce à l'ensemble boîte à rythme/voix/claviers, désolées et très tristes...

Toutefois, c'est peu de le dire. Neurotech ne s'est pas contenté du minimum est a ajouté un panel de nouveautés. Tout d'abord, les envolées au piano sont beaucoup plus présentes et servent à renforcer ce sentiment de mélancolie et de désespoir ainsi que certaines mélodies à la guitare, comme nous le montre parfaitement le morceau « Awaiting Deception ». De plus, les chœurs apportent leur lot d'émotion en plus et accentuent l'effet ténébreux et sans espoir de titres comme « Inject Me Now » ou « The Angst Zeit ». Enfin, à partir de « A Hollow Impression », l'ensemble des chansons se parent d'éléments symphoniques pour quelque chose de plus original, percutant et terriblement apocalyptique, comme sur « Towards Tedious Nightmare » et les envolées au violon accompagnées de chœurs de « We Are the Last ». Du nouveau chez Neurotech.

L'avantage, c'est que les slovènes arrivent à faire ressortir les émotions et les sentiments en fonction du morceau et de la situation, à un moment précis, c'est à dire, à une étape précise de l'histoire du concept. Ainsi, si la rage est représentée à travers « Inject Me Now » et « Nonexistent », la déception et la tristesse ressortent parfaitement de « Awaiting Deception », de même pour l'angoisse du côté de « The Angst Zeit » (la peur du temps), ainsi que l'interrogation sur « A Hollow Impression ».

Évidemment, des morceaux ressortent de cet ensemble si particulier, tels que « The Angst Zeit », présent sur le précédent single qui avait servi à montrer la nouvelle orientation musicale du groupe. Un morceau assez dynamique et inquiétant où les chœurs sont énormément mis en avant, et où le refrain, guidé par ces derniers et le piano ne peut qu'attirer l'attention. De même pour « A Hollow Impression » et son intro particulière, résolument progressive dans l'esprit, et agencée à la perfection, aussi bien dans l'utilisation des riffs hargneux, des chœurs, et des effets électroniques arrivant aux moments les plus opportuns. Et ce break incroyable à partir de 03:10, sonnant comme l'ultime passage atmosphérique de l'album.

Malgré tout, on notera quelques ressemblances dans les introductions de « Awaiting Deception » et « The Sky Is Always Open » avec ces sons de guitare aigus, quasi similaires.
Mais le bas blesse au niveau des influences et ressemblances majeures. Ainsi Neurotech sur cet opus, fait moins abstraction de ses inspirations et n'hésite pas à évoquer le nom de Sybreed. Et il n'est pas anodin de retrouver quelques titres battis comme l'auraient fait les suisses, à la manière d' « Antagonist » ou « Nonexistent »: rythme rapide, ensemble furieux et sons electro/indus en tête avec des refrains plutôt faciles à retenir. On notera aussi quelques similitudes avec les russes d'Illidiance notamment au niveau des ambiances et de l'attirail electro/indus. Et enfin, sur « Towards Tedious Nightmare » et « We Are the Last », il est clair qu'on a l'impression d'entendre du Shade Empire tout craché avec leur album « Sinthetic », à cause de cet ensemble électro/symphonique et des envolées reconnaissables parmi tant d'autres.

Un pas en avant pour Neurotech qui nous livre un album cybernétique meilleur et d'un très bon acabit. Une oeuvre martiale dans le domaine du Cyber Metal pour un groupe en devenir qui fera sans doute parler de lui dans les mois voire les années à venir. Combinant l'aspect technologique à un ensemble sombre, aseptisé et froid, « Antagonist », malgré ses défauts, est un opus à ne pas rater pour tout amateur de Cyber ou au moins, d'Electro/Indus.

19 Commentaires

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Celldweller55 - 05 Fevrier 2012: Encore une fois j'ai un commentaire inexplicablement bombardé de pouces rouges. Serait temps de grandir.
Skullface35 - 09 Avril 2012: et bien encore merci une foi de plus pour me fait découvrire un groupe énorme =)
Skullface35 - 09 Avril 2012: il n'y a que le téléchargement pour l'avoir ou ont peu le trouvé en support CD?
Skullface35 - 09 Avril 2012: merci pour l'info c'est commandé et j'ai également téléchargé "bleu screen planet" qui est énorme !! =)
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