Dark Age (GER)

Les groupes subissant des mutations sont désormais monnaie courante. Il est devenu de bon ton de dire que l’on est ouvert d’esprit, qu’il faut écouter de tout et que le metal extrême n’est pas une fin en soi. Les virages de groupes comme Morbid Angel, In Flames, Katatonia ou Opeth en sont les meilleurs exemples, avec plus ou moins de réussite.
Dark Age a tenté, avec brio il faut l’avouer, un pari similaire avec « A Matter of Trust », dans la droite lignée d’ « Acedia » en laissant disparaitre presque intégralement les influences death metal originelles pour livrer un metal moderne très mélodique, sensiblement électronique et surtout très accessible. La parole au compositeur/chanteur/guitariste Eike Freese.

[Par Eternalis]

interview Dark Age (GER)1 – Salut Dark Age ! Comment vas-tu ? « A Matter of Trust » vient juste de sortir…quels sont les premiers retours ?
Salut ! Les retours sont vraiment, vraiment excellents et de très loin ! Bien sûr, nous avons pas mal de personnes qui ont du mal à comprendre notre nouveau style mais nous recevons énormément de messages de fans plutôt branchés sur nos vieux albums qui, après quelques écoutes, commencent à nous comprendre et croire de plus en plus en cet album.

2 – Personnellement, j’adore ce nouvel album. Il est plus mélodique, mélancolique et explore de nouveaux paysages musicaux, un peu comme Katatonia ou In Flames. Comment le décrirais-tu ?
Je pense, qu’après de longues journées d’errance, nous avons enfin trouvé notre propre voie.

Nous aimons expérimenter différents styles et émotions dans notre musique et bien sûr, les groupes que tu mentionnes ont eu à un moment une grande influence sur nous. Cet album a été construit autour de nombreuses émotions misent sur le tapis : c’est heavy mais avec beaucoup de groove, rock et catchy. Et au fond, cela reste sombre et mélancolique bien que nous n’ayons pas insister sur la touche dépressive pour ne pas plomber l’auditeur. Je voulais quelque chose de plus accessible à tous.



3 – Pourquoi perdre les premières influences death metal de votre musique ? Vous n’aimez plus ça maintenant ?
Je n’ai aucun problème avec ça. J’aime tous les genres de metal mais, tu vois, nous pensons que nous avons déjà dit ce que nous avions à exprimer avec les vieux albums dans ce registre. Il est inutile de répéter ce schéma là et nous voulions désormais proposer quelque chose de nouveau à nos fans.

4 – Il y a encore des vocaux extrêmes (Out of Time, Fight, Dark Signs) mais la majorité est chanté en clean…tu as réellement une superbe voix, plus émotionnelle et naturelle que sur « Acedia ». As-tu travaillé différemment ou possédais-tu déjà cette voix avant mais ne l’utilisais pas ?
Oui, je l’avais. Mais j’ai travaillé énormément en tant que compositeur pour que ce type de chant corresponde à mes chansons. J’ai aussi écris pour d’autres artistes et cela a entrainé ma voix. De plus, sur cet album, j’ai vraiment pris le temps pour mes parties de chant afin qu’elles soient exactement comme je le souhaitais.

5 – Pourquoi ce titre « A Matter of Trust » (Une question de confiance). Confiance en quoi ? En la politique ? La société ? En Dark Age ? Ou alors c’est un message pour que vos fans ne prennent pas peur avec cet album ? (rires)
« A Matter of Trust » décrit les motivations de l’humanité de porter en eux la vie. L’humanité a toujours besoin d’une raison de vivre, de se lever et d’affronter les difficul
interview Dark Age (GER)tés et les sacrifices de la vie.

En tant que groupe, nous arrivons également à un stade où nous devons combiner nos motivations personnelles avec le désir de produire de la musique afin de trouver un sens global à nos vies, au-dessus du simple fait d’exister.

Quant à nos fans, effectivement, je n’y avais pas pensé mais il peut aussi être interprété de cette manière (rires).



6 – La production est juste excellente, très puissante et précise. Parle-en nous.
Bien sûr. Lorsque nous sommes entrés en studio, nous n’avions que des fragments de morceaux. C’était notre but, de laisser les titres se développer d’eux-mêmes en studio et d’avoir plus de libertés de changer les arrangements quand nous pensions qu’il était temps de le faire. Ce fut un énorme changement, mais aussi très épuisant.

Tu sais, nous avons toujours été un groupe cherchant à puiser de nouvelles inspirations afin de transmettre un certain nombre d’émotions, tout ce que nous pouvions trouver pour le bien des chansons. Car je le dis, c’est réellement fatiguant de devoir produire encore et encore le même disque.

