Year of the Black Rainbow

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Nom du groupe Coheed And Cambria
Nom de l'album Year of the Black Rainbow
Type Album
Date de parution 13 Avril 2010
Produit par Barresi Joe
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album34

Tracklist

DISC
1. One
2. The Broken
3. Guns of Summer
4. Here We Are Juggernaut
5. Far
6. This Shattered Symphony
7. World of Lines
8. Made Out of Nothing (All That I Am)
9. Pearl of the Stars
10. In the Flame of Error
11. When Skeletons Live
12. The Black Rainbow
Bonustracks (Deluxe Edition)
13. Chamberlain (Demo)
14. The Lost Shepherd (Demo)
Bonustracks (Itunes Edition)
13. Chamberlain (Demo)
14. The Lost Shepherd (Demo)
15. Hush
DVD (DELUXE EDITION)
Every End Has a Beginning - Features live and studio footage of the band.

Chronique @ AmonAbbath

16 Avril 2010
Cinquième album studio pour la bande à monsieur Sanchez, ce "Year of the Black Rainbow" remonte, conceptuellement parlant, aux origines de la saga dont les protagonistes ne sont autres que Coheed et Cambria, un couple qui se voit contraint de tuer ses enfants pour éviter la propagation d'un virus qui entraînerait la fin du monde. Un concept ambitieux, que l'auditeur passionné peut retrouver dans des comics sortis eux aussi de l'esprit du très chevelu leader de Coheed and Cambria, Claudio Sanchez.
Musicalement, les précédents opus ne faisaient pas dans la dentelle, offrant souvent plusieurs refrains dans un seul titre, des orchestrations à la volée, des soli à tiroirs ... Voyons ce que le groupe a préparé cette fois.

Après une intro peu utile (pas de paroles, une mélodie courte et faiblarde à la fin, autrement dit une piste qui ne sert ni le concept ni la musique), "The Broken", l'un des premiers titres révélés, fait son entrée. On remarquera de suite une prod' moins énorme que sur les deux opus précédents, moins Hard. Il s'agit d'un morceau assez proche de la musique distillée sur "The Second Stage Turbine Blade", album au passage très dispensable. Le tout est nettement moins emmené que le disque précédent, les guitares prennent souvent des accents atmosphériques. C'est un titre auquel on se fait finalement assez vite, plaisant, quoiqu'il s'éloigne grandement de la direction que le groupe prenait avec "No World for Tomorrow".

Rapidement, le message se fait clair : c'est un disque qui ne suit pas l'évolution jusqu'ici quasiment logique du groupe. Des chansons comme "Here We Are Juggernaut" (on pense vraiment au premier album du groupe) ou "Far" laissent clairement la place aux sonorités moins directes, comme le prouvent ces guitares qui survolent de temps à autre la mélodie principale avec des airs plus planants, ou le remplacement dans "Far" de la batterie par des percussions électroniques par ailleurs franchement vite lassantes voire énervantes, à l'image d'un morceau trop long, manquant de matière et qui ne décolle jamais.

Certains titres empêchent toutefois la mayonnaise de tourner, comme "Guns of Summer", bien que l'on soit encore très loin de l'atmosphère développée sur les trois disques précédents, avec un jeu de batterie rapide et intéressant, un solo Electro bien barré qu'on finit par apprécier mais qui peut rebuter les fans de soli à l'ancienne qui s'étaient vus intégrés aux deux disques précédents, ou encore "This Shattered Symphony", dont les guitares se complètent enfin un peu plus (l'une des spécialités du groupe, pour moi trop mise de côté sur cet album) et dont le rythme permet enfin de remuer un peu la tête. Moins surprenant que les morceaux précédents certes, mais il vaut mieux un bon petit Rock qu'une mauvaise expérimentation.

Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La piste suivante, répondant au nom de "World of Lines", est l'une des meilleures du cd à mon sens, avec une basse assez présente, un rythme enlevé et entraînant, un Claudio bien en voix sur des lignes de chant rapides, enchaînant les paroles sans faillir, de quoi finir essoufflé. On retrouve enfin un Coheed and Cambria plus rageur, où cet homme à la voix si particulière semble vivre réellement son chant.

On retombe malheureusement assez bas à plusieurs reprises, avec notamment un "Made Out of Nothing (All That I Am)" inexplicablement plat en comparaison de quelques morceaux bien plus recherchés sur les disques précédents. Est-ce vraiment le groupe qui a pondu des trucs comme "Welcome Home" ou "Mother Superior" ? On viendrait à en douter à l'écoute de cette chanson laissant une impression de vide alors que - paradoxe - elle semble n'être là que pour remplir.
"In the Flame of Error" n'est pas franchement très rapide et dépasse allègrement les cinq minutes. Cela dit, un refrain assez bien composé (on sent un travail certain sur les riffs et de la conviction dans la voix) jouera en sa faveur, et l'on pourra éviter de regarder sa montre. Un geste auquel "The Black Rainbow" n'échappera sans doute que pour peu de personnes, tant l'ennui frappe constamment aux portes de nos tympans au long de ce titre qui traîne une nouvelle fois en longueur alors que la matière n'y est pas : on a droit à sept minutes qui semblent interminables car le morceau n'est pas loin de n'être qu'une répétition du même air. On peut le dire : ce titre n'est rien du tout comparé aux conclusions des albums précédents qui étaient des perles de composition.

Cela dit, on pourra se consoler à l'écoute de la ballade progressive "Pearl of the Stars", simplement belle, munie d'orchestrations au violon et de jolies sonorités (que je ne saurais vraiment vous décrire, entre des sons de clochettes et des sons électroniques). Pour la première fois, si l'on veut se laisser aller, il est possible de retrouver le Coheed and Cambria mélodieux qui savait donner naissance à des titres qui prennent aux tripes tant l'exécution est franche et juste.
Il est également possible de se pencher avec plaisir sur "When Skeletons Live", un peu plus rythmée à son tour, mais sans être vraiment directe car elle fourmille de détails à découvrir au fil des écoutes (orchestrations bizarres, ambiances, guitares qui se lâchent, se complètent ou envoient des mini-soli inattendus...) ainsi que de lignes de chant qui s'entremêlent, ce qui en fait un titre plaisant, à l'écoute duquel il est difficile de s'ennuyer.



Des passages à vide, l'abandon des structures progressives complexes et l'absence de la mini-saga finale qui devenait un rituel, une production moins personnelle, moins originale, moins tranchante, font de cet album une pièce nettement inférieure aux précédents. Je ne dirais pas qu'il est à jeter aux oubliettes, mais plutôt à appréhender dans son concept : exit l'évolution musicale du groupe, il s'agit d'un retour aux sources du projet, qui s'est semble-t-il traduit tant textuellement que musicalement. Cela dit, un manque d'intérêt se fait sentir par rapport au reste de la discographie (même au niveau d'un artwork réducteur et peu agréable à l'œil), et l'on ne se sent plus voyager dans une saga comme ce pouvait être le cas avec les autres disques, la retranscription musicale du concept n'est cette fois pas très alléchante.

12/20 donc, ce qui n'est pas nul, mais manque franchement d'intérêt.

2 Commentaires

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Ebrithil - 17 Avril 2010: 100% d'accord, tu m'épargnes une chronique que j'aurais certainement moins réussi ...
Bravo... à toi, et pas au groupe...
samolice - 05 Juin 2012:

Pas leur meilleur album, c'est une évidence. Les écoutes répétées me permettent quand même de bien l'apprécier aujourd'hui. Merci pour la chronique.

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