...For We Are Many

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Nom du groupe All That Remains
Nom de l'album ...For We Are Many
Type Album
Date de parution 12 Octobre 2010
Produit par
Enregistré à Zing Recording Studios
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album160

Tracklist

1. Now Let Them Tremble 01:23
2. For We Are Many 02:59
3. The Last Time 03:58
4. Some of the People, All of the Time 03:22
5. Won't Go Quietly 04:00
6. Aggressive Opposition 03:45
7. From the Outside 03:34
8. Dead Wrong 03:07
9. Faithless 03:34
10. Hold on 02:57
11. Keepers of Fellow Man 03:10
12. The Waiting One 04:48
Bonustrack (iTunes Pre-Order Bonus)
13. Of the Deep 02:49
Bonustrack (Japanese Release)
14. Hold On (Radio Edit) 03:09
Total playing time 43:26

Chronique @ Paillou

24 Octobre 2010
Ces dernières années ont eu tendance à dessiner une sorte de double voie pour les groupes de metalcore : soit choisir de pratiquer un metalcore très mélodique, au risque de se faire cataloguer comme commercial, on pense ici à Bullet For My Valentine ou Killswitch Engage; ou alors choisir de pratiquer un metalcore plus bourrin, plus «true» comme diraient les puristes, et ici on pense plus à des groupes comme Parkway Drive ou Chimaira. Sans surprise apparente, All That Remains appartient à la première catégorie, celle des groupes beaucoup plus tournés sur leurs atouts mélodiques. Overcome en était d'ailleurs un bon exemple, on aurait même plus tendance à dire la meilleure caricature. En effet, le dernier opus des Américains était très loin de faire l'unanimité : des morceaux excessivement répétitifs, des mélodies mielleuses, une puissance à peine perceptible, en définitive l'album paraissait affreusement suffisant, sans pour autant qu'il soit mauvais : plutôt médiocre.

Déjà un titre d'album, «For We Are Many» (comprenez littéralement «Car nous sommes nombreux») assez étrange, sentiment renforcé par cette pochette à la fois incongrue et étonnamment sobre, loin du massacre visuel de celle d'Overcome. Signes d'un virage musical novateur ? Non pas vraiment. Autant mettre les choses au clair dès le départ, All That Remains n'est pas revenu à la glorieuse période de The Fall of Ideals. Cependant on est bien loin d'un Overcome «bis». Je me risquerais même à concevoir ce «For We Are Many» comme une fusion miraculeuse de ces deux derniers opus. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Explications.

All That Remains, avant, ça envoyait de la sauce harissa mais depuis 2008 ça envoyait plus de la mayonnaise allégée. Faute à un manque de puissance ou du moins à l'utilisation d'une puissance vaine, symbolisé musicalement par la timidité de Philip Labonte au chant, or le gaillard a repris du poil de la bête. L'intro «Now Let Them Tremble» donne le ton avec ce cher Philip qui s'égosille, suivi d'un titre éponyme tout aussi virulent et percutant, où l'on pourrait presque parler de chant growl (en utilisant cependant des pincettes). Quel plaisir que de retrouver ce chant hurlé franc, caractéristique d'un chant oscillant entre metalcore et deathcore, de la même façon que l'a entrepris As I Lay Dying sur sa dernière galette. C'est clair mainteant, All That Remains s'est mis à la sauce moutarde (pour ceux qui ont suivi la métaphore culinaire).
Au passage, le retour d'Adam Dutkiewicz (guitariste de Killswitch Engage) en tant que producteur n'est pas anodin : il avait également produit «This Darkened Heart» et «The Fall of Ideals», son rôle n'est pas à dénigré dans le rendu plus virulent de ce nouvel album.

Ne vous y trompez pas cependant, All That Remains a gardé une énorme influence mélodique. Tout simplement géniale sur le refrain de «Some Of The People, All Of The Time», enivrante sur «Won't Go Quietly» ou surprenante sur la ballade finale «The Waiting One». Ne fuyez pas à l'évocation du mot ballade car cette fois ci, on est bien loin des ballades sans queue ni tête qu'étaient «Days Without» ou «Believe In Nothing». L'alliance du chant hurlé et du chant clair est très homogène, ne se limitant pas à la frontière couplet/refrain. Le seul bémol se trouve sur la superposition des deux types de chants avec des backing vocals (hurlées) à peine perceptibles, trop répétitives, que l'on trouvaient déjà sur l'opus précédent.

Le quintette innove aussi pour nous proposer des ambiances plurielles, notamment grâce à l'impressionnante créativité des guitaristes : on flirte avec le deathcore sur la tonitruante «Dead Wrong», on oscille entre mélancolie et fureur sur «Keepers Of Fellow Man», alors que «Aggressive Opposition» provoquera nostalgie dans les esprits des fans de la première heure. La pluralité des tempos contribue largement à insuffler à chaque nouveau titre une dimension qui lui est propre. L'aisance technique est aussi à remettre au premier plan sur cette galette même si pour ma part j'en attendais beaucoup plus d'un Jason Costa dont j'avais entendu nombreux éloges.

On comprend que All That Remains a rehaussé le ton d'un cran avec ce nouvel album. Sont-ils pour autant revenu à leur niveau maximum ? Probablement pas. Il demeure toujours quelques traces d'un groupe qui se cherche encore et qui cède à la facilité : pour preuve le pathétique titre single «Hold on» qui sent le réchauffé, vidé de toute inspiration. De même ces relents de «The Fall of Ideals» sur une partie de l'album nous laissent sur notre faim, dans le sens où on aurait tellement voulu que le groupe se détache encore un peu plus de la tutelle de «Overcome». Même si on peut se demander si la volonté de voir les artistes retourner aux sources n'est pas tout simplement le reflet de la nostalgie des fans face à un glorieux passé révolu, tellement enfoui dans les immortelles stalles de la gloire, qu'on ne peut plus le déterrer mais seulement le contempler.

Qu'importe le passé, on assiste bel et bien à la renaissance de All That Remains. Avec «For We Are Many», les Américains nous interpellent, nous intéressent et finalement nous charment. Le retour de cette brutalité vient rééquilibrer la balance musicale, en achevant le règne despotique de la mélodie, la musique reprend de l'épaisseur, le tout est digeste et original. Originalité paradoxalement issue des bases des deux derniers édifices musicaux.
Le chemin est encore long pour reconquérir un public en quête de véritable révolution musicale dans le domaine du metalcore mais en tout cas All That Remains est un candidat sérieux à cette reconquête. Rendez vous pour le prochain album !


18 Commentaires

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Celldweller55 - 15 Novembre 2010: "Car nous sommes nombreux", ça vient de la bible, c'est une réplique du démon Légion
 
El_Totor - 16 Novembre 2010: Ok ouais en plus ce serait since et non pas for...
Ok merci pour la ref, c'est de cette phrase que vient l'expression être legion en français ou d'un autre passage ? (toujours voulu lire la bible pour ma culture, toujours décroché au bout de 4 pages de la génèse).
Celldweller55 - 16 Novembre 2010: Non "for" a deux traductions possibles en français : "car" et "pour". Crois-moi, je suis en fac de langues. Pour l'expression je ne sais pas trop.
K@elys - 18 Décembre 2010: Excellente chronique ,comme d'habitude =)
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