Necrowretch

Trois ans après la sortie du tonitruant "Satanic Slavery", Necrowretch ouvre à nouveau la fosse commune afin d'y extirper son dernier cadavre nommé "The Ones From Hell". Pour l'occasion, nous en avons profité pour poser quelques questions à Vlad, que nous remercions vivement pour sa disponibilté malgré ces temps chargés de promo.

 

1- Comment as-tu vécu cette période post « Satanic Slavery » et quelles retombées as-tu eu ?

Vlad : C’était certainement la période la plus active du groupe. 1/3 des concerts du groupe ont eu lieu pendant cette tournée, c’est pour dire ! Nous avons eu l’occasion de jouer en Europe, en Turquie, en Asie, etc… En plus d’avoir pu jouer les morceaux un paquet de fois, nous avons également rencontré des fans de tous les horizons, c’était une expérience super enrichissante.

 

2- Depuis le début, je sais que tu enregistres à l’instinct, en très peu de temps, pourquoi cette démarche ? Qu’en est-il de « The Ones From Hell » ? T’es-tu infligé des sévices comme sur l’enregistrement de « With The Serpents Scourge ?

Pour nous c’est dans la performance que le metal extrême prend sa source. A l’heure actuelle la tendance est plutôt d’aller au maximum vers la définition avec des prises pour quasi chaque riff/chaque phrase de chant, chaque montée de solo…. Au contraire nous nous focalisont plutôt sur l’énergie dégagée sur une prise complète, quitte à avoir une petite baisse d’intensité à un moment, c’est la performance qui compte, et l’émotion qu’on retrouve dedans. Cela s’entend beaucoup sur les prises de chant mais c’est également le cas sur tous les instruments. Tu serais surpris de savoir que tous les vocaux ont été enregistré en une journée, complétement en transe, au bout de moi-même, enfermé dans une pièce à m’arracher les cheveux et les cordes vocales. Si tu écoutes bien l’album tu entendra plein de petits cris qui ne devraient pas se trouver là sur un album dit « standard », nous avons choisi de garder toute l’ambiance des prises de sons afin de retranscrire au mieux notre énergie.

 

3- Maintenant que Necrowretch collabore avec Season Of Mist, avec le recul, que penses-tu de ton passage chez Century Media ? Quelles sont les différences entre Century Media et Season Of Mist ?

C’est une question qui revient assez souvent à vrai dire. Je ne pense pas que ce soit utile de faire des comparaisons entre tel ou tel label. Nous avons une super entente avec Season of Mist et nous nous connaissont mieux qu’au départ. Season of Mist à toujours été un label tourné vers les groupes en évolution et non en stagnation. Le coté français est également un plus, nous sommes fier d’être représentés par ce label et de le représenter en France comme à l’étranger.



4- « The Ones From Hell » semble plus posé, plus « ambiancé », avec une vraie dimension mystique, c’est l’âge de la maturité ?

The Ones From Hell est le départ d’un nouveau chapitre pour le groupe. Notre musique va devenir de plus en plus diabolique sans perdre le coté sauvage et primitif qui la caratérise. Seulement avec le temps nous passons plus de temps sur les arrangements, les détails,… Nous portons également une grande attention à ne pas nous répéter d’un album à l’autre, nous ne voulons pas devenir un cliché de nous même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5- Quelles sont, selon toi, les principales différences entre « Satanic Slavery » et « The Ones From Hell » ?

Cela rejoint un peu ma dernière réponse. Satanic Slavery était en quelque sorte la quintécensse de ce que nous avions commencé à l’époque de Putrid Death Sorcery. Un death metal direct très influencé par la scène sud américaine et trop satanique pour son genre. The Ones From Hell ouvre la voie à un Necrowretch avec une identité propre de plus en plus assumée.

 

6- Quelles sont les thèmes abordés sur cet album et quelles sont tes sources d’inspirations ?

