Noein

2013 n'a pas été une année très riche concernant le Cyber Metal. Les sorties ont été rares et les bons albums se sont faits attendre. La France, par contre, est sortie de son silence avec la sortie du premier album de Noein au printemps "Infection - Erasure- Replacement". Bourrin, très Science-Fiction, les Normands nous ont gratifiés d'une arme de destruction massive en puissance. Près de six mois après sa sortie, il était temps de pouvoir nous entretenir avec le quintet. Rencontre avec des membres bavards et passionnés...

interview Noein1/ Salut Noein ! Comment ça va ? Question bateau mais vous pouvez pour commencer présenter le groupe en 2-3 lignes ?


Et bien on a fondé le groupe fin 2007, au départ un groupe de potes pour faire du son et s’amuser ensemble, et on s’est vite aperçu que ça pourrait donner quelque chose d’intéressant. On a eu rapidement des opportunités qui nous on fait avancer par bonds : le tournage du clip de Chrysalis en 2009, la sortie de The Initial Tale, notre premier EP, grâce au Festival des Arts Bourrins en 2010, le Metallian Battle Contest qui nous a envoyé défendre les couleurs de la France au Wacken Open Air en 2011, etc… jusqu’à la sortie de l’album et le deal avec Klonosphère et Season of Mist cette année.

2/ On pourrait faire une sorte de « tour de table », est-ce que chacun de vous peut parler de son passé musical, de ses influences, etc ?


Adrien : Je suis guitariste, j’ai joué pendant 3 ans dans le groupe Greenwald avec qui on a sorti un Split CD avec les Lorrains d’Escarres. Avec eux j’ai fait une cinquantaine de dates, dont quatres petites tournées, deux avec Noïd, une avec Escarres pour la sortie du Split et une avec Hypnosis, en passant par la Belgique. Mes influences vont de metal destructuré type Meshuggah au post-hardcore bien lourd à la Amen-Ra, en passant par le cyber, Strapping Young Lad, Sybreed, Fear Factory et au trucs super chiadés genre Hacride, SepticFlesh…



Nico : Je suis guitariste depuis 18 ans, j’ai fait 9 ans de piano et 10 ans de solfège, chose que j’ai arrêtée par la suite, haha. Mais la guitare m’a toujours suivie et je me suis assez vite orienté vers le metal avec d’abord Pantera, puis Fear Factory, Strapping Young Lad, Korn et toute la période néo-metal qui a suivi. J’ai eu 5 groupes avant Noein, du metal au hardcore, j’aime aussi beaucoup l’électro et la musique classique.



Sylvestre : J’ai commencé la batterie assez jeune avec du Mike Portnoy de Dream Theater, entre autres. Depuis je n’ai pas arrêté, j’ai eu 3 groupes avant Noein qui m’ont permis d’évoluer et Noein m’a vraiment fait progresser par la suite. Je suis un gros fan de Fear Factory depuis pas mal d’années, moins maintenant. J’accroche plus aux nouveaux : Strapping Young Lad et Devin Townsend, Periphery, Textures et Mnemic.



Jenni : J’ai toujours aimé chanter depuis mon plus jeune âge. J’ai commencé avec des petits groupes, comme beaucoup de monde, et ensuite ma vraie première expérience au sein d’un groupe était avec Catalepsia, où j’ai officié durant 2 ans et duquel Nico faisait également partie. J’ai fais un rapide passage aussi dans Krahan avant d’avoir un passage à vide le temps que le line up actuel de Noein se forme et que l’aventure commence. Mes influences sont diverses et variées, en allant de Devin Townsend, Otep, Gojira, Behemoth en passant aussi par Djerv, Stolen Babies ou encore Sleepy Time Gorilla Museum.



Cindy : Je n’ai aucun passé musical à part des cours de piano, qui n’a rien à voir avec la basse. J’ai appris la basse avec Noein, Nicolas, Adrien et Sylvestre sont de très bons profs. Mes influences sont Strapping Young Lad, Fear Factory, As I Lay Dying, Textures…



3/ Il est clair que vous n’êtes pas passés inaperçus cette année avec l’énorme promo qui a été faite autour de votre premier album, sans parler de l’aide de Metallian : comment s’est passé tout ça ? Est-ce que ça vous a vraiment boosté ?


