Mine de rien,
The Monolith Deathcult est quasiment en train d’inventer un style de metal et ce n’est pas rien à l’heure actuelle. Nous pourrions presque donner à leur musique l’appellation brutal death atmosphérique, mais ne cherchez pas de similitudes avec le brutal death opéra à la
Augury vous feriez fausse route. Non, ce Triumvirate est décidément plus abouti et l’expérience acquise par les années et leurs deux sorties précédentes
The Apotheosis et
The White Crematorium a payé.
On notera une cover évocatrice pour ces guerriers bataves, un impassible soldat de l’antiquité qui en impose par sa stature et sa puissance, rappelant un peu la pochette d’
Epic de
Kataklysm, très réussie en tout cas.
Une fois la platine en route, vous serez un peu dérouté par l’intro electro de
Deus Ex Machina, surtout si vous en êtes resté à
The Apotheosis mais quand la machine se met en route, c’est une formidable impression de puissance qui se dégage, les plages atmosphériques alternent ainsi avec des blasts « Nilesque » tout au long de ce pavé de plus de 9 minutes. On constatera d’emblée que le son est énorme mais dorénavant cela est courant, il en faut plus pour faire la différence, ça tombe bien
The Monolith Deathcult n’est pas en reste.
Les surprises continuent avec une incantation mystiquo-guerrière en guise d’intro de Wrath of the Ba’ath, suivie d’une cascade de riffs meurtriers et ultra rapides entrecoupés de passages tribaux (
Sepultura puissance 1000 !). Les hollandais vont encore plus loin sur Kindertodeslied, un titre tout droit sorti d’un accouplement improbable entre
Rammstein et
Kataklysm.
Rassurez-vous, nos petits gars du plat-pays ont beau s’éparpiller ils n’en oublient pas pour autant de jouer du brutal death, en témoigne
Master of the Bryansk Forests, ode guerrière, épique et dominatrice avec des claviers judicieusement placés ( bizarre à dire pour une chronique de brutal death ).
Les morceaux sont longs (souvent plus de 6 minutes) mais le talent des musiciens et la variété des compositions font que l’ennuie ne gagne pas l’auditeur comme ce peut être le cas sur les dernières productions de
Vital Remains. A l’image du monstrueux
I Spew Thee Out of My Mouth que l’ont prend en pleine gueule juste après l’instrumentale atmosphérique M.M.F.D. Que de puissance dégagée sur ce morceau avec la batterie de Sjoerd Visch (ayant fait ses armes dans
Altar) dont les rafales sonnent comme des coups de canon ! Ce titre est également agrémenté d’orchestrations grandiloquantes à la
Dimmu Borgir mais ici plus en retrait, laissant ainsi ressentir d’avantage la furie des instruments primordiaux dans le metal.
Pour notre plus grand bonheur les influences
Nile de leurs débuts n’ont pas totalement disparue et ceci est évident à l’écoute de
Demigod, avec d’ailleurs une voix proche de celle de
Karl Sanders. L’un des titres les plus carton du CD, mais avec toujours en fil rouge ces claviers intelligents.
Allez ! Une dernière pour la route si vous n’étiez pas déjà sur le cul, Den Ensomme Nordens Dronning où le quintette ose quelques voix claires sur la première moitié. Suit une furieuse et ultime accélération, meurtrière et intense pour nous donner le coup de grâce et une fin narrée à la
Luca Turilli ! Puissant et renversant.
Sonnez buccins et trompettes !
The Monolith Deathcult a remporté brillamment la victoire, l’adversité a été écrasée par leur assaut dévastateur.
Les éloges ne sont pas terminées car leurs textes aussi méritent la plus grande attention, ils sont très loin des clichés death, le combo étant férue d’histoire et de théologie.
Que dire au final si ce n’est : quelle baffe !
The Monolith Deathcult a su prendre quelques distances avec ces influences
Nile pour nous pondre un Triumvirate de derrière les fagots. Cependant c’est un album difficile à appréhender sur lequel plusieurs écoutes seront nécessaires pour se plonger totalement dans les subtilités de TMD, mais une fois que vous aurez essayé vous ne pourrez plus vous passez de ce Triumvirate éminemment puissant et original.
Sachez le :
Nile et
Hate Eternal ne sont pas seuls à la conquête du trône death-metal du troisième millénaire,
The Monolith Deathcult vient de se placer en outsider sérieux.
BG
C'est peut-être la différence entre chroniquer un disque en décrivant des morceaux et décrire les morceaux au sein d'une chronique...
Le premier album The Apotheosis est un peu plus sauvage et comporte encore quelques influences Nile dans le riffing, c'est un sacré disque également : très intense.
Le nouvel album est en préparation, un morceau est en écoute depuis quelques temps.
Et l'imposant Master of the Bryansk Forests et son growl si profond accompagné de sons de cloche ! Terrible, on s'y croirait !
Bonne chronique, je retrouve bien ce qu'il y a sur cet album que je n'ai pourtant pas fini de décortiquer.
Tu évoques des orchestrations à la manière de Dimmu Borgir sur "I spew thee out of my mouth". J'ai également l'impression d'en entendre sur l'instrumentale "M.M.F.D" entre les parties plus orientales.
Il est vrai que les divers mélanges de cet album appellent un certain nombre d'écoutes pour en apprécier toutes les subtilités. Il me reste encore un peu (beaucoup ?) de chemin à parcourir....
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