Benighted (FRA)

Après la publication du monumental "Obscene Repressed", dernier bout de viande faisandé de Benignted, nous en avons profité pour tailler un bout de bavette avec Julien Truchan, éructeur en chef de la formation et dernier membre origninel.

 

1.Salut Julien, avant tout, je sais que tu as été atteint du Covid 19, comment vas-tu aujourd’hui ?

Hello ! J’ai effectivement passé un sale moment avec ce virus que j’ai contracté dans le service Covid où je suis allé aider en tant qu’infirmier. Une semaine de température entre 39 et 41°, maux de tête, infection des poumons, perte du goût et de l’odorat… au lieu de fêter la sortie du nouvel album et jouer à l’Inferno festival en Norvège comme prévu au départ… du bonheur! Ah ah! Je ne suis pas encore complètement remis car cet épisode m’a beaucoup fatigué mais je retourne au travail dès demain et ça devrait aller.

 

2.Comment se passe cette période de confinement justement, avec tous ces concerts annulés ?

C’est extrêmement frustrant, on avait tout préparé pour que la promotion de l’album soit top, avec une tournée Warmup Hellfest tout de suite derrière sa sortie dont cette super date à paris à l’Olympia, tous les festivals d’été européens… Et tout est tombé à l’eau. Bien sûr, la santé passe bien avant mais on a vraiment les boules et on donnera deux fois plus quand les dates reprendront !

 

3.Une question me taraude depuis un moment, je suis sans doute passé à côté de l’info, pourquoi Romain Goulon a-t-il quitté le groupe ?

Pendant notre tournée européenne 2017 avec Wormed, Unfathomable Ruination et Omophagia, il a développé une dystonie à la cheville qui n’a fait qu’empirer au fil des dates et qui lui a fait vivre un véritable enfer en le privant de tout plaisir à jouer ou à profiter de la tournée. Quand on est rentré, le problème a persisté et venait entre autres du fait que jouer un style aussi extrême devenait presque dangereux pour Romain et ça l’impactait beaucoup psychologiquement. Nous n’avons pas eu d’autre choix que de trouver un autre batteur et Romain a complètement arrêté le métal extrême à l’époque. J’ai entendu qu’il y revenait dernièrement et je suis super content pour lui et qu’il aille enfin mieux !

 

4.Kévin Paradis a-t-il passé une audition ? Puisque Kévin Foley était dispo, après son départ d’Abbath, as-tu envisagé de le ré-intégrer ?

Kévin Foley était en recherche d’un groupe qui ne soit justement pas du métal extrême dont il avait fait un peu le tour mais il nous a encore bien aidé pour les dates qu’on devait assurer malgré le départ de Romain, heureusement qu’il était là et on l’en remercie ! L’intégration de Kévin s’est faite immédiatement après et on savait déjà que ce serait la personne idéale pour le groupe, vu qu’on se connaissait bien et qu’on avait déjà joué ensemble. Il a donc quitté Svart Crown où il jouait à l’époque mais n’y était pas très épanoui pour nous rejoindre et avec le line-up actuel, on n’a jamais été une telle machine de guerre sur scène ! Kévin est devenu un des meilleurs batteurs d’extrême du monde, il est incroyable !

 

5.Quel regard portes-tu sur la période qui a suivi « Necrobreed » ? Penses-tu que cet album vous a fait franchir un cap ?

Oh que oui, on a fait tellement de tournées pour promouvoir cet album et on a des opportunités de plus en plus intéressantes ! On a fait 3 tournées européennes, une tournée asiatique, une tournée américaine, une mini-tournée russe, des dizaines de festivals… C’était juste énorme !

 

6.« Obscene Repressed » a été publié il y a peu de temps et après de multiples écoutes approfondies, le mot « intense » me vient immédiatement à l’esprit. Etait-ce une démarche préméditée au moment de l’écriture de l’album ?

On ne prémédite rien du tout quand on commence un album, on compose et on voit où ça nous mène en privilégiant l’efficacité et que chaque morceau ait son identité propre !Sinon on a gardé la même façon de composer que pour “Necrobreed” en intensifiant tout, que ce soir en vitesse, en groove, en brutalité ou en côté malsain pour certaines parties. La différence majeure pour “Obscene Repressed” réside dans le fait qu’il y a beaucoup plus d’influence hardcore que dans le précédent.

 

7.L’aspect « hardcore » est bien plus mis en avant que sur « Necrobreed », notamment dans les breaks, ce qui amène plus de variétés, est-ce à dire que « Necrobreed » était trop linéaire ?

Oui, on a instinctivement accentué cette touche hardcore qui avait beaucoup participé au succès de “Asylum Cave” ou “Carnivore Sublime” par exemple. Et ceci rend les morceaux encore plus efficaces sur scène ! Je ne trouve pas « Necrobreed » linéaire, au contraire mais je pense que c’est une énergie supplémentaire qui vient aérer les moments très rapides et denses et renforcer encore l’efficacité des morceaux

 

 

 

8.J’ai l’impression que Benighted franchit un nouveau cap à chaque sortie de disque depuis un bon moment, vous allez vous arrêter où comme ça ?

On ne veut surtout pas s’arrêter ! Ah ah !

 

9.« Obscene Repressed » voit l’ajout de guests, dont Jamey Jasta, comment t’es-tu débrouillé pour qu’il participe à ce projet ?

C’était un drôle de challenge car je ne le connais absolument pas ! Je suis un grand fan de Hatebreed depuis des années, et j’avais entendu qu’il avait parlé de nous dans un de ses podcasts et notamment de notre clip pour Leatherface (Necrobreed). J’en ai donc déduit qu’il devait bien aimer ce qu’on faisait. Quand on a écrit Implore The Negative, l’esprit Hardcore que dégage ce morceau m’a immédiatement inspiré d’inviter quelqu’un avec une putain de voix dans ce registre pour le pousser au maximum de son efficacité et son originalité ! J’ai bien sûr pensé à Jamey et tenté le coup ! J’ai écrit à un contact de Nuclear Blast qui m’a dit qu’il adorerait voir une telle collaboration mais que Jamey est un mec tellement occupé qu’il y avait peu de chance qu’il puisse mais qu’il lui faisait suivre mon mail. Deux semaines plus tard, je recevais un mail de ce contact avec Jmaey en copie qui me disait qu’il était partant et qu’il nous laissait gérer tous les deux ! Et quand j’ai reçu ses parties voix, c’est vraiment là que j’y ai cru ! Ah ah! Et avec sa participation, ce morceau est devenu un hymne à la brutalité !

 

10.Comment se déroule désormais le processus de composition avec Emmanuel, toi qui a toujours fonctionné avec Olivier Gabriel dit « Gab » ? Comment t’es-tu adapté à cela ?

Il y a une vraie osmose dans le line-up tel qu’il est là ! A l’époque avant « Necrobreed », on était tous près les uns des autres et on composait en répétant. Avec ce nouveau line-up où nous sommes loin, nous avons une nouvelle façon de composer puisque Manu (guitare) compose quasiment tous les riffs, je vais chez lui et on construit les morceaux ensemble la plupart du temps puis on envoie aux autres pour que chacun donne son avis ou ses idées.  Et je tiens à souligner le travail incroyable que Kévin a fait pour cet album à la batterie parce qu’il a réalisé une vraie performance batteritisque qui met la barre à un niveau incroyable ! On a de la chance d’avoir de telles machines de guerre dans le groupe ! Il nous tarde maintenant de jouer tous ces nouveaux morceaux sur scène !!!

 

11.Vos albums tournent toujours autour d’un concept, peux-tu nous en dire plus sur celui qui est traité sur « Obscene Repressed » ? Où vas-tu chercher de telles histoires ?

