Pensées Nocturnes

Intervew réalisée et publiée avec l'aimable autorisation de France, Black, Death, Grind (Facebook ICI ou LA).

Remerciements à Cyrille et Yann-Pascal

 

 

1. Bonjour à vous, à qui avons-nous à faire ? Avant d’en venir à votre groupe, pouvez-vous vous présenter ? (CB)

Léon Harcore : Léon Harcore, taulier de PN, ramassis de bidoche alcoolisée présentant un penchant patent pour la boisson, la bonne bouffe et les crispations primaires des Black metalleux pur souche.

 

 

2. Pensées Nocturnes est donc votre formation. Considérée comme du Black Metal Avant-gardiste par les spécialistes, du Déglingué Black Metal de ver en vices par vous-même, mais bon sang, qu’est-ce qui vous est passé par la tête le jour où vous avez eu l’idée de ce projet ? Comment avez-vous pu oser casser les codes du Black Metal ainsi et comment cela a été perçu à vos débuts et encore maintenant ? (CB)

Léon Harcore : Il est relativement perturbant de parler de codes lorsqu'on aborde un genre musical à l'origine rebelle et révolutionnaire. Mais ce dernier a finalement évolué pour devenir une référence à suivre scolairement tel un manuel du parfait petit sataniste et sortir de ce chemin tracé semble une évidence. L'aspect kitsch au possible de ce patrimoine  suranné devrait en effet repousser quiconque faisant preuve d'un minimum de jugeote.
Concernant les retours, PN est un projet clivant générant des réactions souvent très tranchées, mais la violence de ces dernières, dans un sens comme dans l'autre, n'affecte qu'à de très rares occasions le processus de composition du projet  tant leur pertinence est bien souvent fondée sur un matelas culturel et technique bien trop pauvre.

 

3. PN, c’est 100% de la dérision pour amuser la galerie ou bien il y a un message derrière tout cela ? (CB)

Léon Harcore : J'aurais plutôt qualifié PN de déconstructeur du sérieux, des certitudes et des institutions. D'ablateur de  balais dans le cul au sein d'une scène Black Métal paradoxalement beaucoup trop droite et ordonnée. De tendeur de doigts d'honneur bien allongés envers la bien-pensance numérique abritée bien chaudement derrière son écran. En bref un  découpage en règle des sentiers battus et autres lois établies que suit sans vergogne la plèbe artistique qui peuple cette scène. Et quoi de plus efficace que le rire et l'autodérision pour ça ?

 

4.  De manière plus personnelle, Pensées Nocturnes est-il un exutoire pour vous ? Quel type de clown est Léon Hardcore dans son quotidien ? (CB)

Léon Harcore : En dehors de PN, le petit Léon aime vivre heureux et vit donc caché.

 

5. Fin janvier, nouvel album. Les derniers ont fait un carton avec des chroniques souvent très élogieuses. C’est bon, la recette du succès vous la connaissez par cœur ? Comment arrivez-vous encore à surprendre votre public ? En d’autres  termes, comment se construit un album de Pensées Nocturnes ? (CB)

Léon Harcore : La recette est bien évidemment qu'il n'y en a pas ! Le concept général et la trame globale de l'album sont  définis en amont. Les détails de chaque morceau sont eux ensuite pensés secondairement, suivant la place qu'ils tiennent dans l'album. Tout est un travail de fourmis, pétri, travaillé, retouché et remodelé sans cesse. PN est une pâte feuilletée  que je ne cesse de plier : les couches s'empilant et s'additionnant sans répit. Chaque morceau est le résultat d'un travail titanesque mais ce procédé permet un contrôle parfait de chaque détail : tout est traité, jaugé, écouté et réécouté des  dizaines de fois.

 

 

6. Dans ce nouvel album Douce Fange et notamment dans les morceaux qu’il nous a été donné d’écouter et comme à l’accoutumé, on retrouve des « parodies » de musique populaire. Pourquoi cela ? Est-ce un hommage à Pascal Sevran et son émission, La chance aux chansons, un rêve d’y participer que vous n’avez pas pu exaucer ? Plus sérieusement, à quoi nous attendre sur cet album ? Des invités ? (CB)

Léon Harcore : L'usage d'un accordéon ne m'amène pas directement à créer un rapprochement avec ce joyau de  l'audiovisuel français ! DOUCE FANGE développe la traversée d'une vieille France aux Halles insalubres, aux ruelles  coupe-gorge, aux bobinards malfamés et aux bistrots dépravés. Entre exécutions sur place publique, chants  révolutionnaires, bals musettes enjoués, dégustations de mets culinaires rustiques et chansons paillardes alcoolisées. DOUCE FRANCE mêle thèmes divers et ambiances disparates pour obtenir une bonne bouillasse noire aromatisée au dark jazz, au cabaret et à la musette.
Ainsi faire référence à des paroliers et artistes du patrimoine musical français semble tomber sous le sens. DOUCE FANGE contient en conséquence un nombre de références vraiment très important, ces dernières étant plus ou moins contemporaines. Les parties d'impro sont omniprésentes et participent à l'obtention de ce rendu authentique et vrai.  Plusieurs guests se sont en effet relayés dans le studio pour des parties d'impro ou de chant.

