Etonnamment la production de ce
A Hell of a Knight, premier album des Allemands de
Ritual Steel, est plutôt acceptable. Elle laisse chaque instrument s'exprimer avec clarté et précision. On pourra simplement déplorer qu'elle ne soit pas davantage pourvue de ces sons graves et profonds qui donnent de l'épaisseur et du coffre à un propos. Ici les divers éléments, dont notamment les guitares, se cantonnent un peu trop dans une ambiance aiguë qui dessert quelque peu l'ensemble. Néanmoins ce détail sera bien le moindre mal lorsqu'il s'agira d'énoncer les tares les plus consternantes de cette œuvre.
Car, en effet, la véritable gageure de ce disque, en dehors de l'aspect assez convenu de ce Heavy
Metal traditionnel puisant plus ou moins son inspiration au sein des travaux de
Manowar, d'
Angus et d'Iron Maiden, sont ces chants. Sascha Maurer, connu aussi sous le pseudonyme de Sir
Lord Doom, massacre ici des aigus qui, à l'évidence, reste inabordable pour lui. Parfois même, en une sorte de grognement bestial où il nous offre une atroce imitation d'Udo
Dirkschneider (ex-Accept,
UDO), il réussit la prouesse de nous arracher un sourire goguenard (Where Shall I
Sleep, Armaggeddon Symphony...). Ce qui, convenons-en, n'est en aucun cas l'objectif d'une entreprise comme celle à laquelle nous avons à faire ici, à savoir dévolu à la bravoure, au sérieux et, n'ayons pas peur des mots, aux fresques épiques. Ce penchant pour des hauteurs précaires, et instables, est d'autant plus regrettable que dès lors que le vocaliste se contente d'évoluer en des sommets plus mesurés, et moins excessives, le résultat est bien meilleur. Enfin, bien plus écoutable dirons nous.
Evoquons aussi l'aspect très décalé de certains éléments. Comme, par exemple, ces soli de guitare qui, parfois, seraient, en effet, bien mieux sur un disque de Rock ou de
Hard Rock (No
Escape...). Tout comme, par ailleurs, le break d'
Armageddon Symphony dont les parfums feront très "Rock Prog Psyché 70's". Et ce même si les arômes de ce passage seront tout à fait étonnants et délicieux.
Bien évidemment, puisque rien ne nous sera épargné, nous trouverons aussi ici certaines chansons alourdies de quelques ambiances ésotériques, ténébreuses et magiques (
Master Rage, No
Escape,
Ritual Steel...). Reconnaissons tout de même que ces titres ne sont pas ce que ce
A Hell of a Knight nous offrent de pire. Loin s'en faut.
Pour terminer ce pamphlet arrêtons-nous un instant sur l'illustration qui orne la pochette de ce disque. Afin d'en vanter les mérites, soulignons le fait qu'elle est tout simplement superbe.
Premier essai de ce collectif originaire de Schleswig, et formé au milieu des années 1990 par le batteur Martin Zellmer, ce
A Hell of a Knight n'aura que peu d'arme pour se défendre sur un champ de bataille où ces autres conquérants bien plus redoutables que lui seront légion.
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