Vervain

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Nom du groupe Liv Kristine
Nom de l'album Vervain
Type Album
Date de parution 24 Octobre 2014
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album29

Tracklist

1. My Wilderness 03:31
2. Love Decay (ft. Michelle Darkness) 04:41
3. Vervain 04:59
4. Stronghold of Angels (ft. Doro Pesch) 04:43
5. Hunters 03:31
6. Lotus 03:45
7. Elucidation 03:44
8. Two and a Heart 05:08
9. Creeper 03:48
10. Oblivious 04:52
Bonustracks
11. Unbreakable 04:20
12. Love Decay 04:58
13. Stronghold of Angels 04:41
Total playing time 56:41

Chronique @ ericb4

11 Fevrier 2015

Raffinements atmosphériques et gourmettes mélodies sont au rendez-vous à l'aune de cette production de charme !

La sirène norvégienne se montre décidément intarissable, à l'image d'un rythme de production effréné. Que ce soit au sein de son groupe de metal symphonique Leaves' Eyes, au regard de ses contributions chez Atrocity, Delain ou Tyr, entre autres, ou concernant sa carrière solo, la belle n'a pas courbé l'échine. Aussi, depuis son inscription dans son groupe d'origine Theatre Of Tragedy, elle a savamment tracé son chemin musical. Ainsi, depuis près de deux décennies maintenant, la belle n'a eu de cesse de composer avec talents ses morceaux, d'écrire ses textes avec finesse et d'interpréter ses titres avec ce filet de voix angélique qui la caractérise tant.

Alternativement à ses prestations au sein du célèbre combo allemand produit par son mari Alexander Krull, Liv n'a pas plaint sa peine pour nous concocter pas moins de cinq albums de sa patte experte, tous différents les uns des autres : Le discret « Deus Ex Machina » (1998) d'abord, l'invitant « Enter My Religion » (2006) ensuite, l'intimiste « Skintight » (2010), puis l'aérien « Libertine » (2012), et maintenant un « Vervain » subtil et racé. Voici donc une œuvre regorgeant d'atmosphères délicieusement éthérées, de solides compositions, d'hypnotiques inflexions vocales de la déesse, avec un supplément d'âme qui manquait un peu jusqu'alors.

Globalement, on situe cet opus dans un style mixte, alliant un metal gothique soft, impulsé par un souffle éolien sur chaque portée, à quelques influences pop-rock, parfois électro. De belles variations du tempo permettent de jouir d'ambiances diverses, tantôt entraînantes, tantôt romantiques, et ce, au fil de délectables harmonies. La dimension technique n'est pas en reste, mais ne transfigure pas l'oeuvre au point de l'envahir de sa présence. Au contraire, elle corrobore l'orchestration avec élégance, parfois en arrière-fond, comme pour ne pas se faire oublier. La magie opère assurément dès que les lèvres de la déesse viennent tutoyer le micro, qu'elle a partiellement partagé avec deux interprètes de renom, à l'instar de Michelle Darkness, interprète masculin du groupe de metal industriel gothique End Of Green, et de Doro Pesch, chanteuse iconique allemande de heavy metal.

Près d'une heure d'une musique affriolante et enjouée nous est octroyée et sur laquelle se calent treize titres de longueur quasiment égale. On dépasse donc les durées habituelles de ses opus précédents, comme pour signifier son intention de nous repaître à l'instar de l'intensité du message artistique délivré. En outre, un effort sur la production d'ensemble nous convie à un espace sonore au joli relief acoustique, propret mais sobre dans le déploiement de son instrumentation. L'artwork de la pochette en noir et blanc, mettant en exergue la belle face à elle-même dans un décor minimaliste, témoigne déjà de cette volonté affichée de nous séduire avec le moins d'artifices possible. Aussi, qu'allons-nous découvrir en substance dans cet album ?

Il apparaît tout d'abord que Liv Kristine a privilégié les jeux de contrastes, aussi bien sur le plan vocal que sur le plan atmosphérique, tout en restant fidèle au style de référence auquel elle inscrit son œuvre.

Le recours à des artistes de cet acabit n'a pas été le fruit du hasard, loin s'en faut. Ainsi, elle a appelé de ses vœux la voix de gorge, suave et sensuelle, de Michelle Darkness, pour faire contre-poids à son filet de voix cristallin sur le dynamique « Love Decay ». Ce titre envoûtant par sa ligne mélodique, aussi précise que sulfureuse, se cale sur une rythmique pop, tout en légèreté pour nous cueillir. Et la recette fonctionne à plein sur ce morceau imparable car éminemment taillé pour les charts. Second effet de contraste : une version un poil allégée mais non moins impactante est prévue pour ce titre, en fin d'album, dans laquelle la sirène ondoie en solo. Cette logique de contrastes est appliquée une seconde fois, sur l'émotionnel et imposant « Stronghold of Angels », où un duo féminin titanesque nous est octroyé. Une double-caisse plombante et des riffs léonins nous imprègnent déjà avant qu'un sémillant piano vienne s'insérer à la ligne orchestrale d'ensemble. Un léger tapping ainsi qu'un petit solo de guitare ne manquent pas non plus à l'appel. Un décor haut en couleurs apparaît donc pour accueillir comme il se doit un surprenant duo faisant communier le charisme des notes gutturales de Doro et les caresses célestes des notes angéliques de Liv. Aussi, le chemin harmonique est tout bonnement saisissant et rares sont les moments de relâche sur ce second hit. Autant dire qu'on est bien loin d'un duo Liv Kristine/Charlotte Wessels, vocalement plus linéarisé, comme sur « See Me in Shadow » extrait de l'album de Delain intitulé « Lucidity » (2006). Sinon, pour les inconditionnels de la chanteuse norvégienne, ils pourront retrouver ce titre en outro, où la belle, elle seule, ferme la marche avec panache.