 

7.  Pensées Nocturnes et Les Acteurs de l’Ombre, c’est toute une histoire, je ne vais pas vous demander de nous la raconter car je crois que l’on doit vous la poser souvent, avez-vous plutôt une anecdote, quelque chose de drôle, que l’on  ne sait pas forcément, un défaut à nous raconter sur Gérald Milani, le patron de LADLO ? (CB)

Léon Harcore : Il est toujours bon de rappeler les origines de notre coopération : les deux premiers albums de PN sont en  effet les deux premières sorties des Acteurs de l'Ombre ce qui explique cette affinité si particulière. Tu comprendras donc aisément qu'il me sera difficile d'étaler ici les innombrables défauts de Gérald !

 

 

8.  Comment sera défendu ce nouvel album ? Avez-vous déjà des dates de concert à nous annoncer ? Quels musiciens vont vous accompagner ? (CB)

Léon Harcore : Le line-up live de PN est stable depuis maintenant 5 ans. On cherche en effet à accumuler les piqûres de  rappel au maximum pour passer entre les gouttes du Covid, dans l’idée d’accompagner la sortie de Douce Fange par plusieurs dates en France que nous allons dévoiler très prochainement. On bosse pas mal les nouveaux morceaux ainsi  que le visuel général, tous deux se devant évidemment de suivre l’évolution musicale et graphique du groupe. Nous  sommes impatients de refouler les planches, que nous avons quittées depuis plus de 2 ans maintenant !

 

 

9.  Qu’attendez-vous du public qui vient vous voir ? J’avais pu lire que vous regrettiez quand il reste statique. Le prenez- vous comme un échec ? J’ai déjà pu voir vos live et croyez-moi, je suis loin d’être le dernier pour faire le con pendant les concerts, mais là, c’est tellement magique à regarder, votre musique et votre prestation scénique sont si expressives que, du coup, on a envie d’apprécier le moment, un peu comme si on assistait à une pièce de théâtre ou à un opéra. Suis-je le seul à vous remonter cela ? (CB)

Léon Harcore : Les concerts les plus mémorables que l'on ait savourés ne sont pas forcément les salles les plus remplies  ou les festivals à plusieurs dizaines de milliers de personnes mais bien ceux durant lesquels le public est rentré dans le jeu et a partagé ce moment avec nous. Nous ne sommes pas à la philharmonie ou à l'opéra Bastille, confortablement assis  dans une salle obscure, mais à un concert de PN : tout n'est pas réglé au millimètre, bien calé pour se dérouler comme  prévu. Ca se doit d'être vivant, organique, d'entrer en osmose avec l'espace et le moment présent. Vous avez déjà Youtube pour le reste.

 

10.  Pouvons-nous vous retrouver au sein d’un autre projet en dehors de Pensées Nocturnes ? (CB)

Léon Harcore : Les autres formations dans lesquelles j'ai pu officier sont aujourd'hui à l'arrêt. Néanmoins la plupart des  membres de PN sont des partenaires avec qui j'ai pu officier dans ces groupes défunts et nous faisons en quelques sortent survivre leurs spectres avec PN. Il m'arrive néanmoins de temps à autre de faire des apparitions en tant que guest dans  d'autres formations comme avec « Les chants du Hasard », un projet de Néo-classique dans lequel j'enregistre du chant dans la plupart des sorties.

 

11.  Je sais que vous préférez l’ancienne époque du Black Metal. Suivez- vous malgré tout, ce qui se fait actuellement au niveau français ? Y a-t-il quelques groupes qui vous attirent ? (CB)

Léon Harcore : Je ne pense avoir déjà formulé un jour un amour inconsidéré pour « l'ancienne » époque du Black Metal, mais plutôt une certaine lassitude à l'égard de l'incapacité des formations modernes à lever la tête et aller de l'avant. Etant  moi- même acteur de la scène je pense néanmoins que mon attente est biaisée par une recherche inconsciente d'idées  nouvelles ou de propositions différentes. Si l'on parle de groupes français en BM je dirais entre autre à ce jour Diapsiquir,  Arkhon Infaustus, Plebian Grandstand, Celeste, Reverence.

 

12.  Nous arrivons à la fin de nos questions et notre tradition est de demander une petite blague aux artistes. Avec vous nous tombons bien non ?  Vous pouvez également choisir une expression, une valeur-clé qui vous caractérise ou simplement rajouter une dernière précision, la parole est à vous... (CB)

Léon Harcore : Merci à vous pour votre temps et cet échange et ne jamais oublier : « Jamais en vain, toujours en vin » !

 

 

         Propos recueillis par Cyrille et Yann pour France, Black, Death, Grind.

interview réalisée par France Black Death Grind

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