Forbidden, après une puissante sortie bien réussie avec son album précédent «
Forbidden Evil» (qui deviendra par ailleurs l’album culte des thrashers de San Francisco), se lance dans la composition de son deuxième album qu’il enregistrera au Fantasy Studio en 1989-1990 avec le producteur Michael Rosen (
Testament; Souls of Black). Les compositions restent, de toute évidence, à forte saveur thrash mais le groupe y incorpore des teintes plus mélodiques, plus mid-tempos que sur l’opus précédant. Il en résulte donc d’un album plus progressif, garni d’une production beaucoup plus claire.
En fait, Forbidden n’invente absolument rien sur cet album. Le groupe sait très bien que pour survivre, en tant que groupe de thrash métal ouvrant dans les années 1990, il ne peut se permettre de réchauffer la recette de «
Forbidden Evil». Le groupe doit se tourner, comme tous les groupes thrash de l’époque, vers un son plus technique et progressif (à l’instar de
Heathen) pour tirer son épingle du jeu (un jeu fort complexe étant donné l’émergence du Grunge à cette époque). «
Twisted into Form» n’est certainement pas à la hauteur d’un «
Rust in Peace», mais il pourrait permettre de sauver le groupe d’une mort certaine.
Le groupe avait donc certainement dans l’intention d’accoucher d’un «
Twisted into Form» se voulant définitivement différent de son prédécesseur par le type de ses compositions, tout en préservant les mêmes influences qui font de Forbidden un groupe si particulier. On peut dire que le groupe a concrétisé ses objectifs. Les arrangements ont pris une tournure plus mélodiques, rendant l’album un peu (très légèrement) plus commercial. Le groupe aussi sut user, à son plein potentiel, des puissantes et versatiles cordes vocales de Russ Anderson. «
Twisted into Form» est donc beaucoup plus construit qu’un «
Forbidden Evil», cracheur de riffs fulgurants sans réelle structure. Cette manière plus réfléchie de composer amène le groupe vers une baisse de régime au niveau de l’agressivité dégagée par les compositions par l’intégration, notamment, de segments acoustiques, des refrains accrocheurs et mélodiques et d’une tendance vers le groove dans les couplets.
Les thèmes abordés sur le second opus de Forbidden touchent surtout les enjeux sociaux. Le groupe laisse de côté les thématiques thrash classiques parlant de meurtres sanglants ou de violence pour se consacrer à des sujets plus concrets comme les abus de drogues (Step by Step) et la religion (contre, bien sûr!) avec la pièce éponyme.
«
Twisted into Form» marque aussi la fin de la collaboration entre le groupe et le batteur Paul Bostaph, œuvrant par la suite avec
Slayer (à partir de 1992, lorsque Forbidden prit une pause de quelques années) et plus récemment, avec
Testament.
Si «
Forbidden Evil» est considéré comme étant l’album culte du groupe, «
Twisted into Form» marque indubitablement l’apogée d’un groupe en pleine forme musicalement et qui ne pourra malheureusement que niveler vers le bas jusqu’à sa séparation en 1997.
Forbidden Evil cracheur de riffs sans reelle structure. Et bien et bien ce n'est pas bien d'induire en erreur ceux qui ne connaissent pas ce premier album en tous points remarquable. Les autres, eux, auront noté la coquille. Twisted est légèrement moins nerveux, mais reste un tres bon album.
J ai reecouter cet album il y a peu, Forbidden a delivré ici 1 album mature et precis en forme de chant du cygne. Il est interssant de noté que la scene thrash fut riche en excellentes formations mais peu survecurent aux 90's.
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