Victims of the Modern Age

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Nom du groupe Arjen Anthony Lucassen's Star One
Nom de l'album Victims of the Modern Age
Type Album
Date de parution 01 Novembre 2010
Style MusicalHeavy Progressif
Membres possèdant cet album57

Tracklist

DISC 1
1. Down the Rabbit Hole 01:21
2. Digital Rain 06:23
3. Earth That Was 06:09
4. Victim of the Modern Age 06:27
5. Human See, Human Do 05:15
6. 24 Hours 07:21
7. Cassandra Complex 05:24
8. It’s Alive, She’s Alive, We’re Alive 05:08
9. It All Ends Here 09:47
DISC 2 (Limited Edition)
1. As the Crow Dies 04:42
2. Two Plus Two Equals Five 05:05
3. Lastday 04:47
4. Closer to the Stars 05:11
5. Knife Edge 04:25
6. The Making of Victims of the Modern Age (Video) 36:07
Total playing time 1:53:32

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Arjen Anthony Lucassen's Star One


Chronique @ MightyFireLord

05 Novembre 2010

Le deuxième décollage de Star One avec plus de réussite que le précédent...

Le voici, le nouveau né du Monsieur Arjen Anthony Lucassen, compositeur extraordinaire s’il en est. Après un double album en 2008 pour clore le projet Ayreon, puis un an après, le premier album du projet Guilt Machine, notre hippie hollandais favori (non je ne parle pas de Dave) revient à la charge avec une nouvelle offrande spatiale de Star One. Regagnez vos quartiers, attachez les harnais, verrouillez les sas.

On retrouve la fine équipe avec aux commandes vocales : Damian Wilson, Russel Allen, Floor Jansen et Dan Swanö. Au niveau des machinistes, aux caisses c’est toujours l’ami Ed Warby qui s’y colle, Captain Arjen pilote évidemment les claviers et les guitares, Peter Vink à nouveau la basse, et enfin Joost van den Broek (ex-After Forever) et Gary Wehrkamp (Shadow Gallery) viennent poser quelques soli respectivement de claviers et de guitare. L’équipage est au complet, nous pouvons embarquer.
"Houston… Nous avons un problème. Nous annulons le décollage". Quoi ?? Et bien oui. Là où le premier album ("Space Metal", 2002) nous emmenait de ci de là à travers l’espace en reprenant pour chaque chanson le thème d’une œuvre cinématographique de SF, "Victims of the Modern Age" nous propose un concept plus terre-à-terre… si l’ont peut dire. On décolle toujours de sa chaise, mais le concept garde cette fois-ci les pieds sur la terre ferme et non plus la tête dans les étoiles. Le thème majeur, comme le laisse présager le titre de l’album, est selon les mots de son créateur dans une vidéo trailer : "Post-apocalyplepleple" (comprenez : post-apocalyptique). Les références sont ainsi tirées de films comme Orange Mécanique ou encore La Planète des Singes…

L'album débute de la même manière que le précédent, avec une intro aux claviers dans le parfait style Lucassen, on est dans le bain, et c'est est une parfaite rampe de lancement pour la fusée "Digital Rain".
Rythmique lourde et entraînante, sur un fond de claviers cosmiques, la piste annonce la couleur : l’album sera beaucoup plus pêchu que son frangin et c’est tant mieux. On retrouvera tout au long des pistes de "Victims of the Modern Age" ces mêmes types de sonorités, mais agencées de manière différente. Comme à l’accoutumée on se délecte évidemment des soli de guitares/claviers se renvoyant la balle toujours exécutés à la perfection par Arjen et ses compères. Chacun parmi Floor, Russel, Damian et Dan seront présents sur tous les titres, chacun de leur côté ou en chœur mais dans tous les cas chacun apportant sa touche. La première piste se termine d'ailleurs par un très bon final a capella qui rappelle forcément le final de "The Eye of Ra".

Alternant les tempos posés ("Earth that Was", "Victim of the Modern Age", "24 Hours"…) et les rythmes plus soutenus ("Cassandra Complex", "Digital Rain"…), cet album est plus prenant et dynamique que le précédent qui semblait peiner et souffrait de longueurs. On retrouve les mêmes genres de rythmiques lourdes et puissantes mais mieux travaillées avec un rendu plus percutant, qui sont alliées à la puissance de D. Swanö et R. Allen, ou bien au contraire en contraste avec la légèreté de F. Jansen ou D. Wilson. On est accroché et tenu en haleine tout du long par des chanteurs tous dans leur plus grande forme, mais on profite aussi d'accalmies avec plusieurs breaks tous très bien trouvés avec ces claviers sonnant très "70's" si chers à Lucassen, comme par exemple sur "Earth that Was" ou bien à la guitare acoustique comme sur le final de l'album. On sent mieux la volonté de se démarquer d’un Ayreon beaucoup plus planant et "psyché", chose qui avait été moyennement réussie sur le premier opus.

