Avec ce nouvel opus,
Under the Cross, les Allemands de
Squealer auront fait le choix de déplacer un peu le curseur de ce mélange qui est le leur depuis ce fatidique
The Prophecy et de se laisser davantage emplir par ces desseins les plus extrêmes et les plus Thrash
Metal. Un repositionnement qui, entendons-nous bien, n'aura pas vraiment valeur de bouleversement profond puisque les fondements Heavy
Metal des travaux de cette formation, en d'autres termes, cette musicalité propre au visage le moins radical de sa créativité (dont elle use, soit dit en passant en des refrains souvent mélodiques), seront ici toujours encore très marqués. Pourtant l'impulsion, bien que presque imperceptible sera belle et bien tangible, et ce, dès les prémices de ce sombre et tourmenté Painful
Lust très intéressant.
Si Facing The Death et My Last Goodbye sont, eux aussi, de bons morceaux, personnellement, je regrette l'enchainement un peu maladroit dont ils sont les victimes involontaires. La fin mid tempo du premier suivi du second aux cadences tout aussi mesurées aura la fâcheuse tendance, toujours selon moi, de provoquer une sorte de bloc manquant singulièrement de rythme. C'est d'autant plus regrettable que l'une des principales forces de
Squealer réside dans sa capacité à composer des morceaux vifs, belliqueux et ardents pourvus de séquences plus mélodiques et contrastées. Comme, par exemple, ce sympathique et prompt Thinking Allowed! Cela dit, cette baisse de régime n'est pas vraiment de nature à nous décevoir.
La pièce maîtresse de ce nouveau manifeste est sans aucun doute ce
Under the Cross au break superbe complété par quelques chants liturgiques religieux et à l'ambiance vraiment prenante. La piste est tellement réussie qu'elle déteint sur sa suivante, la ballade Rules of
Life, lui donnant quelques vertus qu'elle n'a pas vraiment. S'agissant des quelques autres chansons susceptibles de nous convaincre du talent de ce quintet évoquons également ce virulent et rapide
Down And Out ou encore ce Low Budget Heroes.
Saluons aussi ici le retour de ces voix gutturales à connotation plus "Death" qui, subrepticement, ça et là, au détour d'un refrain ou d'un couplet réapparaissent pour notre plus grand bonheur.
Au chapitre des déceptions abordons le cas Fade Away. Cette autre ballade aux chants clairs nous proposera d'entendre une composition dans la continuité de ce fade People Are People échangeant simplement les accents Pop de ce dernier contre d'autres plus éthérés et Gothiques.
Pas vraiment une réussite. Tout comme d'ailleurs cette reprise de ce In Zaire, de l'album du même nom du Britannique Johnny Wakelin, dont le texte relate le combat du 30
Octobre 1974 opposant Mohamed Ali et George Foreman pour la ceinture de champion du monde des poids lourds de boxe anglaise à Kinshasa. Non pas que cette relecture soit honteuse, loin s'en faut, mais, pour être tout à fait franc elle n'a pas grand intérêt sinon celui de nous faire furtivement sourire.
Un peu plus rugueux que son immédiat prédécesseur, ce
Under the Cross est aussi un peu plus inspiré et, donc, un peu plus convaincant.
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