Hé bien le plus étonnant et le plus énorme pour nous a été la proposition de Metallian d’inaaugurer leur nouvelle formule avec un album complet plutôt qu’un sampler. On était vraiment ravis qu’ils nous proposent ça, et c’est vrai qu’on a de très bonnes relations avec eux depuis le Wacken où on jouait pour la France au Battle après avoir gagné leur concours. On a passé la semaine là-bas avec eux, et des liens se sont créés, c’est aussi ce qui a fait qu’on a pu ouvrir pour Sepultura lors de leur passage au Havre à l’occasion du Full Metal Cruise ! L’autre truc génial ç’a été de travailler avec Guillaume et la Klonosphère, on était déjà en contact avec eux depuis un moment, et là que ça se concrétise et qu’on aie un plan de comm et une distribution officielle via Season of Mist, c’était génial, on se sentait avoir passé une étape plus pro. Du coup on est tous d’autant plus motivés à aller encore plus loin et voir où l’aventure peut nous mener. On travaille depuis récemment avec un tourneur, et des belles dates commencent à se mettre en place
interview Noein

4/ En parlant de Metallian, beaucoup de metalleux semblent avoir été trompés à cause de ça : ils pensaient que l’album sortait uniquement dans ce magazine, l’ont donc acheté exprès et ont été déçus de voir qu’en fait le gros digipack sortait quelques mois plus tard. Est-ce qu’il y a eu un changement de programme en cours de route ou y’a-t-il eu un manque de communication ?


Je ne sais pas, c’est la première fois qu’on nous fait cette remarque. En fait il avait toujours été prévu que l’album sorte en mai, mais on n’a pu l’annoncer qu’à la sortie du Metallian, mais il était évident que l’album sortirait par la suite. La seule différence a été que du coup, on a fait faire le digipack cartonné avec la réédition de l’EP pour que ça soit un objet différent du CD encarté dans Metallian. Mais on connait pas mal de monde qui a acheté le magazine, puis ensuite le digipack, pour nous l’un n’empêchait vraiment pas l’autre. Mais on aurait peut-être pu être un peu plus clair dans notre communication à ce moment-là, oui.

5/ Vous étiez chez les Arts Bourrins, maintenant chez Klonosphère. Un grand pas ?


Comme je disai plus haut, oui, c’est un grand pas et ça nous fait beaucoup avancer. Etre suivis et soutenus par les Arts Bourrins était déjà génial à l’époque, là c’est la marche au-dessus, on se professionnalise.

6/ Revenons à votre album, « I-E-R » : quelle est son histoire ? Les inspirations ? Le concept ? Est-ce une suite du premier EP, « The Initial Tale » ?


C’est exactement la suite de The Initial Tale qui, comme son nom l’indique, était le début d’une histoire. C’est en tournant le clip de Chrysalis qu’on a vraiment eu l’idée de ce concept-là et de cet univers futuriste. Du coup dans l’album, on va plus loin, la population commence à se rendre compte de la main-mise terrible de la corporation fabriquant les clones au dépend de vies humaines, ils essaient de se rebeller et rencontre une répression terrible, la corporation rappelle les clones pour les militariser et c’est la guerre, jusqu’à ce que la corporation sorte un monstre de leur usine pour anéantir la résistance, et au final, avec l’intervention d’une nouvelle force mystérieuse, c’est un énorme carnage ! On a vraiment essayé d’instiller ces ambiances dans les morceaux, dans Nick of Time, par exemple, c’est l’affrontement entre les deux partis, c’est la guerre ! Dans Human Update, c’est la mise à jour des clones pour en faire des soldats. Dans Will Live, c’est le monstre qui sort des usines de la corporation pour tout ravager.

7/ Jenni semble plus se focaliser vers le cri pur et dur, et moins les growls ou le chant clair. Y’a-t-il une raison particulière ?


Ca s’est fait assez naturellement, on le sentait comme ça, les morceaux étaient plus brutaux que sur l’EP, les ambiances plus torturées, et c’est pour ça qu’on a travaillé les voix dans ce sens.

8/ Les instrumentales cybernétiques sont très bien fichues, je trouve qu’elles embarquent bien l’auditeur dans votre monde particulier. Qu’est-ce qui vous inspire en particulier ?


C’est Nico qui les compose, il adore les musiques de films et surtout les BO de films de Science-Fiction. Il trouvait normal d’en mettre dans Noein car le groupe raconte une histoire, on utilise aussi pas mal de samples pour teinter l’ambiance et ramener l’auditeur dans quelque chose de froid et mécanique. Tous ces samples sont faits avec divers synthés, guitares distordues et travaux de textures sonores. On a aussi utilisé les plug-ins d’orchestres philharmoniques pour le côté symphonique que l’on peut retrouver sur l’intro, The Hand et quelques passages ponctuels dans les morceaux. Il y aussi une partie lyrique chantée par une soprano à la fin de Born To Resist (le morceau le plus riche en arrangements avec I.E.R) Sur les autres titres, les samples sont plus électro. Nico s’influence de groupes allant de FKY à Prodigy, mais aussi beaucoup de tribe électro hardcore et surtout les sons anglais et allemands.

9/ Il faut dire que cette année, la France a frappé fort avec le cyber metal, vous d’abord, puis Herrschaft ensuite. Que pensez-vous du cyber ou de l’indus en général ?


