20 ans après son dernier passage, l’orbite elliptique et psychédélique de la comète de Frehley croise à nouveau celle de la terre, et ses effets électromagnétiques vont se faire ressentir dans les milliers de salons de fans du Space
Ace, de part le monde.
C’est peut-être un peu con de dire ça pour un type de 58 ans avec derrière lui une carrière musicale de 44 ans ; mais "
Trouble Walkin'" est ce que l’on appelle l’album de la maturité.
Une maturité avec un léger goût amer, car ce qui a duré le plus longtemps, ce n’est pas l’enregistrement de ce 6ème album post-
Kiss, mais trouver une maison de disque acceptant de le sortir, Megaforce Records n’ayant pas voulu, après une ultime compile sortie en 2006, continué l’aventure
Ace qui, après de multiples contacts tout azimut finira par créer son prope label d'édition Bronx
Born Records, et convaincra SOM (Season Of
Mist) d’en assurer la distribution mondiale.
Un album qu’
Ace Frehley a auto-produit et enregistré chez lui à
New York, dans son appartement du Comté de Westchester, proche de son Bronx natal, et cet album transpire la Grosse Pomme.
Mais aussi et surtout,
Ace Frehley.
Ace est de ces artistes qui ont une patte, une signature immédiatement identifiable, un son.
Un son qui lui vient de ses racines, la rue, et le milieu artistique de ses origines, l’underground intello artistique New Yorkais du début des 70s, le Velvet, Blondie, les Ramones, la
Factory, Lou Reed, les
New York Dolls, le côté artiste Bohême, qui fut à l’origine de son entrée dans les rangs de ce petit combo qui commencera par tourner dans les clubs branchés post hippies du Queen,
Kiss.
Un son, des tempos et une façon de chanter, principalement Garage (NY) brut de décoffrage, qu’
Ace, ici, assume enfin pleinement par une production enfin à sa hauteur, digne du Rebel qu'il fut dans
Kiss et est dans la vie de tous les jours,
Sex, Drugs and Rock’n’Roll.
Donc,
Ace nous fait du
Ace. Comme toujours direz-vous ……
Bah oui !!! Rien de révolutionnaire en vérité,
Ace n’est pas mono chanson, ni mono neuronal, mais pratiquement tout ce qu’il écrit a un très net air de famille, un Garage, un
Hard Rock, carré, mais pas vraiment net, des accords pas vraiment marqués, mais accentués, un rythme syncopé, des titres plus Pop ou des ballades d’une tendresse "
Extreme".
Mais, ce n’est pas par là que cet album sort de la production passée, bien que certains titres soient vraiment parmi les meilleurs écrits par
Ace. Non, ce qui fait que cet album est l’album de la maturité, et il est clair que c’est par là qu’
Ace s’est concentré, c’est la production, SA production, un son qui fait le lien Rock-
Hard Rock-
Metal, un son qui lui ressemble, donnant à chaque titre le rendu sonore qui lui colle exactement.
Autant l’auto-production, par manque de recul est souvent décevante, autant parfois, quand on a du bagage, de l’expérience, de la … maturité, le résultat est superbe, et transcende le travail d’un artiste complet dans sa partie.
Trouble Walkin', étant le résultat des maquettes sur lesquelles
Ace avait effectué 100% des parties, et où il invita quelques amis à en reprendre quelques unes, parmi lesquels l’éternel
Anton Fig accompagnant
Ace à la batterie depuis son départ de
Kiss, et même avant (
Dynasty, Unmasked).
Une production sur mesure, pour un album musicalement sans réelles surprises, mais bourré de bons titres, bien qu’ils nous disent tous quelque chose, un titre d’
Ace déjà entendu sur un autre album d’
Ace, mais là, avec une dimension personnelle qui change tout. Comme d’entrée, "Foxy & Free" , gros son, guitares tranchantes, basse groovante, un hymne Frehleysien d’ouverture d’album classique, mais à sa vraie dimension, percutant et entêtant.
Une production où les guitares sont magnifiées et les soli, véritablement assassins ; aucune barrière, aucun compromis.
Ace n’est pas un technicien, mais c’est un Guitar Hero, dans la plus noble de ses expressions, un monstre de feeling, la sensibilité qui passe directement des tripes aux doigts, sans passer par le cerveau, le solo de "Genghis Khan", en étant l’exemple parfait, un solo hallucinant pour ce titre halluciné, c’est stupéfiant. Un titre, dans la ligné du TITRE d’
Ace, "Fractured Mirror", simplement magnifique. "Fractured…" qui sert 4 fois de base ici, avec 4 superbes avatars, des excroissances de génie,
Ace a atteint avec ce titre une voie qu’il entretient depuis maintenant plus de 30 ans, l’originale, restant éternelle, mais ses suites, passionnantes, et on attend toujours le prochain épisode. L’épisode du jour, "Fractured Quantum", bien qu’ayant les même bases et la même construction évolutive de l’original, s’en retrouve le plus éloigné dans le fond, plus que dans la forme, mais bien sûr, superbe, fin, aérien.
Que dire d’autre,
Trouble Walkin' est L’Album d’
Ace Frehley, celui qu’il faut retenir, garder, avoir.
C’est son meilleur, il lui ressemble, c’est une partie de son corps, prenez et mangez en tous, pour tous ses albums solo, sauf le
Kiss, il manquait toujours quelque chose.
Pas là, et … Ô Dieu … que c’est bon !
Pour une fois, j’ai vraiment du mal à extraire tel ou tel titre, et laisser celui-là dans l’ombre, aucun n'est mauvais. "Space
Bear" est peut être mon préféré, mais je n’en suis même pas sûr, parce que "It's a Great
Life" me fait quand même vachement bien planer, avec sa gratte rythmique presque New Wave, et "
Outer Space". Bah … c’est du
Ace en barre.
Exceptionnellement, je sortirais du lot l'excellent reprise de Sweet, "
Fox on the Run", assez dans l'esprit d'un "Da Ya" de The Move, sur le "
Trouble Walkin'" de 1989, avec des sonorités très Electric Light Orchestra, frais et joyeux.
Ace nous offre ici, son meilleur profil, émotion, humour, la juste dose de hargne pour se sentir Rebel.
Un grand Monsieur de la Guitare, du Feeling, et de ce petit quelque chose de plus qui fait l’exception.
Une classe folle.
Ah oui !! La pochette, bien que pliable pour former une pyramide, est relativement laide, mais le bon goût esthétique d'
Ace n'est vraiment pas une référence. L'album est dédié à 2 artistes amis et morts d'
Ace,
Eric Carr, second batteur de
Kiss, mort en 91 d'un cancer du cœur et très proche d'
Ace, et Dimebag Darrell, grand fan de
Kiss et d'
Ace devant l'Eternel, qui reprit Fractured Mirror et poussa la fanitude, jusqu'à se faire enterrer, dans un cercueil
Kiss.
fabkiss
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