L'album n'est pas un concept en soi, car même si l'ensemble traite des mêmes thèmes chaque chanson tire son concept d'œuvres différentes. C'est sur ce point qu'on peut émettre quelques reproches, car du coup les pistes ne s'enchaînent pas à la perfection, et même si on retrouve les mêmes ambiances il n'y a pas vraiment de ligne directrice au long de l'album. A ceci on rajoute ces structures parfois décousues qui peuvent déstabiliser de prime abord, on se perd un peu dans l'album… Mais avec le temps et les écoutes l'ensemble se tient et on obtient finalement un rapport de mission plutôt positif.
Globalement la deuxième moitié de l'album (à partir de "24 Hours") est la plus intéressante, car composée de titres en eux-mêmes plus variés et moins linéaires, et qui surtout mettent mieux en valeur les talents des artistes présents sur ce projet.

"It’s Alive, She’s Alive, We’re Alive" et "24 Hours" sont assez semblables dans leur construction mais différentes musicalement. Ces deux pistes commencent par une ambiance lente de claviers étranges pour exploser en puissance dans un riff brise-nuque pour l'une, et dans un refrain balancé en pleine face par Russel pour l'autre. Ces deux pistes sont parmi les points forts de l'album. On passe tantôt par la puissance d'Allen et Swanö, tantôt par la douceur et l'émotion de Jansen et Wilson. Le tout avec la musique qui suit. Mais il y a aussi paradoxalement un gros travail de contraste, et on retrouve des gros riffs lourds et agressifs avec Floor au chant par exemple. Mais tout est maîtrisé, tout est contrôlé, rien ne choque. Les breaks et les soli de ces pistes sont aussi parfaitement joués et placés, aucune faute de goût.

"It all Ends Here.". "Tout finit ici". Quel meilleur nom pour la dernière piste d'un album ? Le nom de l'album "Space Metal" avait déjà surpris par son originalité (!), voici une autre couche. La piste débute par des bruits dignes d'un atterrissage du Faucon Millenium chez le voisin du dessus, puis claviers et guitares se font à nouveau omniprésents, mais laissent aussi la part belle aux percussions. R. Allen récidive avec des envolées puissantes, entouré de la grosse voix de D. Swanö et de F. Jansen sublimant le tout de sa puissante grâce. D. Wilson est à nouveau lui aussi irréprochable quand vient son tour, planant mais avec aussi des soupçons de puissance bien choisis. Sur la fin l'intensité monte dans une escalade qui n'est pas sans rappeler les sensations finales de l'album "The Human Equation" d'Ayreon ou même de "Metropolis Pt I" de Dream Theater. Et tout s'écroule dans un bruit d'explosion interstellaire. It all Ends Here…

Tout finit, d'accord, mais comme disait l'autre "toute fin est un commencement" (je ne sais plus qui c'est, mais il le disait). Ici s'achève le deuxième décollage de Star One avec plus de réussite que le précédent, qui ouvre la voie à un successeur digne d'Arjen. A moins que ce titre n'évoque la fin du projet ?
Quoiqu'il en soit l'oreille est ici plus attirée et l'attention maintenue avec des vocalistes tous au top (mention spéciale à Russel Allen mais surtout à Damian Wilson qui est superbe), ces ambiances prenantes propres à Arjen Lucassen, et puis ces rythmiques et ces riffs en béton armé qui amènent la puissance et la densité sonore qui faisaient défaut sur "Space Metal".

Cet album plaira aux fans, qu'ils aient aimé le précédent ou juste apprécié. Pour les déçus de "Space Metal", la tentative de rattrapage est bien effectuée, et cet album saura les intéresser. Les allergiques aux claviers cosmico-planants passeront outre, mais ce n'est pas nouveau avec Arjen.
On reste dans un style relativement proche du reste de son œuvre, la faute à sa griffe reconnaissable entre mille sur les riffs de guitare et les claviers. Certains ne verront ici qu'un remake d'Ayreon dans un style plus rentre-dedans, ce qui n'est pas faux… mais on se méprend tout de même moins qu'avec "Space Metal", et c'est en ceci que cet album est mieux réussi.
Arjen doit sans doute se consacrer pleinement à un projet et ne pas tout mener de front pour ne pas se mélanger les pinceaux, c'est une chose que méditer il vous faut, Maître…


16/20.

