All Is Dust

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Neaera
Nom de l'album All Is Dust
Type Album
Date de parution 28 Juin 2024
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 Antidote to Faith
 04:30
2.
 Pacifier
 05:38
3.
 All Is Dust
 04:46
4.
 Swords Unsheathed
 04:39
5.
 Per Aspera
 04:32
6.
 Edifier
 04:50
7.
 In Vain
 04:50
8.
 Render Fear Powerless
 04:04
9.
 Dividers
 04:57
10.
 Into the Hollow
 04:58

Durée totale : 47:44

Acheter cet album

 buy  buy  15,84 €  £13.94  $26.37  14,32 €  17,86 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Neaera


Chronique @ Groaw

27 Septembre 2024

Toujours bloqué dans un son d'antan, All Is Dust n’en est pas moins un album plein de charme

Référence dans le death/metalcore mélodique, Neaera est un groupe complètement à part. Si sa vision musicale n’a pas tant évolué avec le temps au point d’en devenir totalement désuet, le quintet allemand est désormais une perle rare qu’il est important de préserver. Avec une large majorité de formations qui se sont dirigées vers un metal moderne parfois plus accessible, notre troupe fait désormais partie des rares résistants d’une sérénade traditionnelle et mordante. Avec le temps, on peut comprendre la lassitude de certains fans à la recherche de nouvelles sensations et d’une diversité accrue. Cependant, même si l’art musical doit évoluer avec son temps, il n’en reste pas moins appréciable d’avoir quelques collectifs qui entretiennent une essence conventionnelle.

Ce procédé académique suit désormais nos Allemands depuis vingt-ans avec une discographie bien fournie composée de sept opus, tous d’une solidité infaillible. Cette constance se retrouve également dans une line-up restée intacte depuis ses débuts, preuve d’un projet où chaque membre est en phase avec sa ligne directrice. Plus dantesque encore, notre troupe ne s’est jamais séparée de sa maison de disques Metal Blade Records, même après leur grande pause de sept ans. C’est donc sans surprises que nos cinq artistes reviennent avec un huitième disque nommé All Is Dust. L’artwork étonnement futuriste est l’œuvre de Giannis Nakos à qui l’on doit certaines esquisses d’Oceans Of Slumber, d’Evergrey ou de Vomitory.

Cette illustration avant-gardiste serait-elle l’heure du changement pour notre quintet ? Il n’en est rien à l’écoute du morceau d’ouverture Anditote To Faith avec une production résolument old-school ainsi qu’un riffing morose et incisif. Le combo maintient un certain entre-deux entre death et metalcore mélodique, une ambiance sinistre en premier lieu avant d’être prolongé vers un climat provocateur, presque thrashy en témoigne les nombreux blasts. La performance vocale est dans une frontière similaire, entre growl et screaming, qui appuie l’hostilité et la rage de l’instrumental. Pacifer conserve ces mêmes caractéristiques, avec un tempo un peu plus hâtif, des accords lumineux davantage exposés et un solo très Gojira-esque.

L’ensemble des titres respecte à la lettre cette écriture très conformiste et spontanée. Pourtant, les Allemands parviennent parfaitement à chambouler cette certaine routine par des petites touches astucieuses. Ainsi, sur Swords Unsheathed, on profite d’un rythme étincelant caractérisé par des guitares aiguës et dissonantes. Il en est de même avec une performance vocale chatoyante, entre cris lucides et grognements redoutables. Pour ce qui est d’Edifier, son influence thrash ne fait aucun doute avec un tapping vigoureux, un riffing intraitable et un breakdown simple mais percutant. Sur le plan vocal, le chant guttural de fin de morceau remet en évidence les fondamentaux de la formation et de son passé où il ne s’adonnait encore qu’au deathcore.

Certaines compositions, sans être foncièrement mauvaises, demeurent en-deçà des autres, la faute à une narration quelque peu lassante. Un morceau comme Dividers agace par son riffing certes sémillant mais assez redondant. De même, là où notre troupe nous habitue généralement à de profondes et sensibles transitions, la mélodie demeure ici bien linéaire, sans instants véritablement marquants. Quant à In Vain, bien que l’introduction mélodique, mystérieuse et donc davantage sereine soit louable, le morceau peine à trouver une progression intéressante. Le tempo est languissant et le chant hurlé ne sont pas réellement à l’avantage de la chanson. Même les divers solos ne nous laissent pas un sentiment d’extase et de mémorabilité.

All Is Dust s’impose comme un huitième album fidèle à l’identité de Neaera, où le death/metalcore mélodique conserve ses bases. A l’instar de ses prédécesseurs, le quintet allemand apporte son petit lot de curiosités pour renouveler l’intérêt de l’auditeur. Bien que certaines complaintes puissent sembler répétitives et manquer de relief, le groupe prouve qu’il est encore et toujours capable de maintenir une intensité et une rage palpable avec des titres saisissants et une technicité quasi irréprochable. En refusant de céder aux tendances actuelles, le collectif rappelle qu’il existe une force dans la continuité et la fidélité à ses racines, ce qui l’inscrit un peu plus comme un bastion du genre. Une toile solide qui saura séduire les adeptes de la première heure et laissera la porte ouverte à celles et ceux qui recherchent une brutalité plus nuancée.

0 Commentaire

6 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire