Arch Enemy

Avant de mettre le feu sur les planches de la Mainstage et de coller une mandale à la plupart des festivaliers du dimanche, Arch Enemy était disponible en interview l’après-midi. Entre Michael Amott et Sharlee d’Angelo, c’est sur le bassiste colosse que nous sommes tombés.

Un entretien sympathique avec un musicien souriant et humble, qui ne semble pas contre une bonne dose d’évolution dans le futur proche d’Arch Enemy (pas certain que son compère soit toujours du même avis). C’est en revenant sur le dernier opus en date, « Will to Power », ses expérimentations, le chant clair, les orchestrations et la collaboration avec Jens Borgen que le bassiste évoqua le futur du groupe et divers sujets. Let’s go.

[Par Eternalis]

 

1 – Comment vas-tu ? Que peux-tu me dire de la tournée de « Will to Power » ?

Ça va très bien merci ! C’est un gros succès pour nous, bien au-delà de nos espérances. Il y a plein de dates sold out, les fans sont très réceptifs et on revient en France avec un gros show. Tout est vraiment parfait !

 

2 – « Will to Power » est sorti l’année dernière. Avec ces quelques mois de recul, es-tu toujours aussi satisfait ? Est-ce que tu changerais quelque chose si tu pouvais ?

Non, pas du tout. Quand on essaie de nouvelles choses, c’est toujours excitant de créer et de sortir de nouveaux albums. Alors oui, quand tu réécoutes, tu te dis « Peut-être que ça aurait pu être joué comme ça... » mais on essaie de ne pas trop penser à ce genre de choses tu vois ? Parce que si tu changes quelque chose, ça va dénaturer ce que tu voulais faire au début…au contraire, c’est de l’expérience pour le prochain disque car tu apprends de tes erreurs. On essaie d’être toujours meilleurs.

 

3 – C’est le second disque avec Alissa et Angela avait collaboré avec elle pour « War Eternal ». Est-ce qu’elle a été plus intégrée cette fois-ci au processus de composition ?

(ndlr : il tic …) Non pas vraiment, Alissa n’a pas du tout été intégrée dans « War Eternal » puisque tout était déjà écrit. Ce sont des histoires de business qui ont raconté des choses mais Angela était déjà partie et ne s’est jamais investie du tout dans le processus d’écriture.

Par contre, cette fois-ci, elle était avec nous quand les morceaux ont été composé. Elle avait Angela en tête quand elle a chanté sur le précédent alors que cette fois-ci, elle s’est vraiment investie dans quelque chose de plus personnel.

 

4 – Est-ce que vous écrivez différemment en pensant à elle ?

Je ne pense pas non. Je pense que « War Eternal » a été écrit comme d’habitude car nous ne savions pas qu’elle partirait. Peut-être que, inconsciemment, on pense à ses capacités quand on compose mais on pose avant tout nos idées sur la table et on travaille ensemble sur ce qui sonne le mieux, comme avant. C’est évident que certains titres comme « Reason to Believe » ont une empreinte d’Alissa puisque ça n’aurait pas été possible avec Angela de placer du chant clair. C’est un titre sur lequel nous sommes confortable car nous l’avons avec nous, nous pouvons nous le permettre car elle est capable de le chanter.

Nous essayons de travailler ensemble pour que l’harmonie entre nous soit au maximum, notamment dans les mélodies de guitares et le placement du chant. Peut-être que nous développerons le chant clair sur le prochain album ou qu’il n’y en aura pas du tout…ça dépendra de ce que les titres auront besoin.

 

5 – En plus du chant clair, il y a de véritables instruments à cordes sur « A Fight I Must Win ». « War Eternal » voyait déjà des parties symphoniques venir…est-ce que c’est une évolution possible pour Arch Enemy ? Bosser avec un véritable orchestre ?

Je ne sais pas. Il y avait deux titres sur « War Eternal » [ndlr : « Avalanche » et « Time is Black »] avec ces arrangements et nous en avons encore un ici…c’est comme pour les vocaux en fait. Tout dépendra de la tournure que prendrons les titres…je ne pense pas que les claviers vont prendre de l’importance comme chez Stratovarius par exemple [ndlr : il y a une marge quand même !].

Si nous nous disons « Ok, ce titre a besoin d’orchestrations » alors nous en mettrons. Qu’il y ait un orchestre sur chaque titre ? Peut-être ! pourquoi pas ? J’aime beaucoup travailler avec des musiciens à cordes parce que le résultat est énorme. Tu peux faire beaucoup de choses digitales aujourd’hui, d’arrangements mais ça ne sera jamais comme avec de vrais musiciens. Il y a une atmosphère qui est incomparable et je suis définitivement ouvert à intégrer plus de parties comme ça SI (ndlr : il insiste bien sur le « si ») les morceaux le réclament.

 

6 – Justement, que penses-tu de groupes comme Dimmu Borgir ou Septic Flesh qui travaillent avec de gros orchestres, une chorale et des arrangements presque plus importants que les parties metal ?

Un groupe comme Dimmu a beaucoup évolué, s’est éloigné du black metal vers quelque chose de très mélodique et ambitieux. Ils ont une musique qui nécessite d’avoir un orchestre parce que les guitares sont en retrait. J’aime beaucoup ça mais Dimmu a un côté plus « bombastic » que nous, comme dans un film.

 

 

7 – Comment travaillez-vous avec Jeff Loomis ? C’est un guitariste très différent de Michael (Amott) et j’ai lu dans une interview qu’il n’écrivait pas pour Arch Enemy car ses idées étaient plus étranges.

Le timing a fait que tous les titres étaient déjà fini quand il nous a rejoint. Nous verrons dans le futur. Il a un ton vraiment très spécifique quand il écrit, quand il joue. C’est quelque chose d’unique, de très technique et un peu tordu (sourires). Nous verrons bien les idées qu’il apporte mais c’est un musicien exceptionnel et nous avons beaucoup de chance de l’avoir avec nous.

 

8 – As-tu une opinion sur le téléchargement ? C’est un paradoxe mais on voit que certaines éditions limitées ou les vinyles se vendent mieux dernièrement…

C’est comme c’est malheureusement. Il n’y a pas grand-chose à en dire. Les choses ont changé et c’est comme ça. Je pense que la clé ce sont les efforts que les labels pour le packaging. Il y a de très belles choses aujourd’hui qui sortent et nous avons eu de très belles éditions sur nos derniers albums, des choses uniques.

Nous voulons que les fans achètent autre chose que juste de la musique à écouter sur un téléphone. Pour certaines personnes, et nous avons la chance que le metal soit un peu épargné, la musique est juste un truc que tu écoutes sur ton iPhone. Surtout les jeunes…ils voient un vinyle ou un cd et ils se demandent comment on fait pour les mettre dans le téléphone (rires général). « Comment je fais pour lire ça, c’est trop gros » (rires, il mime un gros vinyle qu’on cherche à rentrer dans le smartphone qui sert à l’enregistrement).

Alors oui, la musique coute de l’argent et les éditions coutent parfois chère mais nous essayons de ne pas nous moquer des fans. Plus d’argent pour du matériel plus cool, une box, des vinyles de couleur…

 

9 – Quel serait l’album le plus important pour la carrière de Arch Enemy ?

Je dirais…(ndlr : il hésite)…la plupart ont servi à franchir des paliers supplémentaires. Tout a été très progressif…j’ai envie de dire « Burning Bridges » parce que c’est le premier sur lequel je joue (sourires). Mais je pense que « Wages of Sin » est celui avec quoi plein de choses ont décollé. Angela a changé la donne, nous avons fait une première tournée internationale, beaucoup jouer et l’album s’est très bien vendu…

 

10 – L’album a été produit par Jens Borgen. Vous changé souvent de producteurs…quelles différences avez-vous trouvé avec lui ?

Je pense que chaque producteur a des particularités, notamment dans le mix qu’ils proposent. Jens te pousse vraiment, il a commencé très tôt dans le processus pour donner une cohérence à l’album car il y a beaucoup de chansons différentes les unes des autres. Jens voulait vraiment que l’album sonne comme il doit sonner, il ne cherche pas à ce qu’on reconnaissance que c’est lui, il veut donner une couleur spécifique. Si tu prends nos albums avec Andy Sneap, tu reconnais directement que c’est lui. Il a une patte unique mais les groupes qui passent entre ses mains ont le son qu’il donne. Sur le dernier Judas Priest, tu le reconnais immédiatement.

Je me souviens de l’enregistrement de « Burning Bridges »…il avait durer pas plus de dix ou douze jours. Il n’y avait pas de triggers, pas d’effets…c’était mon premier avec les gars du groupe et c’était un peu comme noël car tout était nouveau pour moi. C’était une expérience fantastique.

 

11 – Est-ce qu’il y a un producteur avec lequel tu voudrais vraiment bosser ?

J’adorerais travailler avec Bob Ezrin (ndlr : producteur de Kiss, Alice Cooper, Pink Floyd, etc…) personnellement. J’adore ce qu’il a fait avec Alice Cooper par exemple, je trouve fantastique un album comme « Welcome to my Nightmare », ou le « Destroyer » de Kiss. C’est exceptionnel même si c’est très différent de ce que je joue.

Il a toujours eu plein d’idées…avec Peter Gabriel aussi c’était génial, très créatif, avec pleins d’éléments. Je pense que ça restera un rêve (rires).

 

12 – Dernière question…peux-tu me donner des nouvelles de Cristopher Amott ?

Il est toujours dans la musique…il a fait pas mal de concerts avec Dark Tranquillity l’année dernière donc il est toujours là (rires)

interview réalisée par Eternalis

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