White Flag

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15/20
Nom du groupe Nemesea
Nom de l'album White Flag
Type Album
Date de parution 23 Août 2019
Style MusicalMetal Alternatif
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1.
 The Storm
 03:23
2.
 Kids with Guns
Ecouter02:42
3.
 White Flag
Ecouter03:29
4.
 Sarah
 04:15
5.
 Don't Tell Me Your Name
 03:21
6.
 Fools Gold
Ecouter04:25
7.
 Ratata
 03:23
8.
 Nothing Like Me
 02:53
9.
 Lions
 03:12
10.
 Heavyweight Champion
 04:49
11.
 Rise
 03:49
12.
 Let This Be All
 03:41
13.
 Sayonara
 03:08
14.
 Dance in the Fire
Ecouter03:07

Durée totale : 49:37

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Nemesea



Chronique @ ericb4

24 Juin 2020

Un cinquième élément aussi intrigant qu'évanescent, cristallisant un regard alternatif du quintet batave sur son œuvre

S'il est des formations désireuses d'espacer leurs sorties d'albums pour mieux revenir dans la course, ce groupe néerlandais cofondé à Groningue en 2002 par la chanteuse Manda Ophuis et le pluri-instrumentiste Hendrik Jan de Jong (HJ) serait assurément du nombre. Ainsi, pas moins de trois longues années séparent ce cinquième opus répondant au nom de « White Flag » de son flamboyant prédécesseur « Uprise ». Le temps pour le combo batave de réaliser trois singles (« Dance in the Fire » et « Hear Me » en 2017 ; « Twilight » en 2018), de faire mûrir ses compositions, de fluidifier ses lignes mélodiques, d'affiner le trait de sa plume et d'affûter sa production d'ensemble, ce dont témoigne chacun des 14 titres de ce nouvel arrivage, signé tout comme son aîné, chez Napalm Records. Aussi, les quelque 50 pulsionnelles, intrigantes et délicates minutes du méfait vont-elles jusqu'à flirter avec un changement de cap, voire marquer un tournant dans la carrière de la prolifique troupe, ou faut-il y voir là un simple prolongement de son charismatique devancier ?

Conformément aux aspirations actuelles du groupe, le line-up a subi quelques remaniements, démarche ayant redéfini le contenu de son projet. Aux côtés d'Henrik évoluent désormais les talents de : Sanne Mieloo, en remplacement de Manda Ophuis, en qualité de frontwoman ; Sonny Onderwater, à la basse ; Steven Bouma, à la batterie et aux percussions ; Mathijs van Til, aux claviers. Pour l'occasion, afin de densifier d'un cran son corps oratoire, la troupe a sollicité pas moins de six choristes aguerris. De cette étroite collaboration émane une œuvre racée, féline et vitaminée, combinant harmonieusement metal atmosphérique, électro et rock gothique, nous éloignant toujours davantage de ses fondamentaux metal symphonique, et ce, dans le sillage d'Amaranthe, Lacuna Coil, Autumn, The Gathering et consorts.

Tout comme son prédécesseur, cet effort a été mastérisé par Darius van Helfteren (requis par Autumn, Epica, Ex Libris, The Gathering, Within Temptation, Xandria...) et mixé par Guido Aalbers (sollicité par Delain, The Gathering, The Monolith Deathcult...), avec le concours, cette fois, du claviériste Joost van den Broek (Star One, ex-After Forever), connu pour avoir oeuvré pour Ayreon, Epica, Mayan, Powerwolf, Stream Of Passion... En émane un enregistrement d'excellente facture, un mixage équilibrant parfaitement lignes de chant et instrumentation et des finitions passées au crible. Signe que nos cinq gladiateurs sont loin d'avoir déposé leurs armes...