Absolument, comme tous les autres concepts, cette histoire m’a été inspirée d’un patient. Je me suis occupé de lui il y a une dizaine d’années environ. Tout le nouvel album raconte la vie d’un garçon avec une fente palatine non opérée qui porte des bandages sur la bouche à la maison car sa mère trouve son visage très repoussant. Il va rapidement développer des symptômes de psychose comme des délires construits, du morcellement, des hallucinations, accusant son père qu’il hait de l’avoir fait à cette image pour qu’il ne puisse jamais être avec sa mère. Il hait aussi tout ce qu’il entend derrière la porte de ses parents, développe des pulsions sexuelles inadaptées… Jusqu’à ce qu’un jour, alors qu’il n’en peut plus de l’ambivalence de sa mère et de la maltraitance de son père, il va secrètement et symboliquement se découper les lèvres avec le rasoir de ce dernier et les mettre dans le plat familial cuisiné pour sa mère. Elle ne comprendra ce qu’elle a mangé que lorsqu’il enlèvera les bandages de son visage et sa satisfaction d’avoir pu « retourner dans maman » avec la partie de lui qui la dégoutait le plus… Ah ah !

 

12.Tu utilises avec une facilité déconcertante un grand nombre de vocaux différents, j’imagine que tu dois bosser d’arrache-pied pour conserver une telle aisance, comment fais-tu d’ailleurs ?

Je ne bosse pas tant que ça, ça fait longtemps que je fais ce type de voix et ma gorge est habituée. Je travaille juste un peu plus avant les tournées car il faut qu’elle puisse tenir le coup tous les soirs pendant parfois un mois. Mais je n’ai pas de routine particulière hormis m’exercer en conduisant par exemple, là où je ne fais chier personne ! Ah ah !

 

 

13.La scène extrême hexagonale est sans doute la plus riche d’Europe, as-tu des petits préférés et pourquoi ?

J’adore notre scène dans tous les styles ! Jai une préférence franche pour nos groupes de grindcore que sont Inhumate et Blockheads que j’aime autant pour leur musique que leur état d’esprit ! Bien sûr les copains de Gorod aussi dans un autre registre et plus récemment Akiavel où chante ma chère Aurélie qui viennent de sortir un super album avec un gros gros son !

 

14.Tiens justement, pour tous les néophytes qui n’auraient pas eu la chance d’avoir vu Benighted en live, peux-tu leur décrire cette expérience ?

Je vais reprendre un des plus beaux compliments que nous a fait un jour un fan : « Benighted, c’est comme deux camions remplis de porcs qui entrent en collision à pleine vitesse, c’est brutal, ça saigne, ça gruike à fond, et on adore ça ! »

 

15.Tu es assez présent sur les réseaux sociaux, penses-tu que ce biais soit primordial pour la pérennité de ta formation ?

Je ne sais pas, j’aime juste être en lien avec mes potes, la grande famille du métal au niveau mondial, être en lien les uns avec les autres de façon si naturelle et authentique juste parce qu’on se retrouve dans la même musique, c’est une des choses qui me rend fier de faire partie de cette communauté.

 

16.Faut-il s’attendre à quelques surprises lors de votre prochaine tournée ?

Oh que oui, et elles seront surtout visuelles parce qu’on a bien travaillé sur la scénographie !

 

17.Quelles sont tes influences musicales et qu’écoutes-tu en ce moment ?

Mes principales influences sont Napalm Death, Aborted, Dying Fetus et Suffocation. Et en ce moment, ce qui tourne beaucoup chez moi, ce sont Cattle Decapitation, Der Weg Einer Freiheit et Anaal Nathrakh !

 

18.Je te laisse la parole pour t’adresser aux lecteurs de Spirit Of Metal

Merci à tous ceux qui nous soutiennent et on a une putain de hâte de vous retrouver tous en concert et oublier tant que possible ce triste épisode de virus ! Prenez soin de vous, merci à toi pour cette interview et restez bien à la maison pour le moment !

 

 

 

interview réalisée par odrodzenie

3 Commentaires

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Flamma - 07 Mai 2020:

Encore une interview très bien !

Par contre toutes les images sont brisées.

odrodzenie - 07 Mai 2020:

Merci, pour les images, je ne sais pas comment faire

Eternalis - 08 Mai 2020:

Interview bien cool. C'est parfait d'avoir des groupes comme ça en inté sur le site, merci à toi ;)

Pour les images, ça a fait merdé ma nouvelle inté donc j'ai la sensation qu'il y a un soucis avec ..

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