La carrière de
Hexx, groupe californien initialement nommé
Paradox, se divisait en deux parties jusqu'à sa récente reformation, suite aux bons échos amassés lors du passage du groupe au Keep It
True en 2014. La première partie (appelons ça la période bleue - de la couleur des pochettes) constituait en un heavy/NWOBHM (
No Escape) lorgnant vers un heavy/speed/power (
Under the Spell) de bonne facture. Puis, en 1988, sentant le vent de brutalité arriver,
Hexx changea son fusil d'épaule pour muer (au gré des changements de musiciens incessants, seul Dan Watson, le guitariste, faisant le lien entre toutes ces époques) en un groupe de thrash/death acéré (la période verte, de la couleur du logo, pour simplifier au maximum et orienter les incultes qui tomberaient sur un CD en bacs). Ainsi,
Quest for Sanity, vraie perle de 1988, resta dans les mémoires de ses acquéreurs, au même titre que l'EP
Watery Graves, paru en 1990.
Watson a rapatrié John Schafer, batteur sur
Quest for Sanity, et a réussi à stabiliser le groupe en recrutant le guitariste Bob Wright (
Brocas Helm) un certain Mike
Horn à la basse (non, non, pas l'explorateur) et un nouveau venu au micro, Eddy
Vega, dont le timbre se rapproche souvent d'un Udo, pas éloigné de Dan Bryant qui officiait sur
Under the Spell.
Hexx a choisi, au grand dam des fans de la période verte du groupe californien, de revenir à ses premiers émois en repartant de
Under the Spell, album dont ce
Wrath of the Reaper est le plus proche. Choix risqué, tant les fans du terrible
Quest for Sanity (1988) ou
Watery Graves pourront se sentir oubliés. Ainsi, sur une base heavy/power traditionnelle (on pense à Accept, voire aux premiers
Iced Earth), les vocaux de papier de verre proches d'un Udo de
Vega renforcent des pièces bigrement efficaces ("Screaming
Sacrifice", "Slave
In Hell", "Unraveled"), avec parties mélodiques réussies ("
Dark Void of
Evil"), et plans heavy bien ficelés. Le plus épique "Swimming the Witch", sans doute le meilleur titre avec ses leads orientaux, vient apporter une plus-value au propos général, avec une montée en puissance délectable. Notons également le rapide "Exhumed for the Reaping", qui amène une diversité bienvenue à un album de plus de 52 minutes.
Et c'est un peu là que le bât blesse, les 11 titres pris séparément restent de bonne qualité, bien faits et vierges de toute modernité pesante. Mais l'ensemble, porté par des vocaux qui pourront devenir un peu agaçants pour certains, donne une sensation un peu lassante avec certaines parties superflues, rallongeant inutilement certains morceaux qui ne le méritent pas ("
Circle the
Drain"). Là un refrain répété de trop nombreuses fois, ici un solo pas forcément utile, ou un plan répété, voire un couplet de trop. Le bonus-track "Certificate of Death", convenu et sauvé par son refrain n'amène pas grand chose et finalement,
Hexx aurait gagné à condenser son album, afin de gagner en impact.
Sans doute avide de montrer l'étendue du retour de son bébé, Dan Watson a vu grand. Mis à part ce bémol quantitatif, les fans de heavy traditionnel (en ratissant large, on peut aller de
Manilla Road à Accept, en passant par
Brocas Helm ou le heavy allemand) peuvent redécouvrir un groupe issu de la Bay
Area qui ne fait pas de thrash, mais du heavy efficace et au-dessus de la moyenne, porté par certaines parties bien entraînantes et permettant à
Hexx de se regarder dans la glace sans avoir à rougir de la qualité de cet album qui ravira les fans d'
Under the Spell.
Personnellement, la voix ne m'agace pas tellement, je la trouve assez originale et colle parfaitement à la tonalité générale de l'album. :) Merci pour ta chro, Le Moustre.
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