Quand il nous projette sur des charbons ardents, le combo dissémine quelques pépites sur notre chemin. Ce qu'illustre, tout d'abord, « White Flag », entraînant up tempo aux riffs que l'on croirait volontiers empruntés à U2, recelant une mélodicité d'une redoutable efficacité et d'insoupçonnées et grisantes montées en régime du corps orchestral. On ne sera pas moins secoué par le tempétueux « Sayonara », véritable bombe incendiaire que n'auraient reniée ni Lacuna Coil ni Amaranthe. Voguant sur d'ondulantes nappes synthétiques, disséminant ses riffs roulants adossés à une rythmique résolument cinglante, recelant de fulgurantes accélérations en bout de course, encensé par les virulentes attaques en voix de poitrine par la frontwoman, ce hit en puissance s'inscrira à n'en pas douter durablement dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon.

D'autres passages, certes moins immédiatement accessibles, sauront toutefois tirer leur épingle du jeu. Ainsi, les mid tempi aux riffs grésillants « The Storm » et « Dance in the Fire », dans la lignée de The Gathering, délivrent tous deux d'énigmatiques couplets contrastant avec leurs enivrants refrains, mis en exergue par les puissantes inflexions de la belle. Tout aussi empreint de mystère et surmonté de choeurs d'enfants aux abois, le ''lacunacoilesque'' et complexe mid tempo « Kids with Guns » joue sur les effets de contraste atmosphérique pour tenter de l'emporter. Et la sauce prend, là encore. Enfin, à la confluence d'Autumn et Amaranthe, sous couvert de couplets disséminant de brumeuses sonorités organiques mais contrebalancés par un entêtant refrain, le souffreteux « Don't Tell Me Your Name » tout comme le chaotique « Fools Gold » ou encore le sensuel « Rise » ne manqueront pas davantage d'armes pour asseoir leur défense.

Lorsque s'apaisent les tensions et que les lumières se font tamisées, l'émotion pourrait bien finir par étreindre l'aficionado du genre intimiste. Aussi, mise en habits de soie par les câlinantes volutes de la maîtresse de cérémonie et sous-tendue par de sensibles arpèges au piano, la ballade atmosphérique « Sarah » est une véritable invitation au voyage en d'oniriques contrées. Bref, un instant privilégié que l'on quittera avec le désir d'y revenir sitôt l'ultime mesure évanouie, histoire de goûter à nouveau à cette ronde de saveurs exquises. Plus en retenue et d'une sensibilité à fleur de peau, « Lions » s'offre telle une ballade pétrie d'élégance, pour un vol en totale apesanteur. On retiendra encore la ballade a-rythmique « Let This Be All » au regard du caressant filet de voix de la princesse, même si sa mélodie demeure insuffisamment oscillante pour nous retenir plus que de raison.

En dépit de ses points de force, l'opus accuse néanmoins l'un ou l'autre bémol contribuant précisément à atténuer la portée de son propos. Ce qu'attestent le mid tempo électro gothique aux riffs massifs « Ratata », tout comme l'atmosphérique gothique « Heavyweight Champion », concédant tous deux de tenaces linéarités mélodiques doublées d'une imputrescible répétibilité du schéma d'harmoniques. Titres foncièrement éthérés que les claires patines de la belle peineront à sauver du naufrage. Guère plus loquace, dénotant des enchaînements couplets/refrains mal assurés, le frétillant « Nothing Like Me » nous mène lui aussi en de mornes plaines. On passera donc son chemin, une fois encore.

Au final, le combo néerlandais nous livre une œuvre à la fois vitaminée, mystérieuse et éthérée, aux compositions plus abouties aujourd'hui qu'hier, jouissant d'une ingénierie du son hors pair, se laissant toutefois moins aisément dompter que son aînée. Ayant veillé à diversifier ses exercices de style, misé ses espoirs de l'emporter par le truchement de l'une ou l'autre prise de risque, le groupe nous octroie dès lors un message musical éminemment prégnant et témoignant d'une identité artistique stabilisée. Toutefois, les baisses de régime à déplorer, résultant d'une mélodicité en friche et d'inaltérables répétitions d'arpèges d'accords, sont loin de manquer à l'appel. C'est dire que si le collectif batave a fait évoluer son art, ce cinquième élément pourra surprendre, voire, décontenancer un tympan déjà sensibilisé aux vibes de son prédécesseur. Bref, un cinquième élément aussi intrigant qu'évanescent, cristallisant un regard alternatif de la formation batave sur son œuvre...

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