Les titres sont assez évocateurs de nos intentions. Necrowretch représente une sorte de jusqu’au boutisme, de titres de fin du monde, d’acharnement ultime… Pour cet album nous avons abordé des thèmes en rapport avec l’histoire des religions moyen orientales, adapté à notre version satanique bien entendu, une sorte de mille et une nuits du mal absolu. Du monde Arabe au Zoroastrisme en passant par les sectes Ismaéliennes, The Ones From Hell raconte la venue des messagers du Mal (face A du vinyl) et la descente aux enfers (face B).

 

7- Etant le seul membre d’origine, comment se passe le processus de composition ? Tu imposes tout ?

Je m’occupe d’écrire tous les morceaux, puis nous les retravaillons ensemble avant d’enregistrer des démos/pre prod et de passer au studio pour le véritable enregistrement. Necrowretch a toujours eu un line up hyper dispersé à travers la France (ou L’Europe !), nous travaillons donc beaucoup à distance pour la création des morceaux.

 

8- Pourquoi avoir fait appel à Stefan Thanneur pour l’artwork de l’album ?

Car nous voulions un regard nouveau sur l’œuvre de Necrowretch. Nous souhaitions un artwork qui sorte des clichés black/death et qui ne dévoile pas tout de suite la musique du groupe. Quelque chose d’un peu plus mystérieux, sans trop de détails et sans logo visible. Stéfan a su sublimer notre musique dans une dimension encore inexplorée, tout en transcrivant l’orientation orientale de l’album. Au vu des retours, l’artwork est vraiment apprécié, c’est un symbole fort, inquiétant et captivant. 

 

"Nous nous focalisons plutôt sur l’énergie dégagée sur une prise complète, quitte à avoir une petite baisse d’intensité à un moment, c’est la performance qui compte, et l’émotion qu’on retrouve dedans"

 

9- Tu vas te produire au Hellfest en juin prochain, préfères-tu les grands festivals de ce type ou les plus petits ? Et pourquoi ?

Nous n’avons pas joué beaucoup de « gros » festivals dans l’histoire de groupe, je dirais peut être une douzaine. C’est un exercice différent où il faut être vraiment concentré sur la précision et le travail du son en amont. Je n’ai pas de préférence pour tel ou tel type de salle, je suis possédé dans les deux cas, chaque concert se joue le couteau entre les dents, tel un cannibale Papou !

 

10- D’où tires-tu toute cette haine ? De la société ? Des religions ? De l’Homme ?

Des trois !

 

11- Quand tu regardes en arrière, que de chemin parcouru. Quel regard portes-tu sur ton épopée ? 

Nous avons fait une bonne route depuis nos débuts au fin fond d’un château de la Drôme, mais tout est encore à faire !

 

 

12- Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ? Quels groupes récents apprécies-tu le plus ?

J’ai beaucoup apprécié les nouveaux albums de Behemoth, Watain ou MGLA, ainsi que le groupe indonésien Exhumation.

 

13- Les réseaux sociaux et, implicitement le téléchargement font parties intégrantes de la vie d’un groupe, comment gères-tu cela ? Et que regard as-tu là-dessus ?

A notre niveau je vois plutôt ça d’un œil positif, cela fait parler du projet et poussera peut être plus de monde aux concerts. Si quelqu’un n’a pas les moyens d’acheter la musique, devrait il en être privé d’en écouter ? Parralèlement le streaming se développe de plus en plus, même dans ce milieu dit « underground ». N’appartenant pas à la génération des « Grands Anciens », nous ne nous sentons pas en décalage avec ce type de consumation de la musique.

 

14- Un petite dernière pour la route, pourquoi avoir ajouté « Gutsfucker » à ton pseudo ?

Aaaah ! C’est le pseudo que j’utilisais sur la toute première démo, je ne sais pas où tu as trouvé ça (rires). C’était bien entendu une référence à Mayhem.

 

15- Je te laisse la parole, si tu veux dire quelque chose aux lecteurs de Sprit Of Metal, c’est maintenant :

Rendez-vous en Enfer !

interview réalisée par odrodzenie

3 Commentaires

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Flamma - 09 Mars 2020:

Bonne interview. Grosse faute d'orthographe par contre, c'est fosse commune pas fausse.

odrodzenie - 09 Mars 2020:

Ah merde. Merci à toi de me l'avoir signaler.

Flamma - 09 Mars 2020:

Pas de problème.

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