13 Commentaires

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steelhardos - 05 Novembre 2010: Ne l'ayant écouté qu'une seule fois je ne puis pleinement donner mon avis mais il semble correspondre avec ta chronique ou du moins la vision que tu a de l'oeuvre. BRAVO MFL (-:
choahardoc - 07 Novembre 2010: Un très bon album. Ayant adoré le premier, j'aurai besoin de temps pour effectuer la comparaison. Merci MightyFire Lord pour cette chro très fouillée.
MightyFireLord - 07 Novembre 2010: De rien. Pour donner une idée le Space Metal je l'ai noté à 14/20. Car il est bien, mais comme je l'ai dit on s'endort des fois, et il est encore trop atmosphérique pour un projet qui a été fait pour être plus agressif à la base...
Victims of the Modern Age respecte par contre plus cette manière de penser =)
IDAC - 09 Novembre 2010: excellent album , je l'écoute non stop et franchement je ne regrette pas , il est plus métal et plus appliqué musicalement la je reconné arjen , bonne écoute a vous tous
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Chronique @ Eternalis

28 Novembre 2010

Arjen Lucassen trouve un second souffle dans une expression plus agressive et volontairement épurée

L’âge des temps modernes… de la perfection industrielle, des technologies propres à soumettre son prochain. L’humanité décline inéluctable à travers un combat quotidien dont elle semble ignorer, ou tenter d’oublier, qu’elle connaitra un destin funeste.
Dans un monde dont nous ne sommes plus maitres, certains penseurs se seront évertués à pérenniser une parole vaine et sans auditeur… qu’il fallait arrêter quand il était encore temps… que les machines étaient là… que le Jugement dernier évoqué dans les films les plus mythiques de science fiction était probablement plus proche et réaliste que ce qu’on avait pu initialement le penser. Simplement comprendre qu’au fond, nous étions les victimes de l’âge moderne…

Point de départ du second disque d’Arjen Lucassen sous le patronyme de Star One, faisant suite au projet (one shot ?) Guilt Machine ayant permis au compositeur prodigue de se laisser aller dans des contrées beaucoup plus rock et éthérées, non loin des héros de son enfance, Pink Floyd en tête.
Volontairement plus belliqueux et direct que Guilt Machine et surtout Ayreon, dont le très progressif "01011001" avait quelque peu désarçonné les fans, Star One dévoile la face la plus sombre du compositeur. Moins mélancolique que les dernières créations du néerlandais, le concept se rapproche néanmoins du dernier Ayreon de part son ambiance apocalyptique de fin du monde. Néanmoins, Arjen a tenu à moins s’envoler dans des parties ambiantes et à créer un monstre sonore fondamentalement plus massif, à la masse corporelle luisante et puissante, et à la force de frappe sans commune mesure avec ce qu’il avait proposé depuis des années (depuis "Flight of the Migrator" pour être précis).

Outre son objet magnifique et son artwork des plus ambitieux, Star One propose, sans réellement surprendre, une pléiade d’invités, dont Russel Allen (qui chante plus dans Avantasia, Star One, Jorn… que dans Symphony X depuis quelques temps…), Floor Jansen (ex-After Forever, Revamp), Dan Swano (Edge of Sanity), Ed Warby (Gorefest) ou encore Joost van den Broek (ex-After Forever).
Si l’album se veut plus simple et moins atmosphérique qu’Ayreon, les sonorités de claviers si propres à Arjen sont toujours présentes, à l’instar de ses placements vocaux toujours aussi originaux et lyriques.