Ce qu’on en pense ? Ben on adore ! On est tous super fans de Fear Factory et de leur univers opposant l’homme à la machine ! C’est ce qu’il y a de génial dans le Cyber, c’est
interview Noeinque ça va plus loin que la musique, c’est un univers, un tout cohérent, qui se traduit aussi visuellement, c’est très construit !

10/ Venons-en aux retours concernant l’album : est-ce que ça a été ou y’a-t-il eu aussi des chroniques « cassantes ». Qu’est-ce qu’on vous reproche en général ? A contrario, qu’est-ce qu’on admire dans votre musique ?


Toutes les chroniques ne sont évidemment pas dithyrambiques, on a aussi eu quelques critiques, et surtout sur la linéarité de l’album, certains le trouvent trop massif et sans assez de reliefs, sans refrains accrocheurs qu’on pourrait retenir et se chanter dans la tête. Certains trouvent l’intro trop longue aussi. Mais globablement, la grosse majorité des chroniques en France et à l’étranger sont bonnes, voire excellentes. Les plus, c’est la production, les titres bien construits, originaux, qui ne se répètent pas, les ambiances qui portent l’auditeur tout au long de l’album et la qualité de tous les musiciens.

11/ On parle beaucoup d’influences musicales mais est-ce que des BO de films ou de jeux vidéos, ou des bouquins vous aident pour concocter vos morceaux ?


C’est vrai qu’il y a un côté BO de films dans certaines orchestrations, notamment sur l’intro. On est tous fans de cinéma, de film de Science-Fiction. Et pour les paroles, l’histoire, on s’inspire pas mal de livres de SF qu’on a lus, d’Asimov, Pierre Bordage, Philipp K. Dick, Ray Bradbury…

12/ De nouveau un petit tour de table : est-ce que chacun de vous a un album ultime, un livre ultime, et/ou un film ultime ?


Adrien : Je crois que rien ne me transporte autant que Catch 33 de Meshuggah. Pour le livre, la plus grosse claque que j’ai prise c’est en lisant La Part de l’Autre d’Eric-Emmanuel Schmidt, pour le film, je resterai fan à vie des Star Wars !



Nico : L’album ultime est pour moi Terra Incognita de Gojira, dans le sens où je l’ai écouté en boucle à sa sortie et qu’il a révolutionné mon jeu de guitare. Comme film je dirais le 1er Matrix, pareil, à sa sortie il m’a vraiment scotché.



Sylvestre : Album ultime : Gojira – Terra Incognita. Livre ultime : aucune patience de lecture, alors je vais dire les Dragon Ball !!! Film ultime : Le Seigneur des Anneaux.



Jenni : Je n’ai pas forcément d’album « ultime » mais s’il faut choisir, ça serait Addicted de The Devin Townsend Project. Je n’ai pas non plus de livre « ultime » car le seul livre que j’ai lu est la biographie de Kurt Cobain, donc je n’ai pas forcément d’avis à donner sur les livres en général. Pour ce qui est du film, j’aime beaucoup Donnie Darko, c’est sans doute le filme durant lequel je me suis bien trituré le cerveau, et ça c’est bon !



Cindy : Un album qui me donne beaucoup d’émotion c’est L’enfant Sauvage de Gojira. LE film ultime c’est Le Cinquième Elément.



13/ Vous tournez beaucoup et les live semblent bien fonctionner : lequel vous a le plus marqué ?


Beaucoup de lives ont été assez exceptionnels pour nous, le premier énorme a été le Wacken, bien sûr, c’était tellement impressionnant, et on n’avait jamais joué devant autant de monde, et pas non plus depuis d’ailleurs ! Durant l’année qui vient de passer on a aussi eu énormément de chance, on a ouvert pour Eths lors du dernier concert de Candice, c’était super émouvant, puis il y a eu la première partie de Gojira, un rêve de gosses ! Et récemment, Sepultura, ou ouvrir pour une légende, et qui n’a rien perdu de son énergie en plus !

14/ Avez-vous des projets en particulier, des envies, des rêves, des fantasmes quant à votre carrière musical ?


On rêve tous que le groupe continue sur une phase ascendante et qu’on parte en tournée, qu’on ouvre pour des gros groupes en Europe, tout ça, qu’on sorte un album sur un gros label, qu’on devienne vraiment pros quoi, mais bon, on ne se fait pas d’illusions, on est déjà super contents d’en être arrivés là, on verra bien où tout ça nous mène, mais en tout cas, on s’en donne les moyens !

15/ On arrive au bout ! Je vous remercie pour votre temps et pour vos réponses et je vous laisse conclure en beauté !


Merci à toi pour ces questions, et ce qui serait beau c’est que vous qui nous lisez là, on puisse boire une bière avec vous un de ces quatre après un concert qu’on ferait chez vous !
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interview réalisée par Matai

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Renush - 08 Juillet 2019:

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