C’est comme en cuisine, pour un bon plat, tu changes parfois les ingrédients du menu sinon tu vas te lasser de ce que tu manges et tu ne sauras pas si tu aimais tel ou tel nouvel élément. Là c’est pareil ; nous avons pris le temps de trouver les bons sons pour chacun des instruments et cela a pris environ six mois pour enregistrer ce monstre (rires).



7 – Un titre comme « My Savior » est, pour moi, un pur « killer track » avec un refrain très simple à chanter. C’est aussi très commercial et facile à donner aux radios pour vous découvrir. Penses-tu que les radios ou la musique plus « mainstream » peuvent apprécier cet album ?
Déjà, je te remercie pour le compliment. Sinon, je ne pense pas vraiment. Nous voulons juste écrire une musique intense et énergique. Nous ne pensons que les radios ou le public « mainstream » s’intéressera à cet album. Mais nous l’espérons (sourire).

8 – J’ai reçu l’édition limitée de l’album [nombre 23#] et j’ai pris du temps afin de trouver le code sur les différentes faces de ce « puzzle » (ndrl : il s’agit en fait d’un cube sur lequel on peut tourner les faces afin de reconstituer la tracklist, le nom du groupe et un code pour accéder à des bonus multimedia)…c’est fun et original. Comment avez-vous eu cette idée limitée à 400 copies ?
Cela a été très difficile à réaliser. Nous ne savions pas exactement ce que donnerais le résultat final mais nous avions vraiment envie d’offrir quelque chose de très spécial pour nos fans cette fois-ci.

L’idée du code venait en revanche de notre management.



9 – Penses-tu justement que ce genre d’
interview Dark Age (GER)ditions très limitées peut limiter le téléchargement par son côté attractif ? C’est beaucoup plus attrayant que de simplement avoir un fichier en mauvaise qualité non ?
Absolument ! Je pense que les gens aiment encore dépenser de l’argent pour leurs groupes favoris s’ils ressentent que eux font quelque chose de spécial. Les fans de rock et de metal aiment les éditions spéciales, ce sont des collectionneurs et c’est quelque chose de fantastique, de donner aux fans un contenu plaisant et d’en être récompensé après avoir travaillé dur.

10 – Et AFM n’a pas trop hurlé quand vous avez proposé votre idée ?
(rires). Pas du tout non.

Nous avons dessiné le design et organisé tout par nous-mêmes. Le « graphic designer » et le management d’AFM ont fait un job fantastique pour nous.



11 – Quels groupes écoutes-tu aujourd’hui ? Tes préférences musicales sont-elles différentes par rapport aux débuts de Dark Age ?
Oui, bien sûr. Nous grandissons et apprenons avec l’âge. Mais globalement, j’écoute encore les mêmes groupes que j’adorais il y a quinze ans. J’ai juste ajouté de nombreux nouveaux groupes dans mes écoutes. J’ai renoncé à n’écouter qu’un genre en particulier.

J’aime tout autant écouter des artistes comme Bob Dylan, Tom Waits ou Genesis. Pour un artiste, c’est très important de n’avoir aucune limite.



12 – Quels sont tes espoirs avec ce disque ?
Mes espoirs ? La domination du monde (rires)

13 – Avez-vous préparé une tournée pour les prochains mois ?
Nous travaillons dessus en ce moment-même. Rien n’est encore certain mais je vous promets de nombreux concerts l’année prochaine.

14 – En France, on dit souvent que l’Allemagne est une terre bénie pour le metal. Est-ce vrai ? Avez-vous plus de chance si vous venez d’Allemagne plutôt que de France ou d’Espagne ?


L’Allemagne est le troisième plus gros marché musical du mode. Les allemands aiment écouter du metal et c’est devenu désormais quelque chose de complètement « mainstream » dans le pays.

Pour Dark Age, nous avons toujours aimé joué en France et espérons que cela continu afin de revenir au plus vite. Nous avons d’excellents souvenirs et voulons faire de grands concerts chez vous !



15 – Que fais-tu quand tu ne fais pas de musique ?
Je joue au football avec mon fils.

16 – Les derniers mots pour Spirit of Metal ?
Merci beaucoup de nous permettre de s’exprimer ici. Nous espérons revenir bientôt voir nos amis en France très prochainement. Regardez les dates sur Facebook ! Merci beaucoup !
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interview réalisée par Eternalis

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exorciste - 22 Septembre 2013: Très bonne interview, pour ce qu'il en est de l'album, je pense l'écoutez en profondeur ces jours-ci. Et encore merci !
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