"Earth That Was" surprend par exemple tant le riff d’intro est épais et lourd, avant qu’une nappe de claviers cybernétiques et modernes (à l’image de la technologie critiquée dans les textes) ne viennent établir une atmosphère plus mystérieuse, que Russel et Damian Wilson développent formidablement bien avec leurs timbres entre puissance et sensualité. Très loin d’un prog mécanique et technique, l’émotion joue une fois encore une place prépondérante dans la trame musicale, quelle que soit sa forme (ces claviers qui font vous sentir dans le cyberespace en quelques secondes). Le morceau éponyme, cosmique mais d’une puissance écrasante, laisse exploser toute la densité sonore de cette production signée Lucassen des plus monstrueuses. Les claviers enveloppent l’espace, les lignes de basses sont incroyables d’épaisseur, les guitares lourdes, simples et sombres alors que le chant, sans être prépondérant, est mis en valeur. Très épique, Dan Swano se veut impérial aux côté d’un Damian moins populaire (Threshold) mais faisant très fortement impression (avec Floor sur les chœurs du refrain). Que dire de cette infime phrase « Violence makes Violence » répétée et répétée mécaniquement avant que Dan ne la hurle avec une rage démentielle et jouissive (les poils s’hérissant sur la peau...) ? Si ce n’est qu’Arjen, sans pourtant complètement innover (impossible de se tromper sur le compositeur de l’œuvre), nous emporte avec lui…

Entre un "Digital Rain" très heavy (et les soli de Joost pleuvant comme une nuée d’étoiles) ou un "It's Alive She's Alive We're Alive" beaucoup plus old school, Lucassen fait le tour de ses capacités et touche sa cible dans une efficacité retrouvée (les morceaux allant tous entre 5 et 9 minutes), surement liée à sa situation personnelle plus stable. "Human See, Human Do" quand à lui, trace le sillon d’une mélodie très 70e splendide, puis d’un speed à la ligne de basse proprement terrifiante, chanté par quatre vocalistes inspirés et concernés. Floor et Dan, plus discrets, se taillent la part du lion dans cette composition bénéficiant d’une montée de claviers à l’intensité incroyable sur le pont, surmontée des vocaux death abyssaux de Swano pour le passage le plus sombre de l’album. Quand à l’impérial "24 Hours", du haut de ses sept minutes, il tient d’hors et déjà sa place aux panthéons des compositions les plus magnifiques d’Arjen. Atmosphérique et sentencieuse, elle explose sur un refrain d’une émotion incroyable, d’une tension complète (« You have 24 Hours, To change the Course of History, Just 24 Hours »). Damian s’y montre bouleversant, contrebalançant avec la puissance de Russel sur le refrain.

Tout est fini ici ("It’s All End Here"). Ainsi ce conclut cette nouvelle création, sur la plus longue composition de neuf minutes qui, comme à l’habitude de l’hollandais, laisse exploser les lignes vocales dans des canons d’une beauté ahurissante.

Ainsi tout se termine… Le voyage, néanmoins bien plus proche de la terre et de sa violence que des vestiges spatiaux de l’univers, prend fin.
Sans être foncièrement différents des œuvres qui firent sa notoriété, Arjen Lucassen trouve un second souffle dans une expression plus agressive et volontairement épurée de tous le superflu qui la rendait parfois redondante. Unique et sur une planète dont lui-seul semble connaître les tenants et aboutissants, il reste fidèle à lui-même et reste dans une optique que ceux qui ne comprennent pas ne comprendront toujours pas…il reste intègre…et quelque part, reflète rien qu’en ça une personnalité artistique rare et précieuse.

« La simplicité est l’habit de la perfection »
[Wladimir Wolf-Gozin]

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Iko_O - 07 Décembre 2010: Je viens d'aller quérir cet album, et j'avoue que bon sang, j'en suis pas peu fière!

Une fois de plus, Arjen Lucassen nous prouve son génie musical dans le progressif avec sa touche purement personnelle au synthé, qui porte sa signature.

Une fois encore, le line up ayant participer à l'histoire de 'Victims Of The Morden Age' est somptueux, et toujours aussi concluant dans le résultat. Damian Wilson et Russell Allen, à eux deux, le tout ne pouvait être que gagnant! Rappelons nous du magistral 'Intergalactic Space Crusaders' sur Space Metal, rendu totalement magique dans le 'Live On Earth' comme tout le reste d'ailleurs.

Non, je le redis encore, Lucassen nous offre une fois de plus un voyage magique dans son monde.

Un seule question persiste, y a-t-il quelque chose que le génie Arjen ne sache pas faire? Pour moi c'est un non définitif, depuis que je connais son travail, jamais RIEN ne m'a déplu. Il est Dieu tout simplement.

Et merci pour cette jolie Chronique mon p'tit :)
MightyFireLord - 07 Décembre 2010: Amen. :D
hexate - 08 Décembre 2010: Euh il est pas un peu mégalo le bonhomme?
Iko_O - 10 Décembre 2010: Ah non, du tout, c'est littéralement d'orgasme musical dont on parle ici. C'est d'un jouissif, pour parlé franchement ^^
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