Les effets de relief s'observent aussi sur les ambiances, et ce, de différentes manières. Ainsi, le caressant « Lotus », introduit par un piano/voix en apesanteur, ravit par ses lumineux refrains et son solo de guitare. Mais, c'est surtout la progressivité de sa rythmique qui étreint nos pavillons alanguis. Parfois, ce sont les variations de tonalité qui impriment des contrastes sur les morceaux, comme c'est le cas pour « Two of a Heart ». Jouant sur les nuances harmoniques et les changements de tonalité, ce titre dessine de jolis refrains dans son sillage. Sur cette piste, on aura remarqué également des riffs félins agrippant une rythmique souple avant qu'une pluie de notes ne s'échappent d'un piano bien inspiré. Dans un climat plus ouaté encore, un fondant « Oblivious » use des mêmes arguments pour nous séduire. Un climat nuancé nous porte ici vers un joli toucher de guitare en picking. Une fois de plus, c'est d'une voix finement modulée, limpide, avec quelques agréables envolées, que la déesse remporte l'adhésion.

Les passages plus classiques dans leur concept ne manquent pas d'atouts non plus. Sur une rythmique entraînante, l'entame « My Wilderness », avec ses riffs roulants, ses qualités mélodiques et ses refrains gourmands, nous rallie à sa cause. Au passage, un break oralisé et monocorde finit par s'effacer devant une reprise en voix de tête plutôt colorée. Tout aussi dynamique, le titre éponyme de l'opus enivre nos tympans par ses arrangements de bon aloi, sa rythmique pop évoluant parallèlement à des riffs acérés, ses refrains acidulés étant habilement mis en lumière par l'interprète. Dans une même logique rythmique, l'électro-pop « Elucidation » nous plonge dans les tréfonds des impulsions éthérées et addictives de la diva. Sur cette plage, la guitare se fait roulante et les refrains attirent par leur lumière mélodique, comme pour rappeler quelques instants volés à « Libertine ». Plus roborative, la rythmique épaisse attire des riffs ronronnants sur « Creeper », titre traversé par un serpent synthétique d'obédience électro en ligne de fond. En outre, un joli break vocal apparaît et s'incline lorsqu'un délicat piano entre en scène. Les refrains, de leur côté, ne ratent pas leur cible et nous sensibilisent à la limpidité des séries de notes que nous insuffle à loisirs la sirène.

Ceci dit, quelques bémols sont à apporter, notamment sur « Hunters », titre d'inspiration pop-rock, dans la lignée de « Skintight ». Si les refrains ne sont pas à négliger, les couplets se montrent moins finement ciselés et la ligne mélodique témoigne de quelques approximations la rendant un peu trop pâle pour nous émouvoir. Et ce, même si les riffs se montrent fringants et le couple piano/guitare dessine une belle frise. Ce n'est pas le titre bonus « Unbreakable » qui sauvera la mise, malgré un piano/voix invitant, le premier délivrant de jolis arpèges au moment où la seconde use d'un léger vibrato pour tenter de nous happer. Une cruelle absence de rythmique rend alors cette piste bien linéaire, en dépit de quelques beaux accords placés çà et là.

On ressort de l'écoute de cet album avec une douce impression de maturité artistique de son auteure, celle-ci ayant soigné son cinquième bébé jusque dans les moindres détails. Les finitions tout comme les enchaînements sont millimétrés. Cet opus offre également, comme dit, une belle palette de nuances atmosphériques. Accessible mais loin d'être simpliste dans son principe d'émission, il cultive ainsi les sonorités gothiques au rang d'un art.

Les amateurs de metal gothique à chant féminin y trouveront là matière à satisfaire leurs aspirations. Quant aux fans de la chanteuse, ils seront comblés par les progrès accomplis en tant que conceptrice de son propre projet. Que peut-on espérer de plus si ce n'est de nous concocter une autre pièce d'orfèvre de cet acabit. Mais, prenons déjà le temps d'apprécier cette œuvre qui, certainement, laissera bien peu d'oreilles indifférentes.

3 Commentaires

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choahardoc - 12 Fevrier 2015: Une chronique solide et bien argumentée au service d'un disque varié et très intéressant. Déçu par Libertine, je retrouve ici les grandes qualités de Liv.
frozenheart - 12 Fevrier 2015: Merci a toi ericb4 pour cette chronique fort intéressante !
Enfin le grand retour de Liv Kristine et cette fois-ci en solo.
Avec ce côté froid et électro me rappelant aussi les grands moments de Theatre Of Tragedy premier groupe de la belle.
J'ai aussi adoré le duo avec notre reine du Heavy Metal Doro.

Un album que je réécoute toujours avec grand plaisir!
ericb4 - 12 Fevrier 2015: Merci pour vos compliments. Oui, on passe à un autre niveau de composition que celui de "Libertine". Les lignes mélodiques sont finement travaillées et les beaux duos renseignent sur sa volonté de diversifier sa proposition artistique. Bien lui en a pris! Jolie performance dans son ensemble, donc. Merci Liv!
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